Les difficultés économiques en Égypte mettent la population à rude épreuve, malgré les mesures prises pour éviter la faillite du pays.
Une crise économique profonde et persistante
La situation économique en Égypte est critique, avec des conséquences directes sur la vie quotidienne des Égyptiens. Déjà confrontée à un taux de pauvreté élevé, la population se retrouve davantage fragilisée par les récentes mesures d’urgence prises pour sauver l’économie nationale. Même avec deux salaires minimum, soit environ 10 000 livres par mois, il devient difficile pour les familles de subvenir à leurs besoins de base, notamment en cette période de festivités du ramadan.
Les piliers économiques traditionnels fragilisés
La crise économique en Égypte est le résultat de problèmes structurels persistants. Ces dernières années, l’endettement du pays n’a cessé d’augmenter, tandis que l’inflation reste élevée, ne descendant pas en dessous de 35%. Les trois sources historiques de revenus pour le pays – le canal de Suez, le tourisme et les envois d’argent de la diaspora – ont été gravement affectées. En effet, le secteur du tourisme a été durement touché par la crise du Covid et la guerre en Ukraine, avec une chute drastique du nombre de visiteurs étrangers, notamment ukrainiens et russes. De plus, les recettes de l’État provenant du canal de Suez ont chuté de 50% depuis le début de l’année en raison des attaques en mer Rouge menées par les houthies.
Le rêve de « Sissi City » face à la réalité économique
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi faisait de la construction de « Sissi City », une nouvelle capitale administrative dans le désert à l’est du Caire, un projet prioritaire et ambitieux. Cependant, alors que le coût estimé de ce projet pharaonique atteint les 53 milliards d’euros et ne cesse d’augmenter, la situation financière du pays rend cette entreprise controversée. Malgré les critiques, le président défendait ardemment son projet, affirmant que le progrès du pays devait primer sur d’autres besoins essentiels comme l’eau et la nourriture.
Une forteresse dans le désert pour se protéger
Face à une possible faillite économique et à des risques de révoltes sociales, le choix de construire une nouvelle capitale dans le désert peut sembler étonnant. Cependant, selon l’analyse du politologue Maged Mandour, cette décision permettrait au président al-Sissi de se distancer du peuple et de protéger le pouvoir central en cas de troubles. En effet, en s’éloignant du Caire, le président pourrait mieux contrôler et réprimer toute révolte potentielle sans mettre en péril le pouvoir en place. Ainsi, la course contre la montre pour achever « Sissi City » s’intensifie, alors que la menace d’une révolte sociale semble de plus en plus imminente.