À Tanger, le Maroc a laissé filer une victoire qui semblait acquise. Devant son public, la sélection marocaine a longtemps contrôlé son match face au Mali avant de concéder l’égalisation dans le dernier quart d’heure. Le score final, 1-1, rappelle qu’un match amical peut aussi révéler les marges de progression d’une équipe.

Un rassemblement réussi, mais terminé sur une note plus nuancée

Le Maroc et le Mali se sont séparés sur un nul, dimanche 4 octobre 2026, au Grand Stade de Tanger. Abdessamad Ezzalzouli a donné l’avantage aux Lions de l’Atlas sur penalty à la 35e minute. Gaoussou Diarra a égalisé à la 77e minute, après un service d’Amadou Dante.

Ce résultat clôt un rassemblement globalement positif pour le Maroc. Avant cette rencontre, les hommes de Mohamed Ouahbi avaient battu le Gabon puis le Lesotho, à chaque fois sur le score de 2-0, dans le cadre des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2027.

La Confédération africaine de football a placé le Maroc dans le groupe A, avec le Gabon, le Niger et le Lesotho. Le Mali évolue, lui, dans le groupe K, aux côtés du Cap-Vert, du Rwanda et du Liberia. Les deux premières équipes de chaque groupe doivent obtenir leur qualification pour la phase finale, prévue en Afrique de l’Est du 19 juin au 17 juillet 2027. Le tirage des groupes de la CAN 2027 confirme la présence des deux sélections parmi les équipes têtes de série.

Ezzalzouli précis, le Mali patient

Le Maroc a pris le contrôle du ballon en première période. Toutefois, cette domination est restée longtemps stérile. Le bloc malien, compact entre les lignes, a réduit les espaces et limité les situations dangereuses devant sa surface.

L’ouverture du score est venue d’une action individuelle d’Ezzalzouli. L’attaquant marocain a récupéré le ballon aux abords de la défense malienne. En tentant de dégager, Cheick Keita l’a accroché dans la surface. L’arbitre a désigné le point de penalty.

Ezzalzouli a pris ses responsabilités. Le gardien malien a deviné la trajectoire et touché le ballon, sans pouvoir empêcher la frappe de finir au fond des filets. Le Maroc a donc rejoint les vestiaires avec un avantage d’un but.

Après la pause, le Mali a progressivement avancé son bloc. Les Aigles ont davantage pressé la première relance marocaine. Ils ont aussi profité d’une baisse de rythme des locaux pour installer le jeu dans le camp adverse.

Les changements ont ensuite modifié la dynamique du match. Mohamed Ouahbi a lancé Brahim Diaz et Soufiane Rahimi à la 65e minute, en remplacement d’Ezzalzouli et d’Ismaël Saibari. Dans le même temps, le staff malien a fait entrer Gaoussou Diarra.

Ce choix s’est révélé décisif. À la 73e minute, Amadou Dante est entré à son tour. Quatre minutes plus tard, il a servi Diarra, qui a conclu l’action pour ramener les deux équipes à égalité. Le Mali a ainsi transformé ses ajustements en avantage concret.

Le Maroc a tenté de reprendre l’initiative dans les dernières minutes. Cependant, les entrées de Brahim Diaz et de Soufiane Rahimi n’ont pas suffi à créer une occasion assez nette pour obtenir un second but.

Le classement FIFA, un enjeu secondaire mais visible

Le nul n’a aucune conséquence directe sur la campagne marocaine pour la CAN 2027. Les trois points avaient déjà été pris contre le Gabon et le Lesotho. Le Maroc conserve donc une position favorable dans son groupe et aborde la suite des éliminatoires avec six points.

En revanche, le résultat peut peser sur le classement FIFA. Avant le match, le Maroc occupait provisoirement la cinquième place mondiale, juste devant le Brésil. Le partage des points contre une sélection moins bien classée réduit mécaniquement le total marocain dans le barème utilisé par la FIFA.

Le Brésil, vainqueur de son côté lors de sa tournée amicale, doit ainsi repasser devant le Maroc dans le classement calculé en direct. Cette évolution reste distincte des performances réalisées dans les compétitions officielles. Elle ne remet pas en cause la trajectoire de la sélection marocaine, mais elle montre la faible marge qui sépare aujourd’hui les meilleures équipes nationales.

Le classement officiel devra confirmer l’écart après validation de l’ensemble des résultats internationaux. Les chiffres provisoires circulant après une rencontre ne constituent pas toujours la publication définitive de la FIFA.

Des enseignements différents pour Rabat et Bamako

Pour le Maroc, le match offre un rappel utile. La sélection sait prendre l’initiative et contrôler une rencontre. Elle doit cependant mieux gérer les périodes où l’adversaire hausse son intensité. La conservation de l’avantage reste un axe de travail, surtout face à des équipes africaines capables de modifier leur plan de jeu après la pause.

Le Mali peut retenir une leçon plus encourageante. Menés au score, les Aigles n’ont pas abandonné leur organisation. Le banc a apporté de la vitesse et de la fraîcheur. Les entrants Diarra et Dante ont directement participé à l’égalisation. Cette capacité à réagir constitue un signal intéressant pour la suite de la campagne dans le groupe K.

Les deux équipes ont aussi mesuré la valeur d’une opposition entre sélections déjà engagées dans les qualifications continentales. Pour le Maroc, la pression vient désormais de la régularité attendue par son public. Pour le Mali, elle repose davantage sur la nécessité de convertir ses temps forts en résultats dans un groupe ouvert.

Un résultat à replacer dans la course à la CAN 2027

La CAN 2027 se disputera en Afrique de l’Est, une première depuis plusieurs décennies pour la compétition continentale. Ce changement de cadre élargira encore les déplacements et les contraintes logistiques. Les sélections devront donc construire leur qualification sur la durée, sans dépendre d’un seul rassemblement.

Dans cette perspective, le nul de Tanger ne bouleverse pas les équilibres. Il rappelle plutôt que le Maroc et le Mali disposent de groupes compétitifs, mais encore perfectibles. Les prochaines journées des éliminatoires permettront de mesurer la portée réelle de ce rassemblement.

À court terme, le Maroc reste bien lancé dans le groupe A. Le Mali conserve également ses ambitions dans le groupe K. Pour les deux sélections, le prochain défi sera de prolonger cette solidité dans les matches officiels, là où chaque occasion manquée peut peser sur la qualification.