La diminution des précipitations et l’augmentation des barrages et du pompage en amont ont engendré une réduction significative du débit du fleuve Moulouya au Maroc, menaçant ainsi les moyens de subsistance des agriculteurs locaux, tels que Mimoun Nadori.

Un problème d’eau salée

Dans les fermes de Mimoun Nadori, situées au nord du Maroc, l’eau de la rivière Moulouya présente désormais un goût salé. Autrefois source de vie, cette rivière désormais stagnante permet à l’eau de mer de s’infiltrer à l’intérieur des terres, transformant ainsi l’eau en un poison mortel pour les cultures et le bétail.

La situation est dramatique : les vaches de Mimoun, habituées à boire l’eau de la rivière, sont tombées malades et sont décédées après un an d’ingestion d’eau salée. Pour pallier ce problème, l’agriculteur a dû importer de l’eau pour son poulailler, témoignant ainsi du désastre provoqué par cette transformation de l’eau douce en eau salée.

Impact sur les réserves d’eau souterraines

Outre la détérioration de la qualité de l’eau de surface, la surexploitation de la rivière Moulouya exerce également une pression croissante sur les réserves d’eau souterraines. Les agriculteurs, en quête de solutions face à la perte de leur approvisionnement traditionnel en eau, creusent davantage de puits, ce qui aggrave encore la situation.

Mimoun Nadori souligne le dilemme actuel : l’eau, autrefois abondante, est désormais gaspillée et polluée, les eaux usées se déversant librement dans la rivière. Il met en lumière la responsabilité partagée, attribuant 50% du problème à la sécheresse et 50% à l’action humaine.

Face à cette crise de l’eau qui menace la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des agriculteurs de la région, des mesures urgentes de préservation des ressources en eau s’imposent.