Une nouvelle page s’ouvre pour les Verts

À Alger, la rentrée des Fennecs ne se joue pas seulement sur un banc de touche. Elle dit aussi quelque chose d’un cycle qui se ferme, puis d’un autre qui commence, avec peu de temps pour installer des certitudes avant les premiers rendez-vous officiels. Pour l’Algérie, chaque fenêtre internationale sert désormais de test grandeur nature : la marge d’erreur est faible, et la qualification pour la prochaine Coupe d’Afrique des nations ne pardonnera pas les débuts hésitants.

Dans le football africain, la CAN 2027 prendra une valeur particulière. La compétition sera organisée du 19 juin au 17 juillet 2027 par le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda, une première coorganisation à trois pour la phase finale continentale. La campagne qualificative a commencé en septembre 2026, ce qui laisse aux sélections, dont l’Algérie, une fenêtre courte pour stabiliser leurs cadres et clarifier leurs plans de jeu.

Hemdani officiellement en première ligne

Le 17 septembre 2026, Brahim Hemdani a dévoilé sa première liste en tant que sélectionneur de l’équipe nationale algérienne, quelques jours après sa nomination à la tête des Verts. L’ancien international de 48 ans, passé notamment par Cannes, Strasbourg, l’Olympique de Marseille et les Rangers, avait déjà travaillé avec les sélections de jeunes avant d’accéder à l’équipe A. Il est épaulé par Anthar Yahia, lui aussi ancien international algérien.

Cette première convocation s’inscrit dans un calendrier déjà chargé. L’Algérie reçoit la Zambie le 25 septembre, puis se déplace au Burundi le 29 septembre pour ses deux premières journées des qualifications à la CAN 2027. Un match amical contre le Niger est ensuite prévu le 6 octobre au stade Hocine-Aït-Ahmed de Tizi Ouzou. Ce programme donne à Hemdani un banc d’essai immédiat, sans période d’observation confortable.

La liste publiée compte 26 joueurs. Dans les buts, Hemdani a retenu Melvin Mastil, Abdelatif Ramdane et Kilian Belazzoug. En défense, il s’appuie sur Achref Abada, Rayan Aït-Nouri, Zineddine Belaïd, Ramy Bensebaini, Samir Chergui, Jaouen Hadjam, Sohaib Naïr, Saâdi Radouani et Ahmed Touba. Le milieu réunit Himad Abdelli, Adil Aouchiche, Nabil Bentaleb, Farès Chaïbi, Ibrahim Maza et Adem Zorgane. Devant, le sélectionneur a convoqué Mohamed Amoura, Monsef Bakrar, Bachir Belloumi, Adil Boulbina, Amin Chiakha, Amine Gouiri, Anis Hadj Moussa et Ilan Kebba.

Deux absences attirent toutefois l’attention. Luca Zidane et Rafik Belghali, suspendus pour deux matches après les incidents du 10 janvier 2026 à Marrakech, ne figurent pas dans ce groupe. D’autres joueurs expérimentés issus de la Coupe du monde 2026 ne sont pas retenus non plus. Ce tri dit quelque chose de la méthode annoncée par Hemdani : remise à plat, concurrence ouverte, et priorité donnée à un groupe capable d’absorber vite un schéma collectif.

Ce que cette liste raconte du projet algérien

Sur le fond, Hemdani a envoyé un message simple : la solidité passe avant le spectacle. En conférence de presse, il a insisté sur une base défensive forte, une équipe claire dans ses principes et une compétition interne réelle pour chaque poste. Il a aussi parlé d’une « remise à zéro complète » et d’une stabilité à trouver rapidement dans le onze de départ. Pour les joueurs, le signal est net : le statut compte moins que l’adéquation au plan de jeu.

Cette approche intervient dans un contexte où le football algérien vit une transition générationnelle. Riyad Mahrez et Aïssa Mandi ont pris leur retraite internationale après la Coupe du monde 2026, tandis que le nouveau groupe doit composer sans plusieurs repères habituels. Dans une sélection où l’expérience, la concurrence des binationaux et la montée de nouveaux profils se croisent en permanence, la question n’est pas seulement de choisir 26 noms. Elle est aussi de fabriquer un équilibre entre l’immédiat et la suite.

Pour les supporters, l’enjeu est plus concret encore. Une sélection nationale peut se permettre des expérimentations à un moment donné, mais pas sur la durée d’une campagne qualificative. Le premier match à domicile contre la Zambie servira de premier juge. Le déplacement au Burundi dira si l’Algérie sait voyager avec la même maîtrise. Et le match amical contre le Niger, à Tizi Ouzou, permettra d’évaluer les automatismes sans pression comptable.

Au-delà du cas algérien, cette séquence rappelle aussi la place des sélections d’Afrique du Nord dans le football continental. L’Algérie, comme ses voisines du Maghreb, reste engagée dans un espace où la qualification à la CAN sert à la fois de baromètre sportif et de vitrine institutionnelle. Dans un paysage africain où la CAF cherche à mieux lisser son calendrier et à donner plus de visibilité à ses compétitions, chaque sélection doit désormais penser en séquences courtes, avec des objectifs lisibles dès les premières journées.

La suite immédiate dira donc si la première liste de Brahim Hemdani relève d’un simple ajustement ou d’un vrai changement de méthode. Le rendez-vous est déjà posé : Zambie le 25 septembre, Burundi le 29, puis Niger le 6 octobre. C’est sur cette ligne de départ que l’Algérie commencera à mesurer la cohérence de son nouveau cycle.