Le président du Sénégal, Macky Sall, a récemment annoncé le report de la prochaine élection présidentielle, ce qui a provoqué de violents affrontements dans le pays, entraînant la mort de trois jeunes. Cette décision a été fortement critiquée, notamment par les jeunes, qui constituent près de 75% de la population sénégalaise. Jean-Claude Félix-Tchicaya, chercheur à l’Institut de Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), souligne que l’argument avancé par le chef de l’État pour repousser l’élection est contradictoire avec la Constitution sénégalaise.

Les refus de candidature et les restrictions constitutionnelles

L’un des arguments avancés par le président Macky Sall pour justifier le report de l’élection présidentielle est la présence de candidats qui ne répondent pas aux critères de nationalité énoncés dans la Constitution du Sénégal. Parmi eux, Karim Wade, qui possède la double nationalité franco-sénégalaise, s’est vu refuser sa candidature. La Constitution du pays interdit en effet aux personnes détenant une double-nationalité de se présenter à l’élection présidentielle.

Cependant, selon Jean-Claude Félix-Tchicaya, spécialiste en la matière, cet argument est contradictoire, car il ne justifie pas le report de l’élection présidentielle. En effet, les problèmes liés à la nationalité des candidats peuvent être résolus au cours du processus électoral, et cela ne nécessite pas forcément un report de l’élection.

La contestation populaire et le rôle des jeunes

Les heurts violents qui ont suivi l’annonce du report de l’élection présidentielle ont démontré que la décision présidentielle était largement contestée par la population sénégalaise. Les jeunes en particulier, qui représentent une part importante de la population sénégalaise, ont exprimé leur mécontentement face à cette décision. Ils estiment que le président Macky Sall ne respecte pas la volonté du peuple et qu’il tente de s’accrocher au pouvoir.

La contestation populaire s’est manifestée par des rassemblements et des marches dans plusieurs villes du pays. Selon Jean-Claude Félix-Tchicaya, près de 75% de la population sénégalaise est âgée de moins de 35 ans, ce qui montre que la jeunesse sénégalaise joue un rôle important dans la contestation. Le chercheur affirme que « toute la population est majoritairement contre cette décision » et décrit le climat actuel au Sénégal comme étant « vent debout » contre le président Macky Sall.

Le rôle du président Macky Sall dans la crise

Le chercheur Jean-Claude Félix-Tchicaya critique le président Macky Sall, qu’il qualifie de « pompier-pyromane » dans cette crise. Selon lui, le président est à la fois responsable de l’instauration de cette crise en repoussant l’élection présidentielle, mais il se présente également comme le « pompier » qui tente d’éteindre les flammes qu’il a allumées. Cette attitude contradictoire a renforcé le mécontentement et la colère de la population sénégalaise.

La situation au Sénégal est très tendue, avec une population majoritairement opposée à la décision du président Macky Sall de repousser l’élection présidentielle. Les jeunes jouent un rôle important dans cette contestation, exprimant leur mécontentement face à ce qu’ils considèrent comme une tentative du président de s’accrocher au pouvoir. La décision du président Macky Sall et son attitude dans cette crise ont été fortement critiquées par le chercheur Jean-Claude Félix-Tchicaya, qui met en avant le caractère contradictoire de ses actions.