À Meknès comme à Misrata, les premières manches du deuxième tour préliminaire ont rappelé une réalité des campagnes continentales : l’expérience ne garantit pas la maîtrise. Le Maghreb de Fès et Asswehly ont pris l’avantage, mais leurs adversaires ivoirien et tunisien restent à portée avant les retours.

Une compétition où chaque double confrontation compte

La Ligue des champions de la Confédération africaine de football (CAF), principale compétition de clubs du continent, se joue ici en élimination directe sur deux rencontres. Seize places en phase de groupes sont en jeu à l’issue de ce deuxième tour. Les matchs retour sont programmés du 23 au 25 octobre, selon le calendrier de la CAF. Le calendrier et les affiches du deuxième tour préliminaire situent ces rencontres dans une séquence décisive pour les clubs encore en lice.

Les deux affiches concernent des clubs issus de régions différentes : l’ASEC Mimosas représente la Côte d’Ivoire, en Afrique de l’Ouest, tandis que le Maghreb de Fès (MAS) défend les couleurs du Maroc, en Afrique du Nord. L’Espérance Sportive de Tunis vient de Tunisie, également en Afrique du Nord ; Asswehly évolue en Libye, au Maghreb. Leur parcours engage donc aussi le prestige sportif de fédérations et de championnats nationaux distincts, sans résumer les enjeux à une opposition entre régions.

Pour les clubs, franchir ce tour signifie accéder à la phase de groupes et aux recettes qui l’accompagnent. À l’inverse, une élimination couperait tôt la campagne continentale. Les retours pèseront ainsi autant sur les ambitions sportives que sur la préparation de la suite de saison.

À Meknès, l’ASEC revient dans le temps additionnel

Le dimanche 18 octobre, le MAS a reçu l’ASEC au stade d’Honneur de Meknès, et non à Fès. Le club marocain a pris l’avantage par Noureddine Oussama à la 32e minute. Bamba Souhalio a égalisé pour les Ivoiriens dans le temps additionnel, à la 90e+3, pour fixer le score à 1-1. La SNRT, à partir d’une dépêche de la MAP, et le média marocain Le360 confirment le score et les buteurs.

Ce nul laisse la confrontation ouverte. Le MAS, champion du Maroc selon Le360, a longtemps tenu son avantage, mais n’a pas réussi à préserver sa cage jusqu’au bout. Pour l’ASEC, l’égalisation tardive évite de rentrer en Côte d’Ivoire avec un but de retard. Le match retour est prévu le 25 octobre, à Abidjan, selon la MAP relayée par SNRT.

Le contexte du terrain mérite aussi d’être précisé : la rencontre s’est tenue à Meknès en raison de travaux au Grand Stade de Fès, rapporte Le360. Le MAS retrouvait par ailleurs la scène africaine après une longue absence, selon ce même média. Le club fassi a dû passer par un premier tour, où il a éliminé le Rahimo FC du Burkina Faso. De son côté, l’ASEC, club historique d’Abidjan, avait déjà connu un premier tour difficile face à l’ASC Kara du Togo, d’après les résultats communiqués pour son parcours.

À Misrata, Asswehly fait tomber l’Espérance

En Libye, Asswehly a battu l’Espérance de Tunis 1-0 lors du match aller disputé à Misrata. L’unique but a été inscrit sur penalty par Ayoub Ayed à la 64e minute, selon les données de match de Scoreaxis, recoupées par Flashscore. L’Espérance, habituée aux grandes campagnes continentales, devra donc renverser le résultat à domicile.

La courte victoire libyenne contraste avec le statut continental des deux équipes. Le quotidien tunisien Le Temps relevait avant la rencontre qu’Asswehly abordait sa première participation à la Ligue des champions, après avoir remporté le championnat libyen. Le club de Misrata avait déjà franchi le premier tour face au KVZ de Zanzibar. L’Espérance, elle, cherchait à transformer son expérience en avantage sur le terrain ; le résultat montre que l’écart de palmarès ne décide pas seul d’une double confrontation.

Pour le club tunisien, le défi du retour sera de marquer sans offrir d’espaces à un adversaire désormais en position de défendre son avance. Asswehly, de son côté, peut viser la qualification sans devoir prendre de risques précoces. Le résultat aller donne un avantage concret au club libyen, mais ne règle pas la série.

Des enjeux sportifs et économiques pour les clubs

Un match nul à l’aller ne donne pas à l’ASEC une qualification acquise : il faudra gagner au retour pour passer directement, tandis qu’un nouveau nul conduirait à appliquer les critères prévus par le règlement de la CAF. De même, l’Espérance doit combler son retard d’un but. Les règles exactes de départage ne sont pas détaillées dans les comptes rendus consultés ; mieux vaut donc ne pas présumer qu’un but marqué à l’extérieur aurait une valeur particulière.

La perspective de rejoindre les groupes concentre une part importante de la pression. Les dirigeants doivent gérer les attentes des supporters et les ressources mobilisées pour la compétition. Pour les joueurs et les staffs, l’enjeu immédiat est plus concret : tenir l’intensité sur deux matchs, corriger les erreurs de la première manche et éviter qu’un moment de déconcentration ne décide de la saison continentale.

La géographie des rencontres rappelle aussi les contraintes propres à chaque club. Le MAS a disputé son match à Meknès, loin de son stade habituel à Fès. L’ASEC devra, elle, accueillir la manche décisive à Abidjan. L’Espérance retrouvera son public en Tunisie, tandis qu’Asswehly devra défendre son but d’avance dans un déplacement régional. Ces cadres différents influencent la préparation, la logistique et l’ambiance, sans remplacer le résultat sur le terrain.

Les retours, prochain point de bascule

Les deux confrontations se joueront dans la même fenêtre de retours, du 23 au 25 octobre. Les scores du 18 octobre ont installé des scénarios contrastés : l’ASEC et le MAS repartent à égalité, alors que l’Espérance doit remonter un but contre Asswehly. La CAF précisera les qualifiés pour la phase de groupes à l’issue de ces manches, avec des clubs d’Afrique de l’Ouest et du Nord toujours en course.

Pour les supporters, le suspense tient désormais à une question simple : quels clubs sauront transformer leur avantage, ou leur sursis, en qualification ? La réponse se jouera sur le terrain, dans des matchs où la gestion du score comptera autant que la capacité à créer des occasions.