Une entrée en matière déjà chargée d’enjeux

La route vers la prochaine Coupe d’Afrique des nations ne commence jamais seulement par des affiches. Elle ouvre aussi une lecture plus large du football continental : hiérarchie des sélections, poids des capitales, état des stades, mobilité des équipes et capacité des fédérations à recevoir des matchs de haut niveau.

Cette campagne prend une dimension particulière en Afrique de l’Est. Le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda coorganiseront la phase finale de 2027, entre le 19 juin et le 17 juillet 2027. Pour eux, comme pour les autres membres des 12 groupes, les premières journées servent déjà de test. Elles mesurent la forme sportive, mais aussi l’organisation.

Un format continental, mais des réalités nationales très différentes

Les éliminatoires rassemblent 48 sélections réparties en 12 groupes de quatre. La formule est simple sur le papier : six journées, des matchs aller-retour, puis une qualification directe pour les deux premiers de chaque groupe, sauf dans les groupes du Kenya, de la Tanzanie et de l’Ouganda, déjà assurés d’aller à la phase finale comme pays hôtes. Dans ces groupes, une seule place supplémentaire est en jeu.

Le calendrier a été découpé en trois fenêtres internationales de la FIFA : du 21 septembre au 6 octobre 2026 pour les deux premières journées, du 9 au 17 novembre 2026 pour les troisième et quatrième, puis du 22 au 30 mars 2027 pour les deux dernières. Ce découpage donne aux sélections africaines un peu de lisibilité, mais il n’efface pas les écarts entre fédérations. Certaines disposent d’infrastructures solides. D’autres doivent encore composer avec des stades homologués rares, des longs déplacements et des budgets limités.

Les faits à retenir sur les deux premières journées

La première journée s’étire du jeudi 24 au samedi 26 septembre 2026. Plusieurs chocs attirent immédiatement l’attention. La Côte d’Ivoire accueille le Ghana. Le Maroc reçoit le Gabon. L’Égypte joue l’Angola. L’Algérie affronte la Zambie. Le Cameroun croise les Comores. La Tunisie défie l’Ouganda. Le Nigeria débute contre Madagascar. Le Sénégal entre en scène face au Mozambique. La République démocratique du Congo reçoit la Guinée équatoriale. La Namibie accueille le Congo, dans un groupe où les détails compteront vite.

La deuxième journée commence le lundi 28 septembre et se poursuit jusqu’au mercredi 30 septembre, avant une dernière affiche programmée le mardi 6 octobre. Là encore, le programme est dense. La République centrafricaine reçoit le Burkina Faso. La Sierra Leone va en Guinée équatoriale. Le Zimbabwe défie la RDC. Le Botswana affronte la Tunisie. Le Lesotho se déplace au Maroc. Le Soudan du Sud va en Égypte. Le Burundi joue l’Algérie. Le Mozambique affronte le Soudan. Le Sénégal se déplace en Éthiopie. Le Gabon accueille le Niger. La Somalie reçoit la Côte d’Ivoire. Le Congo-Brazzaville affronte le Cameroun. Le Liberia reçoit le Mali. Enfin, l’Angola joue le Malawi le 6 octobre.

Les horaires sont donnés en temps universel. C’est un détail utile pour les suiveurs du continent et de la diaspora, mais aussi un rappel concret de la manière dont ces compétitions se vivent à distance. Les supporters d’Abidjan, de Yaoundé, de Kinshasa, de Tunis, de Lusaka ou de Dakar n’auront pas tous le même confort de suivi selon leur fuseau horaire local et leurs habitudes de diffusion.

Ce que ce début de campagne dit du football africain

Ce premier bloc de matchs ne dit pas seulement qui part bien. Il révèle aussi quels projets fédéraux sont stables. Les grandes nations, souvent attendues, doivent confirmer leur rang. Les sélections dites intermédiaires cherchent, elles, à s’installer durablement dans le haut du tableau. Pour des équipes comme la Gambie, la Mauritanie, la Guinée équatoriale ou le Cap-Vert, chaque point pris tôt peut peser lourd à la fin. Dans un groupe serré, la différence de buts peut devenir décisive.

Le cas des pays coorganisateurs mérite une attention particulière. Le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie sont déjà qualifiés pour la phase finale, mais leurs groupes ne sont pas décoratifs. Ils servent de cadre compétitif aux adversaires et permettent à la CAF de maintenir la logique sportive des éliminatoires. Cela change la lecture des poules D, H et L : la bataille se concentre sur la place de meilleur non-hôte, ce qui modifie la stratégie de chaque rencontre.

Sur le plan régional, la compétition relie plusieurs espaces de la zone CEEAC, CEDEAO, UEMOA, SADC et Afrique de l’Est, même si la CAF ne raisonne pas selon ces blocs économiques. C’est précisément ce qui fait la force de la CAN : un tournoi continental qui oblige des sélections aux trajectoires très différentes à se mesurer dans les mêmes conditions, sur plusieurs mois, dans des contextes politiques et logistiques parfois contrastés.

Un calendrier à surveiller jusqu’au printemps 2027

La suite du parcours est déjà fixée. Après les journées de septembre et octobre 2026, les sélections retrouveront les éliminatoires en novembre, puis au printemps 2027. Ce rythme laisse du temps pour corriger, mais il laisse aussi peu de place à l’erreur. Les équipes qui ratent leur entrée devront courir après le score, la confiance et parfois l’équilibre de leur groupe.

Au-delà du terrain, l’enjeu est continental. La prochaine CAN doit ramener la compétition phare du football africain en Afrique de l’Est pour la première fois depuis plus de cinq décennies. Pour Nairobi, Dar es Salaam et Kampala, l’événement est sportif, mais aussi symbolique et économique. Il engage les stades, les transports, l’hébergement, les réseaux télévisés et l’image internationale des trois pays. Pour les autres fédérations, il fixe aussi un horizon clair : prendre date dès les deux premières journées, ou laisser le destin du groupe se compliquer très tôt.