Les expulsions décidées à Washington ne s’arrêtent plus aux frontières américaines. Des gouvernements africains sont désormais sollicités pour accueillir des personnes renvoyées par les États-Unis, parfois sans lien avec le pays d’arrivée. Derrière les annonces diplomatiques, une question demeure : quelles garanties protègent ces migrants une fois débarqués sur le continent ?

Des accords migratoires qui déplacent la responsabilité

L’administration de Donald Trump développe une politique d’expulsion vers des « pays tiers ». Le principe est simple : lorsqu’une personne ne peut pas être renvoyée directement vers son pays d’origine, Washington cherche un autre État prêt à la recevoir.

En Afrique, le Rwanda, l’Eswatini et l’Ouganda ont déjà été cités dans ce dispositif. D’autres discussions concernent plusieurs pays du continent. Une enquête collaborative menée par des médias internationaux estime que treize États africains auraient conclu ou envisagé des accords de cette nature. Ce chiffre doit toutefois être manié avec prudence, car une partie des arrangements reste peu transparente.

En juillet 2025, des responsables américains ont notamment approché les dirigeants du Gabon, de la Guinée-Bissau, du Liberia, de la Mauritanie et du Sénégal. Les discussions portaient sur l’accueil de ressortissants expulsés qui ne seraient pas originaires de ces pays. Le gouvernement américain présente ces transferts comme un outil de lutte contre l’immigration irrégulière. Des organisations de défense des droits humains alertent, elles, sur les risques de détention arbitraire, de mauvais traitements et de renvoi en chaîne.

Le Rwanda a annoncé un accord portant sur l’accueil temporaire de personnes expulsées des États-Unis. Kigali affirme vouloir encadrer leur prise en charge. L’Ouganda a, de son côté, précisé que les personnes condamnées pénalement et les mineurs non accompagnés ne seraient pas concernés par son arrangement. Ces précisions montrent que les gouvernements africains cherchent à fixer leurs propres limites, même lorsque les négociations se déroulent dans un rapport de force déséquilibré.

Pour les États concernés, ces accords peuvent ouvrir l’accès à des financements ou renforcer les relations avec Washington. Pour les personnes transférées, l’incertitude est plus immédiate. Elles peuvent arriver dans un pays dont elles ne parlent pas la langue, sans réseau familial et avec une connaissance limitée de leurs droits. Le principe de non-refoulement, qui interdit de renvoyer une personne vers un lieu où elle risque la persécution ou la torture, constitue le principal point de vigilance.

Une controverse qui dépasse la seule politique américaine

Cette pratique s’inscrit dans une tendance plus large. Depuis plusieurs années, des pays européens négocient avec des États africains la maîtrise des départs, le contrôle des frontières et le retour de migrants. Les contreparties prennent souvent la forme d’une aide financière, d’un appui sécuritaire ou d’une coopération économique.

La nouveauté tient ici au déplacement géographique de la responsabilité. Une personne ayant demandé l’asile aux États-Unis peut être envoyée dans un pays africain qu’elle ne connaît pas. Les autorités de ce pays doivent ensuite décider si elle reste, si elle est transférée ailleurs ou si elle est renvoyée vers son État d’origine.

Cette mécanique peut peser sur les systèmes nationaux d’accueil. Des pays comme l’Ouganda, la Tanzanie ou le Rwanda hébergent déjà d’importantes populations réfugiées venues des États voisins. L’arrivée de personnes expulsées d’Amérique du Nord ajoute une charge administrative et politique. Elle peut aussi nourrir des tensions dans les capitales, alors que les effets concrets se concentrent souvent dans les centres de transit et les zones d’accueil.

En Belgique, le débat sur la fin de vie revient au premier plan

La semaine a aussi été marquée par la mort d’Arnaud Denis, comédien et metteur en scène français. Gravement diminué après la pose d’une prothèse destinée à traiter une hernie, il a choisi de recourir à l’euthanasie en Belgique.

Selon les informations communiquées par son avocat, Arnaud Denis souffrait depuis la pose d’un implant en juillet 2023. Son parcours a attiré l’attention sur les complications possibles de certains dispositifs médicaux et sur les difficultés rencontrées par des patients lorsqu’ils cherchent une expertise, une réparation ou une reconnaissance de leur préjudice.

La Belgique autorise l’euthanasie sous des conditions précises. La demande doit être volontaire, réfléchie et répétée. La souffrance doit être constante, insupportable et impossible à apaiser, avec une origine médicale grave et incurable. Le cas d’Arnaud Denis relance donc deux débats distincts : l’accompagnement des personnes victimes de complications médicales et les conditions d’accès à la fin de vie choisie.

Ses proches souhaitent poursuivre son combat. Ils demandent notamment que les patients disposent d’une information plus complète sur les risques des prothèses et d’un meilleur accès aux recours médicaux et judiciaires. Cette affaire rappelle que la fin de vie ne peut pas être séparée des conditions de vie qui la précèdent.

En Suisse, les grandes banques restent au centre du rapport de force

À Berne, les débats portent sur la régulation des banques dites « trop grandes pour faire faillite ». Cette expression désigne les établissements dont la chute pourrait provoquer un choc majeur pour l’économie nationale et le système financier.

La question concerne directement UBS, devenue la principale banque suisse après le rachat de Credit Suisse en 2023. Le Parlement examine des règles destinées à renforcer les fonds propres et à limiter le risque qu’une nouvelle crise oblige l’État à intervenir.

Le dossier provoque un intense lobbying. Les milieux financiers mettent en garde contre une réglementation qui pourrait réduire la compétitivité de la place bancaire suisse. Les partisans d’un durcissement répondent que le coût d’un sauvetage public serait bien supérieur. Le débat ne porte donc pas seulement sur les banques. Il concerne aussi la capacité d’un État à contrôler un acteur privé dont le bilan dépasse largement l’économie nationale.

École belge et mémoire scientifique de l’Arctique

En Belgique, des enseignants de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont saisi la Cour constitutionnelle contre des mesures d’économies dans l’enseignement. Ils contestent notamment l’augmentation des heures de travail dans le secondaire supérieur.

Le recours s’accompagne de rassemblements et de grèves dans plusieurs établissements. Les syndicats dénoncent une réforme qui pourrait alourdir la charge des enseignants sans répondre aux difficultés de recrutement. Le gouvernement défend, de son côté, la nécessité de maîtriser les dépenses publiques.

Ce conflit touche directement l’organisation des cours. Il concerne aussi l’attractivité d’un métier confronté à la hausse des besoins éducatifs, aux absences et au manque de personnel. La décision de la Cour constitutionnelle pourrait préciser les limites juridiques des économies imposées au secteur.

Au Canada, enfin, la disparition d’un lac invisible de l’Arctique rappelle la rapidité des transformations du Grand Nord. Ce plan d’eau souterrain, formé il y a environ quatre mille ans, était situé sous une couche de glace et de sédiments. Sa disparition résulte de l’évolution du pergélisol et des changements hydrologiques observés dans les régions polaires.

Ce phénomène dépasse le seul intérêt scientifique. Le pergélisol stocke d’importantes quantités de carbone et influence les cours d’eau, les infrastructures et les modes de vie des populations nordiques. La disparition d’un lac ancien devient ainsi un signal discret, mais concret, des mutations climatiques en cours.