À la pompe, dans le taxi ou sur la facture d’électricité, les prix ne pèsent pas de la même façon sur tous les ménages namibiens. En septembre 2026, le renchérissement des transports a donné une nouvelle impulsion à l’inflation, même si son rythme mensuel a ralenti.
Le carburant entraîne les prix des déplacements
L’inflation annuelle a atteint 5,4 % en Namibie en septembre, contre 5 % en août et 3,5 % en septembre 2025. Ces données de l’indice des prix à la consommation ont été publiées le 8 octobre par la Namibia Statistics Agency (NSA), l’organisme national de statistique. Une seconde publication namibienne rapporte la même hausse annuelle et confirme le rôle central du transport.
Le mouvement est moins marqué d’un mois à l’autre : les prix ont progressé de 0,4 % en septembre, après 0,6 % en août. L’inflation sous-jacente, qui écarte certaines composantes très variables, s’est établie à 4 %. Ce ralentissement mensuel ne signifie donc pas que les prix ont baissé : il indique seulement qu’ils ont augmenté moins vite qu’en août.
Le transport a ajouté 2,2 points à l’inflation annuelle totale. Dans cette catégorie, les prix ont augmenté de 14,9 % en un an, contre 1,3 % un an plus tôt. Les carburants ont particulièrement compté : les prix de l’essence et du diesel ont progressé de 30,4 % sur douze mois. Les tarifs de plusieurs transports publics ont aussi augmenté, dont ceux des taxis, des bus et du rail.
Le logement, l’eau, l’électricité, le gaz et les autres combustibles ont contribué à hauteur d’un point. Les produits alimentaires et les boissons non alcoolisées ont ajouté 0,8 point. Le logement représente une part importante du panier de consommation suivi par la NSA, tandis que l’inflation alimentaire annuelle a ralenti à 4 %, contre 4,9 % en septembre 2025.
Des effets différents selon les ménages
La hausse des carburants ne s’arrête pas au coût d’un trajet. Elle peut également renchérir le transport des marchandises et les déplacements professionnels, avec des répercussions possibles sur les prix payés en magasin. Cet effet indirect n’est toutefois pas identique pour chaque produit ni immédiat. Les ménages qui dépendent des transports publics, comme ceux qui utilisent leur véhicule pour travailler, peuvent être exposés par des voies différentes.
Les chiffres nationaux résument une moyenne : ils ne décrivent pas exactement le budget de chaque foyer. La part consacrée au logement, aux déplacements ou à l’alimentation varie selon les revenus, le lieu de résidence et les habitudes de consommation. Dans les zones rurales, les distances à parcourir peuvent rendre le prix du carburant particulièrement sensible. À Windhoek, capitale et principal centre urbain du pays, les dépenses de transport public et de logement peuvent peser autrement.
La composition de la hausse apporte aussi une nuance. La progression de l’alimentation s’est atténuée sur un an, mais les dépenses de logement et de transport restent orientées à la hausse. Une inflation globale de 5,4 % ne signifie donc pas que tous les biens ont augmenté de 5,4 %, ni que chaque ménage ressent la même pression.
La banque centrale face à un équilibre délicat
Le 11 août, la Banque de Namibie a maintenu son taux directeur à 6,75 %. Ce taux influence le coût auquel les banques se financent et, indirectement, les conditions de crédit pour les ménages et les entreprises. La banque centrale a notamment expliqué vouloir préserver le lien de parité entre le dollar namibien et le rand sud-africain, tout en tenant compte de la conjoncture intérieure.
Une hausse des taux pourrait contribuer à freiner certaines pressions sur les prix, mais elle rendrait aussi les emprunts plus coûteux. À l’inverse, laisser le crédit moins cher peut soutenir l’activité sans neutraliser les hausses venues de l’énergie. Le choix monétaire ne peut donc pas, à lui seul, faire disparaître un renchérissement provoqué par les carburants.
La situation économique complique cet arbitrage. Dans son évaluation publiée en mai 2026, le Fonds monétaire international relève la baisse persistante des exportations de diamants en 2025, malgré des recettes plus fortes tirées de l’or et de l’uranium. Le FMI souligne également que la hausse des prix des carburants s’est déjà transmise aux coûts de transport. Cette lecture extérieure doit être replacée dans les réalités productives du pays : les secteurs miniers, agricoles et des services n’évoluent pas au même rythme et ne répercutent pas les coûts de la même manière.
Un enjeu partagé en Afrique australe
La Namibie appartient à la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), qui réunit des pays voisins autour de la coopération économique et régionale. Son dollar est maintenu à parité avec le rand sud-africain. Les liens monétaires, commerciaux et logistiques avec l’Afrique du Sud rendent donc les évolutions régionales importantes pour les coûts d’importation et les prix domestiques, sans pour autant expliquer à eux seuls chaque variation namibienne.
Pour les autorités, le prochain enjeu sera de distinguer un choc temporaire sur les carburants d’une hausse qui s’étend durablement aux services et aux biens courants. Pour les ménages, la moyenne nationale ne remplace pas le suivi concret des dépenses essentielles. Le rythme mensuel, les tarifs de transport et les prochaines décisions de la Banque de Namibie permettront de mesurer si la poussée observée en septembre se prolonge.
Sources consultées : données namibiennes sur l’inflation de septembre, évolution des tarifs de transport, décision de la Banque de Namibie sur le taux directeur, évaluation économique du FMI sur la Namibie et profil de la Namibie auprès de la SADC.