Sur l’axe qui relie Nairobi à Mombasa, la circulation des personnes et des marchandises fait vivre une partie essentielle de l’économie kényane. Mais les collisions meurtrières qui s’y répètent rappellent le coût humain d’un corridor où se croisent bus, poids lourds et véhicules particuliers.

Un nouvel accident sur un axe vital

Dimanche 25 octobre, un bus et un camion sont entrés en collision près de Mtito Andei, dans le comté de Makueni, sur la route Nairobi-Mombasa. Le bilan communiqué par la police et relayé par plusieurs médias faisait état d’au moins 24 morts. Des blessés ont été transportés à l’hôpital de Mtito Andei. Les premiers comptes rendus locaux n’affichaient pas tous le même bilan, qui a évolué au fil des prises en charge.

Les passagers du bus revenaient à Mombasa après des funérailles dans l’ouest du Kenya. Le révérend Spencier Mdave, survivant, a raconté que le camion aurait heurté le bus par l’arrière, avant que celui-ci ne se renverse. D’autres témoins ont évoqué une tentative de dépassement interrompue par un véhicule arrivant en sens inverse. Ces récits décrivent des circonstances possibles, mais l’enquête doit encore établir le déroulement exact de la collision.

Le président William Ruto a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et demandé l’inspection des véhicules de transport public. Il a également appelé les conducteurs à respecter le code de la route. L’Autorité nationale kényane de sécurité des transports, la NTSA, a, de son côté, qualifié la situation d’urgence et réclamé que les accidents routiers soient déclarés catastrophe nationale.

Une route déjà marquée par des drames

Ce choc survient moins d’un mois après une autre collision mortelle sur le même axe. Le 3 octobre, un accident impliquant plusieurs véhicules près de Salama avait fait 17 morts, selon les autorités citées par des médias kényans et internationaux. Deux drames rapprochés renforcent les inquiétudes sur la sécurité d’une route majeure, sans suffire à établir que leurs causes sont identiques.

La NTSA avance environ 20 000 accidents et plus de 5 000 décès par an au Kenya. Ces chiffres sont ceux de l’autorité et n’ont pas été confirmés ici par une série statistique indépendante comparable. Ils donnent néanmoins la mesure de l’enjeu que soulève l’agence : les accidents pèsent sur les familles, les services hospitaliers et les déplacements du quotidien.

Excès de vitesse, dépassements dangereux, état des véhicules et conditions routières sont régulièrement mentionnés parmi les facteurs de risque. Dans le cas de la collision du 25 octobre, aucune cause ne doit être présentée comme établie avant les conclusions de l’enquête. La NTSA a évoqué, à titre préliminaire, un possible dépassement inapproprié ; les témoignages disponibles ne remplacent pas les constats des enquêteurs.

Le coût humain d’un corridor économique

La route Nairobi-Mombasa est un passage essentiel entre la capitale, le port de Mombasa et l’intérieur du pays. Elle transporte voyageurs, produits et marchandises. Une fermeture ou un ralentissement après un accident affecte donc aussi les chauffeurs, les commerçants, les entreprises de transport et les ménages qui dépendent de ces échanges. Les conséquences ne se limitent pas aux grandes sociétés : les petits vendeurs et les travailleurs qui se déplacent entre les villes peuvent aussi perdre du temps et des revenus.

Les inspections annoncées par la présidence peuvent vérifier l’état des véhicules publics. Elles ne règlent pas, à elles seules, les autres problèmes possibles : comportements au volant, respect des temps de conduite, contrôle des dépassements ou sécurité des tronçons à risque. Pour les passagers, la prévention dépend aussi de la capacité des autorités à faire appliquer durablement les règles et à intervenir sur les points dangereux.

Le bilan humain rappelle également le rôle des services de secours et des hôpitaux situés le long de l’axe. Les blessés ont notamment été pris en charge à Mtito Andei. La rapidité de l’intervention et les moyens disponibles dans les localités éloignées des grands centres peuvent peser sur la prise en charge, même si les informations disponibles ne permettent pas ici d’évaluer les délais ni les capacités hospitalières mobilisées.

Une question qui dépasse les frontières kényanes

Le Kenya est membre de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), organisation régionale qui rassemble plusieurs pays d’Afrique de l’Est et facilite leur coopération. Les routes kényanes s’inscrivent dans des échanges qui dépassent les frontières nationales. La sécurité routière concerne ainsi les voyageurs et les transporteurs régionaux, même si cet accident s’est produit sur le territoire kényan.

Le précédent du 3 octobre et la collision du 25 octobre rendent particulièrement importantes les suites concrètes des annonces officielles : résultats de l’enquête, contrôles promis et éventuelles mesures sur les sections dangereuses. Le défi est national, mais il concerne aussi les corridors régionaux qui relient ports, villes et marchés. Pour les familles des victimes, l’urgence reste d’abord humaine ; pour les autorités, elle est aussi de transformer les alertes répétées en prévention vérifiable.

Les faits et bilans rapportés ont été recoupés à partir de comptes rendus de médias kényans et de l’agence Associated Press. Les chiffres annuels de la NTSA et les causes de l’accident restent attribués à leurs auteurs.