Dans le nord de la Côte d’Ivoire, le projet Atex revient au centre du jeu minier. Après une longue pause dans les travaux de terrain, une nouvelle campagne doit aider à déterminer si les indices de lithium déjà observés peuvent déboucher sur une ressource exploitable.

Un projet encore au stade de l’exploration

Atex se situe dans le nord-ouest ivoirien, au sein du domaine géologique Baoulé-Mossi, une formation du craton ouest-africain connue pour ses potentiels en or, métaux de base et pegmatites. Le projet couvre environ 134,96 km².

Le lithium présent dans les pegmatites intéresse les fabricants de batteries et les industriels de la transition énergétique. Toutefois, un permis d’exploration ne constitue pas encore une mine. Il faut d’abord confirmer la continuité du minerai, mesurer les volumes et vérifier les conditions techniques et économiques d’une éventuelle exploitation.

À ce jour, Atex ne dispose toujours pas d’une première estimation de ressources minérales. Cette étape permet de quantifier une minéralisation selon des standards géologiques reconnus. Elle précède généralement les études économiques, environnementales et techniques plus avancées.

Des travaux préparatoires avant les prochains forages

Le 29 septembre 2026, Australasian Metals a annoncé la préparation de pistes d’accès sur le site. La société australienne prévoit ensuite une campagne de forage à la tarière. Cette méthode prélève des échantillons à faible profondeur afin de préciser les zones à examiner par des forages plus importants.

Cette première phase doit donc servir à mieux cibler les prochaines opérations. Australasian Metals examine aussi les anciens échantillons et les données géologiques disponibles. Une inspection des routes, des infrastructures et des besoins logistiques est en cours.

La société indique également vouloir recruter une partie de la main-d’œuvre localement. Lors d’une visite dans la région, son directeur général Qingtao Zeng a rapporté un accueil favorable des représentants de la communauté. Cette déclaration reste celle de l’entreprise. Elle devra être suivie d’engagements concrets sur l’emploi, l’information des riverains et la gestion des impacts du chantier.

Les travaux annoncés prolongent une première campagne de forage réalisée en mars 2024. Selon les données communiquées par le détenteur du projet, 3 753 mètres avaient alors été forés à circulation inverse dans 23 trous. Le forage à circulation inverse utilise un flux d’air pour remonter les fragments de roche et lire la structure du sous-sol.

Les résultats avaient conduit à une extension de 122 % de la minéralisation connue en lithium, sur une longueur d’environ 800 mètres. Ce résultat indique une progression de la zone identifiée. Il ne constitue toutefois pas une estimation de ressources ni une preuve de rentabilité future.

Parmi les intersections publiées figurent notamment 67,97 mètres à 1,23 % d’oxyde de lithium, ainsi qu’une autre intersection de 20,77 mètres à 1,65 %. Ces résultats doivent encore être replacés dans un modèle géologique complet. La teneur, la profondeur, la continuité et la facilité de traitement comptent autant que la longueur d’une intersection.

Une option qui ne vaut pas encore acquisition

La reprise de l’exploration intervient dans le cadre d’un accord annoncé le 7 septembre 2026. Australasian Metals a obtenu auprès de Firering Strategic Minerals une option exclusive de 90 jours. Elle lui donne le temps de réaliser ses vérifications techniques, juridiques et opérationnelles avant de décider si elle poursuit la transaction.

Si l’option est exercée et que les conditions sont remplies, Australasian pourrait acquérir 75 % d’Atex Mining Resources, la société détentrice du permis d’exploration Atex. Firering conserverait alors une participation de 15 % dans le projet, selon les éléments publiés par l’entreprise.

L’accord prévoit une somme initiale de 100 000 dollars australiens, non remboursable. Un paiement supplémentaire de 1,4 million de dollars australiens serait dû en cas d’exercice de l’option et de réalisation de l’opération. Le montant total potentiel atteint ainsi 1,5 million de dollars australiens.

Cette opération n’est pas encore définitive. Australasian Metals peut renoncer à l’option après ses vérifications. L’entreprise devra notamment apprécier la qualité des données existantes, l’accès au site, les coûts de forage et les conditions administratives applicables en Côte d’Ivoire.

Pour Firering, l’accord offre une voie de financement sans abandon complet du projet. Pour le nouvel investisseur, il s’agit d’entrer progressivement sur un actif encore précoce, en limitant d’abord son engagement financier. Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu est de transformer une phase d’exploration en activité économique réelle, avec des retombées locales mesurables.

Le lithium ivoirien entre dans une phase de sélection

Atex n’est pas le seul projet à attirer l’attention. Le gouvernement ivoirien a aussi accordé récemment des permis de recherche liés au lithium dans plusieurs départements, dont Dianra, Kani, Mankono, M’Batto, Agboville et Adzopé. Cette multiplication des permis traduit l’intérêt croissant des investisseurs pour le sous-sol ivoirien.

La Côte d’Ivoire cherche parallèlement à diversifier son secteur minier. L’or reste dominant, mais le lithium, le nickel, le manganèse et d’autres substances critiques pourraient élargir la base industrielle du pays. Le principal défi sera de ne pas limiter cette dynamique à l’exportation de minerai brut.

La question concerne aussi la CEDEAO, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. La région abrite plusieurs projets de lithium, notamment au Mali, au Ghana et au Nigeria. Une coopération sur les infrastructures, la transformation et les normes pourrait renforcer la position des pays ouest-africains face aux grands acheteurs mondiaux.

À l’échelle continentale, la même interrogation revient : comment retenir davantage de valeur en Afrique ? La Commission économique pour l’Afrique des Nations unies et la Banque africaine de développement défendent une montée en gamme des chaînes de valeur. Cela suppose des routes, une énergie fiable, des compétences géologiques et des capacités de traitement.

Pour Atex, la prochaine étape est donc très concrète. Les prélèvements à faible profondeur devront confirmer les cibles prioritaires. Ensuite seulement viendront de nouveaux forages, une modélisation des ressources et d’éventuelles études de développement. Le calendrier dépendra des résultats techniques, de la décision d’Australasian Metals et du dialogue avec les communautés installées autour du projet.

Le lithium ivoirien suscite désormais de l’intérêt. Atex devra encore démontrer qu’il peut franchir le passage décisif entre indices géologiques prometteurs et projet minier viable.