À Treichville, un équipement destiné aux jeunes pourrait bientôt réunir formation, sport, culture et accompagnement. En Côte d’Ivoire, la question dépasse le financement d’un bâtiment : elle porte aussi sur les espaces et les services accessibles aux jeunes dans une métropole en forte croissance.
La Fondation Children of Africa consacre son 10ᵉ dîner de gala à ce projet. La soirée est prévue ce vendredi 9 octobre 2026 au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire. Les fonds recherchés doivent financer la future Maison de la Jeunesse de Treichville. À ce stade, aucun montant effectivement recueilli lors du gala n’est établi par les informations disponibles.
Un projet ancré dans les quartiers d’Abidjan
Le choix de Treichville place le projet au cœur du district d’Abidjan, capitale économique ivoirienne. La capitale politique et administrative du pays reste Yamoussoukro. Selon les plans présentés par la Fondation, la Maison serait construite sur un terrain de 1,6 hectare, en bordure de lagune, près du pont Charles-de-Gaulle.
L’équipement est conçu comme un lieu polyvalent. Les espaces annoncés comprennent des salles d’étude et des ateliers culturels, ainsi que des activités sportives et des services d’encadrement. L’objectif affiché est de proposer aux jeunes un cadre pour apprendre, créer et développer des compétences. Il s’agit toutefois d’un projet à réaliser : son annonce ne permet pas encore d’évaluer les modalités d’accès, les tarifs éventuels, le calendrier des travaux ni le nombre de bénéficiaires.
Les préparatifs du gala ont été lancés en juillet par la Fondation, présidée par la Première dame Dominique Ouattara. Sa directrice, Nadine Sangaré, a présenté la jeunesse comme un nouvel axe d’intervention, après les actions menées dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la protection sociale. Le média ivoirien Ivoire.ci a également rapporté que le gala devait soutenir la construction de la Maison à Treichville.
Des galas associés à des équipements sociaux
Depuis 2012, les dîners de gala de la Fondation ont été associés à plusieurs projets ivoiriens. La liste communiquée par l’organisation comprend l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville, des centres d’accueil pour enfants, un groupe scolaire à Abobo et un centre d’accueil pour femmes victimes de violences à Adiaké. Le gala de 2024, selon la Fondation et Ivoire.ci, a contribué au financement d’une extension de cardiologie pédiatrique à Bingerville. L’organisation indiquait que son inauguration était prévue en 2026 ; les informations consultées ne permettent pas de confirmer qu’elle a déjà eu lieu.
La Fondation décrit l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville comme un établissement à but non lucratif, inauguré en 2018, doté de 130 lits et places. Ces éléments figurent sur la présentation de l’hôpital par Children of Africa. Ils donnent une mesure concrète de l’ampleur des projets précédents, sans suffire à établir leur coût réel pour les familles, leur fréquentation ou leurs résultats sanitaires.
La même prudence vaut pour les structures d’accueil et de soins évoquées dans la présentation générale des activités de la Fondation. Le contenu disponible ne démontre pas que tous les services sont gratuits. Il convient donc de distinguer l’existence d’équipements à vocation sociale de leurs conditions précises d’accès, qui varient selon les structures et les prestations.
La mobilisation privée ne remplace pas le service public
Un gala peut réunir entreprises, mécènes et donateurs autour d’un chantier. Mais la construction ne représente qu’une étape. Pour qu’une maison de jeunesse réponde durablement aux besoins, il faudra aussi préciser qui assurera sa gestion, comment son fonctionnement sera financé et avec quels établissements scolaires, associations ou services publics elle travaillera.
Ces questions comptent particulièrement dans une grande ville où les besoins et les possibilités ne sont pas répartis de manière égale. Les jeunes vivant près du site pourraient y accéder plus facilement que ceux des communes périphériques ou des zones rurales. Les horaires, les coûts de transport et les frais éventuels détermineront aussi si les activités servent une population diverse ou surtout les personnes déjà proches des réseaux institutionnels.
Le projet s’inscrit dans un contexte où les politiques en faveur de la jeunesse mobilisent plusieurs niveaux de décision : l’État, les collectivités, les associations et les acteurs économiques. Une initiative philanthropique peut compléter l’action publique, mais elle ne remplace ni une politique nationale de formation ni des services accessibles dans l’ensemble du pays. La transparence sur les financements recueillis et les dépenses futures sera donc importante pour apprécier la portée du projet.
Un enjeu ivoirien qui résonne en Afrique de l’Ouest
La Côte d’Ivoire fait partie de la CEDEAO, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, qui rassemble des pays confrontés à des enjeux communs de formation, d’emploi et de mobilité des jeunes. La Maison de Treichville ne constitue pas, en elle-même, un programme régional. Elle illustre toutefois la place croissante accordée aux espaces d’apprentissage et d’accompagnement dans les réponses locales aux attentes de la jeunesse.
Le suivi devra porter sur des éléments vérifiables : le montant effectivement collecté le 9 octobre, le calendrier de construction, les partenariats annoncés et les conditions d’accès une fois l’équipement ouvert. Pour les habitants, l’indicateur décisif ne sera pas seulement l’architecture du site, mais la régularité des activités et leur accessibilité au-delà du centre d’Abidjan.
Les réalisations passées de la Fondation donnent un précédent à cette collecte, mais chaque équipement soulève ses propres exigences de fonctionnement. La prochaine étape sera donc de transformer la mobilisation financière en services durables, avec des résultats mesurables pour les jeunes de Treichville et, si les moyens le permettent, des quartiers voisins.