À Ismaïlia, un milieu marocain de 19 ans a pesé sur un match décisif avant de retrouver son quotidien à Saint-Étienne. Adam Baallal a marqué, porté le brassard et contribué à la qualification du Maroc U20 pour la prochaine Coupe d’Afrique des nations de la catégorie.
Une qualification obtenue dans le tournoi UNAF
Le Maroc s’est imposé 2-0 face à l’Égypte, samedi 3 octobre 2026, au Suez Canal Stadium d’Ismaïlia. Cette rencontre comptait pour le tournoi de l’Union nord-africaine de football, l’UNAF, qui sert de phase qualificative pour la CAN U20 2027.
La SNRT et la presse sportive marocaine rapportent le même scénario. Adam Baallal a ouvert le score à la 25e minute, de la tête, sur un coup franc. Sami Bouhadane a ensuite doublé la mise à la 33e minute.
Avec ce succès, le Maroc a porté son total à sept points en trois rencontres. Les Lionceaux de l’Atlas avaient commencé par un nul contre la Tunisie, 0-0, avant de battre l’Algérie, 3-1. La victoire face à l’Égypte leur a assuré une place à la phase finale de la CAN U20, prévue au Ghana en 2027.
La Fédération royale marocaine de football avait confirmé la présence de Baallal dans le onze aligné contre l’Égypte. Le joueur a disputé toute la rencontre avec le brassard de capitaine. La sélection marocaine doit encore affronter la Libye, mardi 6 octobre, pour terminer le tournoi.
Le brassard comme prolongement d’un parcours international
La responsabilité confiée à Baallal ne se limite pas à ce match. Le milieu marocain avait déjà porté le brassard avec les sélections de jeunes, notamment chez les moins de 18 ans. Face à l’Algérie, il avait également été désigné capitaine, dans un match où il croisait Oussama Benkou, son coéquipier à Saint-Étienne et titulaire avec les Fennecs.
Son rôle répond aussi à un besoin de stabilité au milieu de terrain. Dans une équipe jeune, le capitaine ne se contente pas de transmettre les consignes. Il doit aider à maintenir le bloc, organiser les transitions et calmer les temps faibles. Le but inscrit contre l’Égypte ajoute une dimension décisive à cette influence.
Le sélectionneur Ludovic Batelli l’utilise ainsi comme un joueur de confiance. Cette progression reste toutefois à mesurer dans la durée. La qualification pour la CAN constitue une étape importante, mais elle ne garantit pas à Baallal une place définitive dans la sélection marocaine. Le tournoi au Ghana offrira un niveau d’exigence supérieur.
De l’Académie Mohammed VI à l’AS Saint-Étienne
Le parcours du jeune milieu s’inscrit dans la stratégie marocaine de formation. Baallal a été formé à l’Académie Mohammed VI de football, installée près de Rabat. Cette structure accompagne depuis plusieurs années de jeunes joueurs marocains vers les clubs professionnels et les sélections nationales.
Il a ensuite découvert le championnat professionnel marocain avec l’Union Touarga Sport. À seulement 17 ans, il a disputé sept rencontres de Botola Pro, le championnat de première division du Maroc. Cette première expérience lui a permis de se confronter rapidement au football senior.
En janvier 2026, Baallal a rejoint l’AS Saint-Étienne. Le club français l’a d’abord intégré à ses équipes de jeunes, avant de l’installer progressivement avec la réserve engagée en National 3. Il a été titulaire lors des sept dernières rencontres de la saison, selon le communiqué officiel de l’ASSE.
Le joueur a également été convoqué avec le groupe professionnel pour un déplacement à Rodez, lors de la 33e journée de Ligue 2. Durant la préparation estivale, il a marqué contre Lausanne, dans une victoire 4-0, puis face à Venise, lors d’un succès 4-3.
Il a ensuite connu ses premières apparitions en championnat contre Sochaux et Clermont. Le 18 août 2026, Saint-Étienne a officialisé la signature de son premier contrat professionnel, valable jusqu’en 2029. Le club décrit un joueur en progression, capable d’évoluer au milieu et apprécié pour son attitude au travail.
Une passerelle entre formation marocaine et football européen
Le cas de Baallal illustre une trajectoire désormais bien identifiée dans le football marocain. Les académies nationales cherchent à préparer les joueurs au haut niveau local, tout en leur ouvrant des perspectives dans les championnats européens.
Cette transition demande cependant du temps. À Saint-Étienne, Baallal doit encore gagner régulièrement sa place dans un groupe professionnel. La concurrence est forte au milieu de terrain. Les attentes seront aussi différentes entre les matches internationaux de jeunes, la réserve et la Ligue 2.
Son contrat jusqu’en 2029 offre au club un cadre de travail suffisamment long. Il permet à l’ASSE de suivre son développement sans exiger une installation immédiate. Pour le joueur, l’objectif est désormais de transformer ses apparitions en temps de jeu régulier.
Baallal s’inscrit par ailleurs dans une histoire marocaine déjà présente dans le Forez. Abdelkrim Merry, connu sous le nom de Merry Krimau, a porté le maillot stéphanois en 1986-1987. Il avait notamment terminé meilleur buteur du club en championnat avec neuf réalisations. Mustapha El Haddaoui lui avait succédé la saison suivante et inscrit dix buts en 33 matches de première division.
Le prochain rendez-vous sera déjà révélateur
La qualification du Maroc pour la CAN U20 2027 donne à Baallal une échéance continentale claire. Avant cela, son dernier match du tournoi UNAF contre la Libye permettra d’observer la capacité du groupe à rester concentré après avoir atteint son premier objectif.
Pour le joueur, les prochaines semaines auront deux visages. Avec le Maroc, il devra confirmer son autorité et sa régularité. Avec Saint-Étienne, il cherchera à s’installer dans la rotation professionnelle.
Cette double exigence résume son nouveau statut. Baallal n’est plus seulement un espoir issu de l’Académie Mohammed VI. Il devient un jeune international marocain sous contrat professionnel, appelé à franchir une nouvelle étape entre Rabat, les sélections nationales et le football européen.