Pour une famille réfugiée, une aide mensuelle réduite ne couvre pas seulement moins de repas. Elle laisse aussi moins de marge pour faire face aux intempéries, remplacer un abri abîmé ou répondre aux besoins des enfants. Au Burundi, la continuité de l’assistance alimentaire dépend de financements encore incertains.
Un soutien prolongé, mais sans garantie durable
À la période décrite, le Programme alimentaire mondial (PAM) estimait avoir besoin de plus de 30 millions de dollars pour financer l’aide de janvier à juin suivant. L’agence évoquait un besoin d’environ 5 millions de dollars par mois pour les réfugiés présents au Burundi, dont un million pour le site de Busuma, dans l’est du pays.
Le 24 juillet, le PAM avait averti que le manque de ressources pourrait interrompre les distributions dès octobre. Des contributions apportées par certains donateurs, sous l’égide du gouvernement burundais, ont finalement permis d’éviter une coupure immédiate. Jean de Lestrange, alors responsable des partenariats et de la communication de l’agence, indiquait que cette mobilisation ne garantissait qu’une continuité de quelques mois.
Les chiffres rapportés à cette période situent l’aide à 38 000 francs burundais par personne et par mois, soit environ 12 dollars selon l’équivalence alors avancée. Cette somme est une allocation mensuelle, pas une ration alimentaire quotidienne. Son pouvoir d’achat dépend aussi des prix locaux et des besoins propres à chaque ménage.
Nayonde Mbirizi, réfugiée congolaise âgée de 40 ans, décrivait à la même période une aide qu’elle jugeait dérisoire et des tentes fragilisées par les vents. Son témoignage souligne un enjeu concret : la sécurité alimentaire et la qualité des abris se renforcent ou se dégradent ensemble, particulièrement lorsque les familles disposent de peu de ressources.
Busuma, au cœur d’une réponse régionale
Le Burundi accueille des personnes ayant fui les violences dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Le site de Busuma, situé à l’est du territoire burundais, figurait parmi les principaux lieux d’accueil cités dans le bilan de l’époque. Les nombres de personnes présentes et de retours vers la RDC sont des photographies d’une situation mouvante, et ne doivent pas être lus comme des données actuelles.
À cette période, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) faisait état de plus de 22 000 retours vers la RDC et de plus de 33 000 réfugiés encore à Busuma. Une délégation de l’Union européenne, de la Suisse et du service européen ECHO s’était rendue sur place afin d’évaluer les besoins. Le représentant adjoint du HCR au Burundi évoquait des échanges avec les autorités burundaises et le PAM sur d’autres solutions.
La dynamique régionale a depuis connu de nouveaux déplacements. Le PAM indique que près de 70 000 personnes ont fui vers le Burundi depuis l’est de la RDC entre janvier et juin 2025. En mars 2026, le HCR signalait plus de 33 000 retours spontanés en RDC en un mois, après la réouverture de la frontière le 23 février. Ces évolutions montrent pourquoi les estimations d’un article daté ne peuvent être transposées à la situation présente. Les données du PAM sur les déplacements et l’assistance au Burundi et le point du HCR sur les retours de mars 2026 rendent compte de ces changements.
Le financement, un enjeu pour les réfugiés et les communautés d’accueil
Lorsque les fonds manquent, les conséquences se ressentent d’abord dans la fréquence ou le niveau de l’aide reçue par les ménages. Elles touchent aussi les équipes humanitaires, qui doivent arbitrer entre besoins alimentaires, abris, santé et protection. Dans un site comme Busuma, ces choix ont des effets différents selon la taille des familles, l’état des tentes et la possibilité d’obtenir des revenus.
La réponse mobilise plusieurs acteurs : le gouvernement burundais, le PAM pour l’assistance alimentaire, le HCR pour la protection et la coordination, ainsi que des bailleurs et des organisations présentes sur le terrain. Le financement extérieur reste déterminant, mais l’organisation de l’accueil relève aussi des autorités nationales. La coordination ne supprime pas la contrainte budgétaire : elle aide à déterminer qui reçoit quelle aide, et où.
Pour les communautés burundaises proches des sites, l’arrivée de réfugiés peut également accroître la demande de services et de ressources locales. Cela ne signifie pas que les réfugiés sont la cause des difficultés du territoire. Cela rappelle plutôt l’importance d’une réponse qui prenne en compte à la fois les personnes déplacées et les populations qui vivent autour des lieux d’accueil.
Des données à actualiser avant toute décision
Le Burundi est membre de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), cadre régional de coopération entre pays voisins. Les déplacements depuis l’est de la RDC concernent aussi d’autres États de la région et nécessitent une coordination sur la protection, les frontières et les retours volontaires. À l’échelle de l’Union africaine, le dossier rappelle l’écart possible entre les engagements de solidarité et les ressources effectivement mobilisées pour les déplacements forcés.
La suite dépendra donc de deux éléments : l’évolution des mouvements entre la RDC et le Burundi, et la capacité des partenaires à financer une aide prévisible. Les montants, allocations et effectifs rapportés ici se rapportent à la période de l’information initiale. Les données plus récentes confirment que la population de Busuma et les besoins humanitaires ont changé depuis. Pour éviter toute confusion, les décisions opérationnelles doivent s’appuyer sur des chiffres datés et actualisés, plutôt que sur un bilan ancien présenté comme présent.