Le football africain ouvre une nouvelle page alors qu’un chapitre de la précédente reste en suspens. Ce jeudi 24 septembre 2026, les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2027 commencent avec une question toujours sans réponse définitive : le Maroc ou le Sénégal doit-il être inscrit au palmarès de la CAN 2025 ?
Une nouvelle campagne malgré le litige de la finale
La Confédération africaine de football (CAF), l’instance dirigeante du football continental, a enregistré le Maroc comme vainqueur de la finale de la CAN 2025. Cette décision reste contestée par la Fédération sénégalaise de football devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), la juridiction indépendante chargée de régler les litiges sportifs internationaux.
Le différend porte sur la finale disputée à Rabat, le 18 janvier 2026. Le Sénégal s’était imposé 1-0 après prolongation grâce à un but de Pape Gueye. La rencontre avait été interrompue après une protestation des joueurs sénégalais contre l’attribution d’un penalty au Maroc. Le tir de Brahim Diaz avait ensuite été arrêté.
Dans un premier temps, le jury disciplinaire de la CAF avait infligé des sanctions aux deux équipes sans modifier le résultat du match. Le jury d’appel a ensuite retenu l’abandon de terrain et déclaré le Sénégal forfait. Le Maroc a ainsi été donné vainqueur sur le score administratif de 3-0.
La Fédération sénégalaise a saisi le TAS le 25 mars 2026. Elle demande l’annulation de la décision de la CAF et la reconnaissance du Sénégal comme vainqueur de la compétition. Le TAS a confirmé l’enregistrement de l’appel dans un communiqué officiel sur la procédure.
Les débats doivent se tenir à Lausanne le 8 octobre 2026, à huis clos. Le tribunal a toutefois précisé qu’aucune sentence ne serait rendue le jour de l’audience. Le calendrier de la décision demeure donc incertain. Le palmarès officiel reste, pour l’instant, favorable au Maroc.
Le Maroc repart de Rabat avec un statut particulier
Le Maroc débute sa campagne vendredi 25 septembre contre le Gabon, au complexe sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat. Ce stade avait accueilli la finale controversée quelques mois plus tôt. Le symbole est fort, mais l’enjeu est surtout sportif : les Lions de l’Atlas doivent lancer leur parcours sans laisser le contentieux juridique perturber leur préparation.
La sélection marocaine se déplacera ensuite au Lesotho le 29 septembre. Ces deux rencontres appartiennent au groupe A, qui comprend également le Niger. Les deux premiers de cette poule accéderont à la phase finale, prévue du 19 juin au 17 juillet 2027 au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda.
Le Maroc conserve une place centrale dans le football africain. Le pays a accueilli la CAN 2025 et continue d’investir dans ses infrastructures, ses sélections nationales et l’organisation de compétitions continentales. Cette trajectoire renforce son influence sportive, tout en exposant la Fédération royale marocaine à une pression particulière dans un dossier suivi au-delà des pelouses.
Les sanctions décidées après la finale auront aussi un effet immédiat. Achraf Hakimi et Ismaël Saibari doivent manquer la rencontre contre le Gabon. Leur absence réduit les options du nouveau sélectionneur Mohamed Ouahbi pour cette première fenêtre internationale.
Le Sénégal ouvre un nouveau cycle avec Patrick Vieira
Le Sénégal commence également ses éliminatoires le 25 septembre. Les Lions de la Teranga affrontent le Mozambique dans le groupe J. La rencontre est programmée au stade national du Zimpeto, à Maputo, avant un déplacement en Éthiopie le 29 septembre.
Ce calendrier résulte d’un échange entre les fédérations sénégalaise et mozambicaine, avec l’accord de la CAF. Le stade Abdoulaye-Wade de Diamniadio est mobilisé par les Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026. Le match retour entre les deux équipes se disputera donc au Sénégal en mars 2027.
Patrick Vieira dirige pour la première fois le Sénégal dans une compétition officielle. Il succède à Pape Thiaw, suspendu plusieurs matches par la CAF après la finale. Sadio Mané figure parmi les absents de la première liste. Le sélectionneur a évoqué un problème physique, tout en laissant ouverte la possibilité d’un retour lors d’une prochaine fenêtre internationale.
Le Sénégal doit également composer avec les suspensions d’Iliman Ndiaye et d’Ismaïla Sarr. Tous deux manqueront les premières journées des éliminatoires. Leur équipe conserve néanmoins une ossature expérimentée autour de Kalidou Koulibaly, Idrissa Gana Gueye et Pape Matar Sarr.
Une formule de qualification qui accentue la pression
Les 48 sélections engagées sont réparties en douze groupes de quatre. Chaque équipe disputera six matches, à domicile et à l’extérieur. Les deux premiers de chaque groupe se qualifieront, sauf dans les poules comprenant un pays hôte.
Le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda sont automatiquement qualifiés en tant que coorganisateurs. Dans leurs groupes respectifs, une seule autre sélection obtiendra son billet. Cette règle concerne notamment le groupe L, où le Nigeria, Madagascar et la Guinée-Bissau devront se battre pour une seule place.
La première journée propose plusieurs affiches importantes. La Côte d’Ivoire reçoit le Ghana à Bouaké. Le Cameroun accueille les Comores à Garoua. La République démocratique du Congo affronte la Guinée équatoriale à Kinshasa. L’Égypte reçoit l’Angola, tandis que l’Algérie joue contre la Zambie à Tizi-Ouzou.
Le Nigeria commence sans Victor Osimhen, blessé, contre Madagascar. Le Mali affronte le Cap-Vert. Le Burkina Faso rencontre le Bénin. Ces matches rappellent la densité du football africain actuel, où les écarts se réduisent entre les équipes installées et les sélections en progression.
Le calendrier avance, le verdict peut attendre
Les deux premières journées se déroulent du 24 septembre au 6 octobre 2026. Les troisième et quatrième journées sont prévues du 9 au 17 novembre. Les deux dernières auront lieu du 22 au 30 mars 2027, quelques mois avant la phase finale est-africaine.
Le risque principal concerne la lisibilité du palmarès de la CAN 2025. Si le TAS rend sa décision avant la fin des éliminatoires, la CAF pourra clarifier rapidement ses archives et sa communication officielle. Si la procédure se prolonge, les deux fédérations devront continuer à préparer leurs compétitions avec une incertitude institutionnelle en arrière-plan.
Pour le Maroc comme pour le Sénégal, l’urgence est pourtant immédiate. Les points pris en septembre pèseront dans une campagne courte. Le football africain poursuit donc sa route avec deux temporalités parallèles : celle des terrains, déjà lancée, et celle du droit sportif, toujours en attente d’un dernier mot.