À Yamoussoukro, les Flamingos ont transformé leur dernier match en démonstration collective. L’équipe féminine nigériane des moins de 17 ans a remporté le tournoi UFOA-B 2026 sans perdre un point, confirmant la solidité de sa génération avant le rendez-vous mondial au Maroc.

Un titre construit sur cinq victoires

Le Nigeria a dominé le Togo 4-0 dimanche 27 septembre 2026, en Côte d’Ivoire. Cette victoire lui offre la première place avec 15 points sur 15 possibles.

Le tournoi de l’UFOA-B réunit les sélections de jeunes de l’Afrique de l’Ouest affiliées à la zone B de l’Union des fédérations ouest-africaines de football. Il sert aussi de cadre de préparation avant les échéances continentales et mondiales.

Les Nigérianes avaient commencé par un succès 5-0 contre le Niger. Elles avaient ensuite battu le Ghana 4-2, le Burkina Faso 2-0, puis la Côte d’Ivoire 2-0. Le Togo n’a donc pas réussi à interrompre cette série.

Le bilan final est net : cinq matches, cinq victoires, 17 buts marqués et seulement deux encaissés. Les Flamingos ont également signé quatre matches sans concéder de but.

Harmony décisive, Adegbuyi omniprésente

La finale s’est jouée sur l’intensité imposée par le Nigeria dès les premières minutes. Après une faute commise sur Oluwakemi Adegbuyi dans la surface, l’arbitre a accordé un penalty à la 15e minute.

La capitaine Chidera Harmony a pris ses responsabilités. Elle a transformé la sanction et placé son équipe devant.

Adegbuyi a continué de peser sur la défense togolaise. Son activité a provoqué un second penalty peu après la demi-heure de jeu. Harmony l’a de nouveau converti à la 35e minute.

Le Togo a rejoint les vestiaires avec deux buts de retard. Après la pause, la sélection nigériane a conservé la maîtrise du rythme et des espaces.

Entrée en jeu à la 67e minute, Oluebube Umejiaku a inscrit le troisième but. Dans les dernières secondes, Adegbuyi a conclu le travail offensif de son équipe pour porter le score à 4-0.

Harmony et Adegbuyi terminent chacune avec quatre buts dans la compétition. Cette efficacité reflète toutefois un effort plus large. Le Nigeria a marqué dans des registres différents, entre coups de pied arrêtés, transitions rapides et pression dans le camp adverse.

Une revanche deux ans après la finale de 2024

Ce sacre prend une valeur particulière pour le football féminin nigérian. Lors de la première édition de la compétition, en 2024, les Nigérianes avaient atteint la finale avant de s’incliner contre le Ghana aux tirs au but.

La campagne de 2026 leur a permis de reprendre l’avantage face aux Black Maidens. Le Nigeria les avait déjà battues 4-2 pendant la phase de groupes.

Cette progression illustre la continuité du travail réalisé dans les catégories de jeunes. Le Nigeria possède une longue expérience du haut niveau chez les moins de 17 ans. Les Flamingos ont notamment remporté la médaille de bronze à la Coupe du monde de la catégorie en 2022.

Pour la Fédération nigériane de football, le tournoi de Yamoussoukro a aussi servi de préparation grandeur nature. L’instance a présenté cette compétition comme une étape utile avant la Coupe du monde, tout en saluant le parcours de l’équipe dirigée par Akeem Busari.

Abuja regarde désormais vers le Maroc

Le prochain défi se situe à l’échelle mondiale. Le Nigeria disputera la Coupe du monde féminine U17 de la FIFA, organisée au Maroc du 17 octobre au 7 novembre 2026.

Les Flamingos évolueront dans le groupe B. Elles affronteront la Corée du Nord, Porto Rico et la Pologne. La Corée du Nord figure parmi les références historiques de la catégorie, tandis que Porto Rico découvrira un niveau de compétition particulièrement exigeant.

Le calendrier prévoit un premier match contre la Pologne le 17 octobre. Le Nigeria rencontrera ensuite Porto Rico le 20 octobre, avant de terminer la phase de groupes face à la Corée du Nord le 23 octobre. Ces rencontres seront disputées dans le complexe dédié au football féminin au Maroc, selon le programme publié par la FIFA pour la Coupe du monde U17 2026.

Le titre ouest-africain ne garantit pas une place au tour suivant. Il donne cependant au staff nigérian une base claire : une défense difficile à surprendre, une attaque productive et plusieurs joueuses capables de faire basculer une rencontre.

Un signal pour la filière ouest-africaine

La victoire nigériane dépasse le seul classement du tournoi. Elle confirme le poids du Nigeria dans la formation du football féminin en Afrique de l’Ouest, une région où le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Togo et le Niger cherchent également à structurer leurs équipes de jeunes.

Pour les joueuses, ces compétitions offrent une exposition précieuse. Elles permettent aussi aux fédérations d’évaluer la qualité de leur encadrement, la profondeur de leurs effectifs et leur capacité à enchaîner les matches internationaux.

Le Nigeria devra maintenant convertir cette dynamique en performance mondiale. La qualification pour le tournoi marocain a été obtenue après une victoire cumulée contre le Bénin dans les éliminatoires africains, comme l’a confirmé la Confédération africaine de football.

À Abuja comme dans les centres de formation du pays, l’enjeu sera désormais de préserver cette dynamique. Le trophée de Yamoussoukro récompense une campagne parfaite. Le Maroc dira si cette maîtrise peut résister à la diversité des styles et à la pression d’une Coupe du monde.