À Accra, la défaite n’a pas seulement fait perdre trois points au Ghana. Elle a aussi précipité la fin d’une mission déjà fragilisée. Deux jours après le revers 4-2 contre la Gambie, Carlos Queiroz et la Fédération ghanéenne de football ont mis fin à leur collaboration, le jeudi 1er octobre 2026.
Une rupture après deux défaites en qualifications
La décision intervient au terme d’un début de campagne très mal engagé pour les Black Stars. Le Ghana a d’abord perdu 2-0 contre la Côte d’Ivoire, avant de s’incliner 4-2 à domicile face à la Gambie, le mardi 29 septembre, au stade sportif d’Accra.
Cette seconde rencontre a laissé une impression particulièrement lourde. Le Ghana menait de deux buts avant de céder progressivement face aux Scorpions. La Confédération africaine de football a confirmé cette remontée gambienne et la place du Ghana sans point après deux journées dans le groupe C. Le compte rendu de la CAF sur la deuxième journée décrit l’un des résultats les plus marquants de cette fenêtre internationale.
Le classement reste toutefois lié au déroulement complet de la phase de groupes. La poule comprend également la Somalie, ainsi que la Côte d’Ivoire et la Gambie. Les résultats des prochaines journées seront donc déterminants pour mesurer les chances réelles du Ghana de rejoindre la Coupe d’Afrique des nations 2027, organisée conjointement par le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda.
La Fédération ghanéenne a annoncé une séparation « d’un commun accord ». Dans son communiqué, elle a remercié Carlos Queiroz pour son travail depuis sa prise de fonction et pour sa contribution à la préparation de la Coupe du monde 2026. Le communiqué officiel de la GFA ne précise pas encore le nom du prochain sélectionneur ni le calendrier de sa nomination.
Un passage bref, marqué par l’instabilité
Le départ du technicien portugais clôt une séquence de quelques mois. Carlos Queiroz avait été engagé au printemps pour accompagner les Black Stars dans la perspective de la Coupe du monde 2026. Son premier mandat devait prendre fin après le tournoi, avant une nouvelle prolongation annoncée le 2 septembre.
Cette reconduction n’aura donc duré que quelques semaines. Elle devait ouvrir une nouvelle étape autour des qualifications pour la CAN 2027. Pourtant, les deux défaites de septembre ont rapidement relancé les critiques sur les choix tactiques, la cohérence du projet et la capacité de l’équipe à conserver un avantage au score.
Les chiffres disponibles illustrent cette fragilité. Sur sept rencontres dirigées à la tête du Ghana, Queiroz quitte son poste avec une victoire, deux matches nuls et quatre défaites. Les Black Stars ont inscrit cinq buts et en ont encaissé dix. Ces données ne résument pas à elles seules le travail d’un sélectionneur. Elles expliquent cependant la pression devenue difficile à contenir après le revers contre la Gambie.
Avant la rupture, l’entraîneur avait reconnu sa part de responsabilité. Dans une déclaration rapportée par la Ghana News Agency, il a assumé le poids de la défaite tout en estimant qu’un simple changement de technicien ne réglerait pas automatiquement les difficultés du football ghanéen. La déclaration rapportée par la Ghana News Agency souligne ainsi une question plus large que celle du banc de touche.
La GFA face à un problème de continuité
Pour la Fédération ghanéenne, l’urgence consiste désormais à éviter une nouvelle période de flottement. Le pays a connu plusieurs changements à la tête de sa sélection ces dernières années. Chaque transition impose de nouveaux choix de joueurs, une autre organisation technique et un temps d’adaptation réduit.
Cette instabilité touche d’abord les joueurs appelés en sélection. Elle complique la construction d’automatismes, surtout lorsque les rassemblements internationaux ne durent que quelques jours. Elle pèse aussi sur les jeunes éléments, qui ont besoin d’un cadre stable pour s’imposer aux côtés des cadres des Black Stars.
Le débat dépasse donc la seule personne de Carlos Queiroz. La fédération devra clarifier le rôle du prochain entraîneur, la durée de son contrat et les objectifs qui lui seront fixés. Elle devra aussi expliquer comment seront articulées la formation, la détection des talents et la préparation de la sélection A.
Les critiques apparues au Ghana après la défaite contre la Gambie témoignent de cette attente. La Ghana News Agency a rapporté les appels de plusieurs journalistes sportifs et commentateurs en faveur de changements dans l’encadrement technique. Les réactions recueillies par la GNA montrent que la contestation porte autant sur les résultats que sur la direction générale du projet national.
Un enjeu pour le Ghana et pour l’Afrique de l’Ouest
Le Ghana reste l’une des grandes nations historiques du football africain. Pourtant, son absence de la CAN 2025 a déjà marqué un recul important pour une sélection quatre fois championne d’Afrique. Une nouvelle non-qualification en 2027 aurait des conséquences sportives et institutionnelles plus lourdes.
Dans le groupe C, la Côte d’Ivoire et la Gambie ont pris un avantage précieux dès les deux premières journées. La Somalie conserve aussi un rôle important dans l’équilibre de la poule. Le Ghana devra donc reconstruire rapidement une équipe capable de prendre des points à l’extérieur comme à domicile.
Cette situation s’inscrit dans un contexte ouest-africain plus disputé. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, réunit des fédérations confrontées à des écarts de moyens, mais aussi à une concurrence sportive croissante. La progression de sélections comme la Gambie rappelle que le prestige historique ne garantit plus un résultat.
La prochaine étape sera la désignation du successeur de Queiroz et la préparation des prochaines journées de qualification. Pour le Ghana, il ne s’agit plus seulement de tourner une page. Il faut désormais stabiliser un projet, restaurer la confiance et préserver les chances des Black Stars dans une campagne qui vient à peine de commencer.