Un simple regard vers l’est ou vers le sud-est suffira bientôt pour repérer les Pléiades, Saturne ou les météores des Orionides. Entre la mi-octobre et la mi-novembre 2026, plusieurs rendez-vous célestes se succèdent. Aucun télescope n’est nécessaire, mais l’heure d’observation, la lumière de la Lune et l’horizon local feront une vraie différence.
Un ciel partagé par tout le continent, mais pas à l’identique
Les phénomènes célestes sont visibles depuis de nombreux pays africains. Leur apparence et leur horaire varient toutefois selon la latitude et le lieu d’observation. Un habitant de Dakar, de Kinshasa ou du Cap ne verra pas les astres se lever exactement au même moment ni à la même hauteur. Les repères cardinaux restent utiles, mais une carte du ciel réglée sur sa ville aide à choisir le bon moment.
La saison est propice aux observations après la tombée de la nuit et avant l’aube. En ville, l’éclairage artificiel efface les étoiles les moins lumineuses. En périphérie ou dans les zones moins éclairées, davantage de détails deviennent accessibles. Il suffit de laisser les yeux s’habituer à l’obscurité et d’éviter de regarder son téléphone en continu.
La Lune retrouve les Pléiades à la fin octobre
Dans la nuit du 27 au 28 octobre 2026, la Lune passera près des Pléiades, un amas d’étoiles situé dans la constellation du Taureau. L’amas porte aussi le nom de Messier 45, ou M45. À l’œil nu, il ressemble à une petite grappe lumineuse. Une paire de jumelles permet de distinguer plus facilement ses étoiles les plus brillantes.
La rencontre ne signifie pas que les astres sont proches dans l’espace. La Lune se trouve à quelques centaines de milliers de kilomètres de la Terre, tandis que les étoiles des Pléiades sont à des centaines d’années-lumière. C’est leur alignement apparent dans notre champ de vision qui crée ce rapprochement. La Lune, très éclairée à cette période, peut cependant masquer les étoiles les plus faibles.
Le spectacle dépendra aussi de la position de la Lune au-dessus de l’horizon et des conditions locales. L’occultation de certaines étoiles par le disque lunaire n’est visible que depuis certaines régions du globe. Il vaut donc mieux considérer cette date comme une occasion d’observer le voisinage apparent de la Lune et de l’amas, plutôt que comme la promesse d’une occultation partout en Afrique.
Saturne le soir, puis Mars et Jupiter avant l’aube
Saturne reste un repère accessible en soirée. La planète apparaît comme un point brillant, sans scintillement marqué. Une paire de jumelles ne montre généralement pas ses anneaux ; il faut un télescope pour les distinguer. Le 23 octobre, la Lune se trouvera dans son voisinage apparent. Leur distance dans le ciel sera toutefois trop grande pour les cadrer ensemble dans la plupart des jumelles ordinaires.
Plus tard dans la nuit, Mars et Jupiter gagneront en intérêt. Les deux planètes se rapprochent visuellement au fil des jours et devraient apparaître particulièrement proches autour des 14 et 15 novembre. Leur éclat et leurs teintes offrent un contraste intéressant à l’œil nu. Avec des jumelles, elles pourront entrer dans le même champ de vision, selon le modèle utilisé.
Ce rapprochement est une conjonction apparente : Mars et Jupiter ne se rapprochent pas physiquement l’une de l’autre. Elles se trouvent à des distances très différentes de la Terre. La rencontre visuelle se produit parce que leurs positions projetées sur la voûte céleste se resserrent. Pour les observer, il faudra guetter la seconde partie de la nuit et regarder vers l’est, avant que le ciel ne pâlisse.
Les Orionides : une pluie rapide, mais moins facile cette année
Les Orionides atteindront leur maximum dans la nuit du 21 au 22 octobre. Ces météores sont produits par des poussières laissées sur sa trajectoire par la comète de Halley. En entrant dans l’atmosphère terrestre, elles peuvent filer à environ 66 kilomètres par seconde. Le phénomène se déroule sans danger au sol : les particules se consument bien au-dessus de la surface terrestre.
La constellation d’Orion sert de repère, car les traînées semblent venir de sa direction. Mais il ne faut pas fixer uniquement cette constellation. Les météores peuvent traverser une vaste portion du ciel. Le meilleur moment se situe généralement après minuit et jusqu’à l’aube, quand Orion est plus haut. Une chaise inclinable et un horizon dégagé rendent l’attente plus confortable.
En 2026, la Lune croissante éclairera une partie importante de la nuit autour du maximum. Sa lumière risque de réduire le nombre de météores faibles visibles. Les estimations de 10 à 20 météores par heure correspondent à des conditions idéales et ne garantissent pas un tel spectacle depuis chaque ville. Un site sombre, loin des lampadaires, améliore les chances. Les jumelles et le télescope ne sont pas utiles pour cette observation : ils rétrécissent le champ de vision.
Une fenêtre d’observation à adapter à chaque ville
Ces rendez-vous invitent à observer le ciel, mais une même consigne horaire ne convient pas à tout le continent. L’heure du lever des astres change selon la longitude et la latitude. Les nuages, la brume et la pollution lumineuse comptent aussi. Une carte céleste ou une application d’astronomie configurée sur sa localité permet de vérifier où chercher et à quel moment.
Des repères simples suffisent pour commencer : Saturne en soirée, les Pléiades à la fin octobre, puis le duo Mars-Jupiter avant l’aube à la mi-novembre. Les Orionides, elles, demanderont davantage de patience, surtout sous une Lune lumineuse. Ces phénomènes rappellent que l’observation astronomique n’est pas réservée aux observatoires : le ciel est accessible, à condition de tenir compte de son environnement et de la position des astres.
Les dates et repères astronomiques ont été recoupés avec les calendriers de la NASA pour octobre 2026, le calendrier des événements célestes de la NASA et les informations de la NASA sur les Orionides.