À Bunia et dans d’autres localités de l’Ituri, la rentrée scolaire se déroule au milieu d’une épidémie qui gagne plusieurs provinces de la République démocratique du Congo. Les cas signalés parmi les élèves rappellent que protéger les classes dépend aussi de la capacité à détecter rapidement les infections et à soutenir les familles.

Des cas signalés dans plusieurs établissements

Le 13 octobre 2026, le responsable provincial de l’éducation Ituri 1, Yvon Muke Abassele, a fait état de 25 élèves recensés parmi les cas confirmés d’Ebola dans des écoles de sa zone. Dix élèves seraient morts et sept autres seraient pris en charge dans des centres spécialisés. Le statut des huit autres élèves n’a pas été précisé dans les informations publiées.

Un média congolais a également rapporté ces chiffres le 14 octobre, en citant le responsable de l’éducation. Il signale par ailleurs des décès parmi des enseignants, sans donner de bilan détaillé. Les données scolaires ne constituent pas, à elles seules, un décompte épidémiologique complet : les bilans nationaux de santé reposent sur des définitions et des mises à jour distinctes.

La direction provinciale appelle les écoles à respecter les mesures de prévention et à renforcer la sensibilisation. Une distribution de gel hydroalcoolique et de matériel de protection a aussi été annoncée. Ces mesures devront être accessibles dans les établissements concernés et accompagnées d’informations compréhensibles pour les élèves, les équipes éducatives et les parents.

Une épidémie qui dépasse l’Ituri

L’épidémie actuelle est provoquée par le virus Bundibugyo, une souche du virus Ebola. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) la décrit comme la 17e flambée d’Ebola en RDC depuis l’identification du virus en 1976. Le 15 mai 2026, l’OMS a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale, afin de renforcer la coordination face au risque de propagation.

Au 11 octobre, l’OMS recensait 9 066 cas confirmés et 4 381 décès confirmés dans le pays. L’épidémie touchait alors 65 zones de santé réparties dans sept provinces. L’Ituri reste le principal foyer, mais la transmission se poursuit aussi ailleurs, notamment au Nord-Kivu et dans le Haut-Uele. Ces données nationales ne doivent pas être confondues avec les chiffres concernant spécifiquement les élèves.

La géographie de l’épidémie compte. L’Ituri se trouve dans le nord-est du pays, près de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Les déplacements liés au commerce, aux activités minières et aux déplacements de population compliquent la surveillance sanitaire. Ils rendent nécessaire une coordination transfrontalière, sans faire de la circulation des personnes une faute individuelle.

La prévention doit protéger l’école et les élèves

Pour les familles, l’enjeu est double : réduire les risques d’exposition et éviter que la maladie ne prive durablement les enfants d’enseignement. Fermer ou maintenir une école ne relève pas d’une décision uniforme. Les autorités doivent adapter les mesures aux risques locaux, aux capacités de dépistage et aux conditions concrètes de chaque établissement.

Le gel et les équipements de protection peuvent contribuer à la prévention, mais ils ne suffisent pas seuls. Il faut aussi reconnaître rapidement les symptômes, orienter les personnes malades vers des soins et suivre les contacts, tout en protégeant les personnels. L’OMS souligne les difficultés d’accès aux soins et de surveillance dans les zones touchées par l’insécurité et les déplacements.

La réintégration des élèves guéris mérite également une attention particulière. La stigmatisation peut isoler les enfants et leurs proches, et compliquer leur retour en classe. Les messages sanitaires doivent donc expliquer les risques sans désigner ni exclure les personnes touchées. Les écoles, les services de santé et les communautés ont chacun un rôle, à condition que les consignes soient cohérentes et les moyens disponibles.

Un enjeu congolais et régional

Pour la République démocratique du Congo, cette situation met à l’épreuve la continuité des services publics dans des provinces où l’accès aux soins et à l’école peut être fortement perturbé. À Kinshasa, les autorités nationales doivent coordonner les réponses sanitaires et éducatives ; dans les territoires touchés, leur efficacité dépend aussi des équipes locales et de la confiance des habitants.

La réponse concerne également les pays voisins. L’OMS indique que le virus Bundibugyo ne dispose pas de vaccin homologué ni de traitement spécifique approuvé. La détection précoce, les soins de soutien, la prévention des infections et l’échange d’informations entre pays restent donc essentiels. La priorité immédiate est de suivre l’évolution des cas dans les écoles et les zones de santé, tout en garantissant la prise en charge des malades et la continuité de l’apprentissage.