Un nouveau service maritime doit relier Shanghai à Maputo à partir du 25 novembre 2026. Mais l’identité de l’armateur mérite une correction : les éléments recoupés attribuent cette liaison à Emirates Shipping Line (ESL), et non à Evergreen Marine. La distinction compte pour les importateurs, qui doivent identifier le transporteur et vérifier les escales avant de planifier leurs acheminements.

Une liaison annoncée, un armateur à rectifier

Le service concerné est désigné sous le nom de FAX3, pour Far East Africa Express 3. D’après les informations publiées les 2 et 3 novembre par deux médias spécialisés dans le transport maritime, son premier départ est prévu de Shanghai le 25 novembre. L’itinéraire annoncé passe par Ningbo et Nansha, en Chine, puis Port Klang, en Malaisie, Dar es Salaam, en Tanzanie, Maputo et Singapour, avant le retour en Asie.

Ces publications identifient Emirates Shipping Line comme l’opérateur du service. Elles évoquent aussi une seconde ligne, FAX2, qui doit relier la Chine à Mombasa, au Kenya. Les informations disponibles ne confirment donc pas l’attribution de FAX3 à Evergreen. Cette correction est importante : elle évite de confondre deux compagnies et deux réseaux de desserte.

Les annonces consultées ne précisent pas encore les dates d’arrivée à Maputo et à Dar es Salaam, la fréquence des rotations ni la capacité proposée. Les chargeurs devront obtenir ces renseignements directement auprès de l’opérateur ou de leurs transitaires. Le départ inaugural annoncé ne suffit pas, à lui seul, à établir le calendrier régulier du service.

Maputo, porte maritime d’un corridor régional

Pour le Mozambique, l’intérêt dépasse l’arrivée d’un navire supplémentaire. Le port de Maputo est relié au Gauteng, province sud-africaine qui abrite Johannesburg et Pretoria, par un axe routier et ferroviaire traversant le poste-frontière de Ressano Garcia-Lebombo. Cet itinéraire donne aux importateurs une alternative aux ports sud-africains, notamment Durban.

La géographie ne décide toutefois pas seule du choix. Un trajet terrestre théoriquement plus court peut perdre son avantage si le fret attend à la frontière, si les trains manquent de capacité ou si les coûts de manutention augmentent. À l’inverse, une liaison maritime directe peut réduire certaines étapes, mais son intérêt dépend de la régularité des départs, des tarifs et du temps total jusqu’au destinataire final.

Les difficultés de circulation à Lebombo sont documentées par les autorités sud-africaines. En avril 2026, la ministre des Transports Barbara Creecy a évoqué les efforts menés avec le Mozambique pour réduire les congestions. Les installations de traitement des camions, dont le centre sud-africain de Kilometre 7, font partie des mesures examinées. Les professionnels du transport soulignent aussi que l’amélioration des flux ne doit pas se faire au détriment des conditions de travail des agents à la frontière.

Des investissements portuaires, mais un test à terre

Maputo développe parallèlement son terminal à conteneurs. Un document de concession publié par le ministère mozambicain des Transports prévoit une première hausse de capacité, de 270 000 à 530 000 EVP en trois ans. Un EVP, ou équivalent vingt pieds, est l’unité utilisée pour mesurer la capacité des conteneurs. La cible annoncée ne signifie pas que cette capacité est déjà disponible : elle dépend de la réalisation des investissements prévus.

Cette montée en puissance s’inscrit dans une stratégie plus large du Mozambique : renforcer ses ports et ses corridors pour servir son économie et les pays voisins sans littoral. L’axe de Maputo touche directement les échanges avec l’Afrique du Sud et le royaume d’Eswatini. À l’échelle régionale, il s’ajoute à d’autres accès maritimes, comme Durban et Beira. Ces plateformes se concurrencent, mais elles peuvent aussi répartir les flux selon les destinations, les marchandises et les capacités terrestres.

Les retombées ne seront pas identiques pour tous. Les grands importateurs peuvent comparer les tarifs, négocier des volumes et déplacer leurs contrats d’un port à l’autre. Les petites entreprises dépendent davantage des prix proposés par les transitaires et des retards subis sur les routes. Les transporteurs, cheminots, douaniers et opérateurs portuaires, eux, ressentent directement les changements de volumes et de cadence.

Ce qu’il faudra vérifier avant de parler de nouvelle route commerciale

À ce stade, l’annonce de FAX3 indique qu’une escale à Maputo est prévue dans une rotation Chine–Afrique orientale et australe. Elle ne permet pas encore de conclure que les délais ou les coûts vers Johannesburg baisseront. Il faudra connaître les horaires complets, la fréquence effective, les tarifs et les modalités de transport entre le port et le Gauteng.

La correction sur l’opérateur est tout aussi essentielle pour suivre le dossier : les renseignements recoupés désignent Emirates Shipping Line, tandis que l’attribution à Evergreen n’est pas confirmée par les sources indépendantes consultées. Pour les entreprises mozambicaines et sud-africaines, le prochain indicateur sera la mise en service réelle, puis la fiabilité des correspondances portuaires et frontalières. C’est à terre, autant qu’en mer, que se jouera la compétitivité de Maputo.

Catégorie : Économie