L’Algérie se prépare à une année électorale cruciale alors que le pays est confronté à des défis politiques et économiques de plus en plus importants. Cependant, il semble peu probable que l’élection présidentielle algérienne, prévue pour décembre, soit marquée par une véritable campagne électorale.
L’opposition algérienne n’a pas encore présenté de candidat pour défier le président Abdelmajid Tebboune, âgé de 78 ans, qui est arrivé au pouvoir en 2019 et n’a pas encore annoncé s’il se représenterait pour un second mandat. Le Rassemblement pour la culture et la démocratie, l’un des rares partis d’opposition actifs en Algérie, a appelé le gouvernement à mettre en place les conditions politiques nécessaires pour résoudre la crise actuelle.
Toutefois, le soutien du principal général de l’armée, Said Chengriha, à Tebboune semble indiquer que le président sortant bénéficie d’un soutien politique et militaire important. En Algérie, l’armée joue un rôle de premier plan en coulisses et a déjà influencé la politique du pays. Cela a été clairement démontré lorsque le prédécesseur de Chengriha, Ahmed Gaid Salah, a poussé l’ancien président Abdelaziz Bouteflika à démissionner en 2019 à la suite de manifestations populaires massives.
Malgré les tentatives du gouvernement actuel pour lutter contre la corruption, relancer l’économie et tracer une nouvelle voie pour le pays, de nombreux Algériens ne semblent pas convaincus des progrès accomplis. L’inflation, le chômage et les pénuries alimentaires ont continué à affecter l’économie algérienne sous la présidence de Tebboune. De plus, la répression des journalistes et des militants qui critiquent le gouvernement persiste, ce qui accentue la désillusion et le désengagement politique de la population.
Dans un effort pour engager le dialogue politique, Tebboune a rencontré les dirigeants des partis politiques du pays. Bien que peu d’entre eux aient abordé la question des élections, certains ont déclaré que le président était ouvert à toutes les propositions, y compris celles concernant les réformes politiques et sociales. Cependant, cela ne garantit pas la participation de l’opposition aux élections ou la désignation de candidats pour remplacer Tebboune.
En outre, la dépendance de l’Algérie à l’égard des revenus du pétrole et du gaz reste un défi majeur pour l’économie. Malgré les promesses de réformes, le développement économique n’a pas atteint les régions rurales et éloignées du pays. Dans le cadre d’un budget record pour cette année électorale, le gouvernement prévoit d’augmenter les salaires et les pensions de la fonction publique, de créer un fonds de chômage pour les jeunes et de maintenir les subventions dans les secteurs clés.
Cependant, l’appel au dialogue lancé par les partis d’opposition ne signifie pas nécessairement qu’ils se préparent à participer aux élections ou à présenter des candidats. Il subsiste une méfiance généralisée à l’égard de l’intégrité et de la transparence du processus électoral.