Le volley-ball masculin africain n’a pas connu le derby Maroc-Algérie annoncé dans la matière initiale. En septembre 2021, le véritable enjeu du dernier carré continental s’est joué à Kigali, entre le Maroc, le Cameroun, la Tunisie et l’Égypte. Pour les sélections nord-africaines, cette édition a surtout confirmé une hiérarchie sportive en mouvement, avec un Maroc compétitif et une Algérie absente du dernier carré.

Un tournoi disputé à Kigali, et non à Tunis

La 23e édition du Championnat d’Afrique masculin de volleyball s’est tenue du 7 au 14 septembre 2021 à Kigali, au Rwanda. La Confédération africaine de volleyball, la CAVB, organise cette compétition biennale qui réunit les meilleures sélections nationales du continent.

La référence à Tunis renvoie probablement à l’édition précédente. En 2019, la Tunisie avait accueilli le tournoi et remporté la finale face au Cameroun. Deux ans plus tard, la compétition a donc changé de cadre. Elle s’est installée dans la capitale rwandaise, avec une participation élargie à plusieurs équipes d’Afrique du Nord, d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Est.

Cette précision géographique n’est pas secondaire. Elle permet de comprendre le parcours des équipes et d’éviter de confondre deux éditions différentes du championnat continental. Les résultats disponibles auprès de la Fédération internationale de volleyball et des comptes rendus africains convergent sur ce calendrier.

Le Maroc tombe au bout de cinq sets face au Cameroun

Le Maroc a atteint les demi-finales après un parcours solide. En quarts de finale, les Lions de l’Atlas ont éliminé le Rwanda, pays hôte, sur le score de 3 sets à 0. Cette victoire leur a permis d’accéder au dernier carré, où les attendait le Cameroun.

La demi-finale a longtemps échappé à toute logique simple. Le Maroc a remporté le premier set 25-15. Le Cameroun a immédiatement réagi dans la deuxième manche, gagnée 25-22. Les Marocains ont ensuite repris l’avantage avec un troisième set remporté 25-21.

La sélection camerounaise a toutefois mieux négocié la fin de rencontre. Elle a égalisé grâce à un quatrième set gagné 25-17, avant de s’imposer dans la manche décisive, 15-13. Le Cameroun a ainsi remporté le match 3-2 et décroché sa place en finale.

Pour le Maroc, cette défaite a constitué une occasion manquée, mais elle a aussi confirmé la progression de l’équipe. La sélection a affiché une capacité à rivaliser avec une formation camerounaise habituée aux podiums africains. Sa quatrième place finale ne résume donc pas l’ensemble de son tournoi.

L’Égypte conserve son rang face au Maroc

Le Maroc a ensuite disputé le match pour la troisième place contre l’Égypte. Les Pharaons avaient perdu leur demi-finale face à la Tunisie, sur le score de 3-1. Ils restaient néanmoins l’une des références historiques du volleyball africain.

Le duel pour le bronze a commencé à l’avantage du Maroc. Les Lions de l’Atlas ont remporté le premier set 25-23. L’Égypte a égalisé dans une deuxième manche très disputée, gagnée 28-26. À partir de ce moment, les Pharaons ont pris le contrôle de la rencontre.

L’Égypte a remporté les deux sets suivants, 25-21 puis 25-18. Elle s’est donc imposée 3-1 et a obtenu la médaille de bronze. Le Maroc a terminé quatrième, après avoir poussé deux adversaires majeurs dans des matches particulièrement serrés.

Le résultat a également confirmé la profondeur du volley-ball égyptien. L’Égypte comptait alors 17 médailles dans l’histoire du championnat continental, dont huit titres, six médailles d’argent et trois de bronze, selon le bilan publié par la Société nationale de radiodiffusion et de télévision du Maroc.

La Tunisie confirme son leadership continental

La finale a opposé la Tunisie au Cameroun. Les Aigles de Carthage ont remporté le premier set 16-25, avant de renverser la rencontre. Ils ont gagné les trois manches suivantes 25-21, 25-21 et 25-16.

Cette victoire 3-1 a offert à la Tunisie son 11e titre continental. Elle a également prolongé une série commencée en 2017. La sélection tunisienne a remporté trois éditions consécutives, en 2017, 2019 et 2021.

Le Cameroun a une nouvelle fois atteint la finale sans parvenir à prendre le titre. Cette régularité illustre le duel qui structurait alors le sommet du volleyball africain. La Tunisie disposait d’une expérience importante, tandis que le Cameroun s’appuyait sur une équipe capable de rivaliser physiquement et tactiquement.

Les deux finalistes ont obtenu leur qualification pour le Championnat du monde 2022, prévu en Russie. Contrairement à l’affirmation contenue dans la matière initiale, le tournoi de 2021 ne distribuait donc pas trois billets pour un Mondial organisé en Pologne en 2027.

Ce que cette édition dit du volley-ball africain

Le classement final a mis en évidence plusieurs dynamiques régionales. La Tunisie et l’Égypte ont confirmé le poids du Maghreb et de la vallée du Nil dans la discipline. Le Cameroun a maintenu la présence de l’Afrique centrale au plus haut niveau. Le Maroc, lui, a montré qu’il pouvait s’approcher du podium continental.

Cette configuration ne signifie pas que les écarts sont définitivement établis. Un match en cinq sets peut basculer sur quelques services, une réception moins précise ou une série de contres. Le Maroc l’a démontré contre le Cameroun, avant de céder dans le tie-break.

Pour les fédérations nationales, l’enjeu dépasse le résultat d’une seule édition. La régularité dans les compétitions de la CAVB permet d’accumuler de l’expérience, d’identifier les jeunes joueurs et de renforcer les championnats locaux. Elle conditionne aussi la capacité à rivaliser avec les sélections qui disposent d’un calendrier international plus dense.

L’édition de Kigali a finalement consacré la Tunisie, récompensé la constance du Cameroun et placé l’Égypte sur le podium. Elle a aussi offert au Maroc une référence utile pour la suite. Quant à l’Algérie, elle ne figurait pas dans le match pour le bronze : le derby maghrébin annoncé à Tunis ne correspondait pas aux résultats réels du Championnat d’Afrique 2021.