À six jours du prochain rendez-vous continental, l’Égypte change de commandement. Le défi dépasse le choix d’un entraîneur : au Caire, la Fédération doit préserver la dynamique d’une sélection attendue par ses supporters, tout en préparant les prochaines échéances sans laisser la décision brouiller ses objectifs sportifs.
Un changement à quelques jours des matches contre le Malawi
Le 7 novembre, la Fédération égyptienne de football a annoncé la fin de sa collaboration avec Hossam Hassan et son équipe technique et administrative. Dans son communiqué, elle invoque des événements récents et leur effet négatif sur l’image et la stabilité de la sélection. Elle précise que la décision a été prise par son conseil d’administration conformément aux contrats. La fédération n’a pas détaillé publiquement les faits auxquels elle fait référence.
Ali Maher, jusque-là entraîneur du club Ceramica Cleopatra, est chargé de prendre la tête des Pharaons. Cette nomination intervient avant deux rencontres contre le Malawi, prévues les 13 et 17 novembre dans les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2027. L’Égypte reçoit d’abord son adversaire au Caire. Le match retour doit se jouer à Lilongwe, capitale du Malawi. Les deux fédérations ont communiqué le calendrier de cette double confrontation.
Le calendrier laisse peu de temps au nouvel entraîneur pour s’installer. La sélection devait reprendre sa préparation le 9 novembre. Les joueurs, le staff et la fédération doivent donc assurer une transition rapide, alors que ces rencontres comptent pour le classement du groupe B.
Une rupture après une période de résultats marquants
Hossam Hassan avait été nommé en février 2024. L’ancien international égyptien a conduit l’équipe en demi-finale de la CAN 2025, avant une campagne remarquée à la Coupe du monde 2026. L’Égypte y a remporté son premier match dans l’histoire du tournoi, en battant la Nouvelle-Zélande 3-1. Elle a ensuite été éliminée par l’Argentine, 3-2, selon les comptes rendus de la Confédération africaine de football (CAF).
Quelques mois avant son départ, la Fédération avait approuvé le renouvellement du contrat du sélectionneur et de son frère Ibrahim Hassan, directeur de l’équipe. La durée jusqu’en 2030 avait été rapportée par des médias égyptiens, mais n’était pas détaillée dans l’annonce initiale de l’instance. Le changement de novembre marque donc un revirement rapide, même si les modalités contractuelles de la séparation n’ont pas été rendues publiques.
Des tensions entre Hossam Hassan et le capitaine Mohamed Salah ont également été évoquées dans les médias. Toutefois, la Fédération ne les cite pas comme motif officiel de sa décision. Sans confirmation directe, ces éléments ne permettent pas d’établir un lien avec le départ du sélectionneur. Le communiqué se limite à une référence générale à la stabilité et à l’image de l’équipe nationale.
Ali Maher face à une transition express
Ali Maher arrive avec une expérience du football égyptien de club. Il entraînait Ceramica Cleopatra, équipe de première division, et a remporté avec elle la Coupe de la Ligue égyptienne en 2025, selon les informations publiées autour de sa nomination. Son premier enjeu sera moins de redéfinir immédiatement le projet de jeu que de préparer un groupe déjà constitué à deux rencontres rapprochées.
Au classement du groupe B, l’Égypte avait pris quatre points lors des deux premières journées : un nul contre l’Angola, puis une victoire 5-0 contre le Soudan du Sud, selon Ahram Online. Ces résultats la plaçaient en tête avant la double confrontation de novembre. Un bilan favorable ne garantit toutefois pas la qualification : les points de ces matches comptent dans une campagne où l’Angola, le Malawi et le Soudan du Sud disputent également leur place.
Pour les cadres, dont Mohamed Salah, la priorité sera de maintenir les automatismes malgré le changement d’encadrement. Pour le nouvel entraîneur, les premiers choix — composition du staff, sélection des joueurs et organisation tactique — seront observés à la fois à domicile et à l’extérieur. Pour la Fédération, le résultat immédiat pèsera sur la perception de sa décision, mais ne suffira pas à lui seul à répondre aux questions sur les raisons de la rupture.
Un enjeu égyptien, une scène continentale
Le football occupe une place importante dans la vie publique égyptienne. La sélection attire un public bien au-delà du stade, et la réussite de ses joueurs contribue au rayonnement sportif du pays. Cela donne une portée particulière aux choix de la fédération, sans pour autant faire de cette décision un indicateur unique de la trajectoire nationale.
À l’échelle régionale, l’Égypte est membre de l’Union nord-africaine de football, qui rassemble plusieurs fédérations de la région au sein de la CAF. Les éliminatoires de la CAN rappellent aussi que la compétition continentale se joue entre équipes aux calendriers, ressources et ambitions différentes. Le Malawi, qui se prépare à recevoir l’Égypte à Lilongwe, ne vient pas seulement compléter le calendrier du favori présumé : ses points comptent autant dans la course à la qualification.
La suite immédiate est claire : Ali Maher doit préparer les matches des 13 et 17 novembre, tandis que la Fédération devra préciser, à terme, la composition du nouveau staff et la direction sportive de la sélection. Les résultats de cette double confrontation diront si la transition a préservé la cadence de l’Égypte. Ils ne dissiperont pas nécessairement les interrogations sur les motifs, encore formulés de manière générale, du départ de Hossam Hassan.