Les assemblées générales annuelles de la Banque Africaine de Développement (BAD) se sont tenues à Nairobi, mettant en avant la réforme de l’architecture financière internationale et les défis climatiques auxquels l’Afrique est confrontée.

Une nouvelle stratégie pour un développement durable

La BAD a annoncé sa nouvelle stratégie pour les dix prochaines années, avec une augmentation de son capital de 201 à 318 milliards de dollars. Cette augmentation vise à maintenir la note triple A de l’institution, essentielle pour accéder à des financements à des taux avantageux sur les marchés financiers.

  • Intégration des richesses naturelles : La proposition d’intégrer les richesses naturelles des États africains dans leur produit intérieur brut (PIB) a été débattue. Le président du Kenya, William Ruto, a souligné que les ressources naturelles telles que les terres arables, les ressources minières ou les énergies renouvelables ne sont pas actuellement prises en compte.
  • Objectifs principaux : La nouvelle stratégie de la BAD vise à accélérer la croissance verte inclusive et à favoriser des économies prospères et résilientes. Pour atteindre ces objectifs, plusieurs priorités sont identifiées :
  1. Éclairer et alimenter l’Afrique en énergie moderne et abordable.
  2. Assurer la sécurité alimentaire en transformant l’agriculture.
  3. Améliorer les conditions de vie des femmes et des jeunes.
  4. Investir dans le capital humain et la durabilité.

Renforcement du secteur privé et des financements innovants

La BAD reconnaît l’importance du secteur privé et s’engage à mobiliser des ressources provenant de diverses sources, y compris les financements privés. L’objectif est de tripler les financements du secteur privé d’ici 2033 en renforçant sa capacité de financement par des mécanismes innovants.

  • Collaboration renforcée : La BAD priorisera les investissements dans les entreprises, les chaînes de valeur et les PME.
  • Agence de notation africaine : Le conseil des gouverneurs a plaidé en faveur de la création d’une agence de notation africaine pour mieux évaluer les économies du continent. Cela pourrait permettre d’économiser jusqu’à 75 milliards de dollars versus les notations internationales actuelles.

À l’occasion de son soixantième anniversaire, la BAD met la résilience au cœur de sa stratégie, faisant face à des enjeux majeurs tels que la pandémie de Covid-19, l’insécurité alimentaire, la crise de la dette, les conflits, l’instabilité politique et les changements climatiques. Malgré ces défis, l’Afrique reste un continent riche en opportunités.

Pays concernés Afrique du Sud Algérie Angola Kenya