Des manifestations contre le report des élections ont eu lieu dimanche à Dakar, la capitale du Sénégal. Les protestations ont été suivies d’arrestations et de tirs de gaz lacrymogènes par la police sur les partisans de l’opposition. Les leaders de l’opposition et les candidats à l’élection présidentielle ont rejeté la décision du président Macky Sall de reporter les élections du 25 février. Les manifestants ont répondu à l’appel de l’opposition à défendre la démocratie en dépit des appels au dialogue de la CEDEAO, le bloc régional de l’Afrique de l’Ouest.
Des arrestations et des tirs de gaz lacrymogènes
La police a procédé à des arrestations lors des manifestations qui ont eu lieu dans la capitale. Parmi les personnes arrêtées figurent l’ancienne Première ministre Aminata Touré et Anta Babacar Ngom, un candidat à l’élection présidentielle. Les forces de sécurité ont également utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Par ailleurs, le gouvernement a coupé le signal de la chaîne de télévision privée Walf, qui retransmettait les manifestations en direct. Cette action a été condamnée par le Comité mondial pour la protection des journalistes, qui demande aux autorités sénégalaises de permettre aux journalistes de travailler librement.
Une crise politique qui met à l’épreuve la démocratie du Sénégal
Les analystes estiment que la crise politique actuelle met à l’épreuve l’une des démocraties les plus stables d’Afrique. Le Sénégal, qui a connu des affrontements violents entre partisans de l’opposition et disqualifications de dirigeants de l’opposition, est confronté à une montée des tensions politiques. Plusieurs personnalités de l’opposition ont rejeté la décision du président Sall de reporter les élections, invoquant un différend entre le pouvoir judiciaire et le Parlement sur la liste définitive des candidats. Malgré cela, au moins deux des 20 candidats ont annoncé qu’ils poursuivraient leur campagne électorale.
Le report des élections et les revendications de l’opposition
Le président Sall a justifié le report des élections en abrogeant un décret qui avait enclenché le processus électoral. Il a invoqué un différend entre le pouvoir judiciaire et les législateurs fédéraux concernant la disqualification de certains candidats et leur double nationalité présumée. Cependant, les leaders de l’opposition ont fait valoir que le président n’avait pas le pouvoir de retarder le scrutin. Selon la Constitution sénégalaise, le Conseil constitutionnel, la plus haute autorité électorale du pays, peut reporter les élections dans certaines circonstances, mais cela ne semble pas être le cas ici.
La crise politique actuelle au Sénégal intervient au moment où la région connaît une recrudescence de coups d’État. Les États-Unis ont souligné la forte tradition de démocratie et de transition pacifique du pouvoir du Sénégal, tout en exhortant toutes les parties à s’engager pacifiquement et à fixer rapidement une nouvelle date pour les élections.







