Une sélection en quête de repères, pas seulement d’un nom
En Algérie, la pression sur le banc des Verts dépasse toujours la simple question du coach. Elle touche à la méthode, à la confiance et à la capacité d’une génération à se projeter dans une campagne africaine qui ne laisse pas de place à l’à-peu-près. La Fédération algérienne de football a choisi, ce samedi 5 septembre, d’ouvrir un nouveau chapitre avec une solution interne.
Ce choix intervient dans un contexte bien cadré. La CAN 2027 se jouera au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, et l’Algérie figure dans le groupe I des qualifications avec la Zambie, le Togo et le Burundi. Les deux premières journées sont programmées pendant la fenêtre internationale du 21 septembre au 6 octobre 2026, avant une reprise en novembre.
Hemdani, Yahia, Saïb : une option locale assumée
La FAF a confié la sélection A à Brahim Hemdani, avec Antar Yahia comme adjoint et Moussa Saïb au poste de manager général. La nomination est présentée comme provisoire, le temps d’évaluer le trio à l’épreuve du terrain. Cette configuration réunit trois anciens internationaux issus de périodes différentes du football algérien.
Le signal est clair : Alger a préféré s’appuyer sur des techniciens qui connaissent le vestiaire, le championnat et les exigences de la sélection nationale. Cette orientation locale arrive après la fin, en août, de la collaboration avec Vladimir Petković, décidée d’un commun accord, selon la Fédération.
Le profil de Hemdani a pesé dans la balance. Nommé à la tête des moins de 20 ans en juillet, il a conduit ensuite l’Algérie U21 à l’or aux Jeux méditerranéens de Tarente, avec un succès 2-0 face à la Tunisie en finale. Plusieurs médias algériens ont rappelé qu’il s’agissait du premier titre de ce niveau depuis 1975, un repère symbolique fort pour le football national.
Ce sacre n’est pas anecdotique. Il montre qu’un travail de terrain, structuré autour d’un groupe jeune et discipliné, peut produire des résultats rapides. La FAF semble avoir retenu cette séquence pour tester une passerelle entre les équipes de jeunes et la sélection A. C’est une logique de continuité sportive, mais aussi de responsabilisation des acteurs locaux.
Ce que ce pari change pour l’Algérie
Pour les joueurs, l’effet immédiat pourrait être la clarté. Un staff issu du même environnement parle la même langue tactique et peut accélérer l’adaptation. Pour la fédération, le message est tout aussi lisible : la performance ne dépend pas uniquement d’un nom venu de l’extérieur. Dans un pays où la sélection reste une affaire nationale au sens plein, ce choix a aussi une portée psychologique.
Le calendrier, lui, ne laisse aucun répit. L’Algérie doit recevoir la Zambie le 25 septembre au stade Hocine-Aït-Ahmed de Tizi Ouzou, puis se déplacer au Burundi quatre jours plus tard, à Bujumbura. Ces deux rendez-vous lancent une campagne qualificative où chaque point peut compter, dans un groupe resserré où les deux premières places ouvrent la route de la phase finale.
Au-delà du terrain, cette séquence dit quelque chose du football algérien et, plus largement, du football africain contemporain. Beaucoup de fédérations du continent cherchent aujourd’hui un équilibre entre expertise externe, formation locale et stabilité institutionnelle. La décision algérienne s’inscrit dans ce mouvement : elle teste la capacité d’un noyau national à répondre à une échéance continentale de haut niveau, sans renoncer à l’ambition.
La suite se jouera vite. Les prochains jours diront si ce trio peut transformer une transition en dynamique durable. En septembre, l’Algérie n’attendra pas seulement des points. Elle mesurera surtout si la reconstruction peut commencer par les hommes du cru.