Une série d’attaques menées par un groupe affilié à l’État islamique dans la province de Cabo Delgado au Mozambique a entraîné la disparition de plus de 70 enfants, suscitant des inquiétudes quant à leur sort, ont rapporté les autorités locales et des organisations humanitaires.
Nouvelles disparitions d’enfants à Cabo Delgado
Les récentes attaques dans la province de Cabo Delgado ont conduit à la disparition de 72 enfants, selon Albertina Ussene, directrice de l’égalité des sexes, de l’enfance et de l’action sociale du gouvernement provincial de Nampula. Certaines informations laissent craindre que ces enfants aient été enlevés ou se soient noyés en tentant de fuir. Des familles se retrouvent séparées, demandant désespérément l’aide des autorités pour retrouver leurs proches.
Crise humanitaire et déplacements massifs
Depuis 2017, l’insurrection djihadiste à Cabo Delgado a déclenché une crise humanitaire majeure, forçant plus d’un million de personnes à fuir leurs foyers. Les attaques récentes ont entraîné le déplacement de plus de 100 000 individus en quelques semaines, dont plus de 61 000 enfants. Ce déplacement massif constitue la plus grande vague de déplacements d’enfants dans la région depuis 18 mois, selon Save the Children.
L’agence des Nations Unies pour les migrations a souligné que les récents affrontements ont entraîné la destruction de villages entiers, laissant des habitants sans abri et exposés à des conditions sanitaires précaires. Les risques de maladies comme le choléra sont exacerbés par le manque d’eau potable et d’installations sanitaires adéquates dans les zones de déplacement.
Situation sécuritaire précaire à Cabo Delgado
La province de Cabo Delgado, frontalière avec la Tanzanie, est devenue le théâtre d’une violence incessante depuis 2017. Les attaques récentes menées par les combattants de l’État islamique ont mis en lumière l’incapacité des forces de sécurité à contenir la menace. Des décapitations, enlèvements et actes de violence ont semé la terreur parmi les populations locales, fragilisant davantage la situation.
Le général de division Tiago Nampele, chef de l’armée mozambicaine, avait précédemment déclaré que la province était sécurisée à 90-95%, mais les récentes offensives des insurgés remettent en question cette affirmation. L’occupation de la ville de Quissanga et les attaques meurtrières perpétrées à proximité ont révélé les lacunes en matière de sécurité et de protection des civils.
Insécurité persistante et défis à relever
Les attaques menées par le groupe d’insurgés affilié à l’État islamique reflètent les enjeux plus larges de sécurité et de stabilité dans la région. L’objectif politique des militants demeure flou, bien que des tentatives pour imposer la loi islamique aient été signalées dans les zones sous leur contrôle.
Les récents déplacements massifs démontrent la vulnérabilité persistante des populations locales face à l’insécurité. Piers Pigou, expert en Afrique australe, souligne que tant que la confiance entre les communautés locales et les forces de sécurité n’est pas rétablie, la stabilité demeurera un défi majeur dans la région de Cabo Delgado.
La crise humanitaire en cours à Cabo Delgado nécessite une action urgente et coordonnée pour protéger les civils, en particulier les enfants, et pour restaurer la paix et la sécurité dans la région déchirée par les conflits.