À Bouaké, la Côte d’Ivoire a lancé sa campagne vers la CAN 2027 avec un signal fort. Les Éléphants ont battu le Ghana 2-0, jeudi 24 septembre 2026, au terme d’un match maîtrisé et marqué par l’entrée réussie de Malick Yalcouyé en sélection.
Un premier test ouest-africain remporté à Bouaké
Cette affiche opposait deux poids lourds de l’Afrique de l’Ouest. Elle ouvrait le groupe C des éliminatoires, où figurent aussi la Gambie et la Somalie. La rencontre avait donc une valeur particulière : dans une poule courte, chaque point pèse lourd dès la première journée.
La Confédération africaine de football a programmé la phase de groupes entre septembre 2026 et mars 2027. La CAN 2027 se déroulera ensuite au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, du 19 juin au 17 juillet 2027. Cette édition sera la première organisée en Afrique de l’Est depuis 1976.
Pour les sélections ouest-africaines, le calendrier impose une entrée rapide dans la compétition. La Côte d’Ivoire recevait le Ghana à Bouaké, tandis que la Gambie affrontait la Somalie dans l’autre match du groupe. Le moindre faux pas pouvait déjà compliquer la course aux deux premières places.
Yalcouyé ouvre une nouvelle séquence
Le principal enseignement de la soirée tient au choix d’Hervé Renard de lancer Malick Yalcouyé dès le coup d’envoi. Le milieu de 20 ans honorait sa première sélection avec l’équipe A. Il a immédiatement répondu par une prestation décisive.
La Côte d’Ivoire a longtemps buté sur un bloc ghanéen compact. Les mouvements de Simon Adingra et de Nicolas Pépé ont toutefois créé plusieurs décalages sur les côtés. Dans l’axe, l’activité ivoirienne a progressivement éloigné la défense adverse de sa surface.
Le déblocage est intervenu à la 44e minute. Yalcouyé a pris sa chance à l’entrée de la surface, sur une frappe puissante qui a trompé Lawrence Ati-Zigi. Ce but a récompensé la pression ivoirienne juste avant la pause. Il a surtout offert au nouveau sélectionneur un premier repère dans la construction de son équipe.
Après la reprise, le jeune milieu a encore pesé sur la rencontre. Moins de dix minutes après le retour des vestiaires, il a obtenu un penalty. Franck Kessié l’a transformé à la 58e minute. Avec ce deuxième but, les Éléphants ont installé une marge suffisante pour gérer la fin du match.
Le Ghana a tenté de réagir. Sa meilleure occasion est venue de Caleb Yirenkyi à la 76e minute. Yahia Fofana a repoussé sa frappe à bout portant. Cette intervention a empêché les Black Stars de relancer une rencontre qui leur échappait depuis plusieurs minutes.
Renard retrouve les Éléphants dans un autre contexte
Cette victoire marque aussi le retour d’Hervé Renard sur le banc ivoirien. Le technicien français avait conduit la Côte d’Ivoire au titre continental en 2015. Onze ans plus tard, il revient avec une mission différente : préparer un nouveau cycle après le départ d’Émerse Faé.
Le changement intervient après une période riche pour la sélection ivoirienne. Les Éléphants ont remporté la CAN organisée à domicile en 2024. Ils ont ensuite abordé la Coupe du monde 2026 avec une équipe renouvelée et plusieurs joueurs installés dans les grands championnats européens.
Renard doit désormais maintenir la compétitivité du groupe tout en intégrant de nouveaux profils. La convocation de huit nouveaux joueurs illustre cette volonté. Yalcouyé en est le symbole le plus visible, mais il n’est pas le seul élément appelé à prendre une place dans la sélection.
Le succès contre le Ghana ne règle pas toutes les questions. La Côte d’Ivoire a parfois manqué de précision dans le dernier geste avant l’ouverture du score. Elle devra aussi confirmer sa solidité lorsque ses adversaires disposeront de davantage d’espaces et prendront plus de risques.
Un avantage comptable, pas encore une qualification
Avec trois points et une différence de buts de plus deux, la Côte d’Ivoire prend provisoirement la tête du groupe C. Ce classement reste toutefois précaire. La compétition ne fait que commencer et la deuxième journée arrive rapidement.
Le mardi 29 septembre 2026, les Ivoiriens affronteront la Somalie. Dans le même temps, le Ghana recevra la Gambie. Ces deux rencontres permettront de mesurer la valeur du premier résultat et de préciser les rapports de force dans la poule.
Pour les joueurs ivoiriens, le déplacement ou le match à l’extérieur contre la Somalie posera un autre type de problème. Il faudra conserver la maîtrise technique, gérer les conditions de jeu et éviter toute déconcentration après une victoire obtenue face à un adversaire mieux classé sur le papier.
Le Ghana, de son côté, se retrouve déjà sous pression. Les Black Stars ont manqué de tranchant dans les trente derniers mètres. Leur réaction contre la Gambie sera déterminante pour éviter qu’une défaite initiale ne transforme la deuxième journée en match couperet.
La bataille régionale commence à peine
Dans l’espace CEDEAO, la rivalité sportive entre la Côte d’Ivoire, le Ghana et la Gambie dépasse les seuls résultats. La région dispose de plusieurs sélections capables de rivaliser dans les compétitions continentales. Les qualifications deviennent donc un révélateur du renouvellement des générations.
La Côte d’Ivoire possède un avantage important : elle a conservé une base issue de son récent titre continental. Elle doit maintenant construire une équipe capable de durer. L’arrivée de Yalcouyé peut répondre à cette exigence, à condition que le jeune milieu confirme sur plusieurs matches.
La prochaine échéance donnera une première indication. Une victoire contre la Somalie placerait les Éléphants dans une position confortable avant les journées de novembre. Mais le calendrier restera long, et la Gambie comme le Ghana peuvent encore modifier l’équilibre du groupe.
À Bouaké, la Côte d’Ivoire a donc obtenu plus qu’un succès inaugural. Elle a lancé une transition avec un résultat concret, donné du temps de jeu à un nouveau talent et installé Hervé Renard dans son deuxième mandat. La suite dira si cette soirée constitue le début d’un cycle solide ou seulement une bonne entrée en matière.