L’armée rwandaise a annoncé avoir tué un soldat congolais qui aurait franchi la frontière et ouvert le feu sur des patrouilles rwandaises, déclenchant ainsi les tensions transfrontalières entre les deux pays voisins. Deux autres soldats congolais ont été arrêtés lors de l’incident qui s’est produit dans le village d’Isangano, à proximité de la ville congolaise de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Selon un agriculteur local, les soldats congolais semblaient avoir franchi la frontière rwandaise sans le vouloir, car les marques frontalières sont difficiles à repérer.
L’armée congolaise a déclaré, de son côté, que ses soldats étaient en patrouille et qu’ils ont involontairement traversé le territoire rwandais, ce qui est une situation fréquente. Toutefois, cette fois-ci, ils ont été pris pour cible plutôt que rapatriés. L’incident a coïncidé avec la rencontre entre le président rwandais Paul Kagame et le secrétaire d’État américain Antony Blinken lors du Forum économique mondial de Davos, au cours de laquelle ils ont discuté de moyens pour apaiser les tensions dans l’est de la RDC.
Le gouvernement congolais accuse depuis plusieurs mois le Rwanda de soutenir le groupe rebelle armé M23, actif dans l’est de la RDC et responsable du déplacement de centaines de milliers de personnes. Le Rwanda a systématiquement nié ces accusations. En mars de l’année dernière, l’armée rwandaise avait déjà abattu un soldat congolais qui aurait franchi la frontière et tiré sur des soldats rwandais dans le district de Rubavu. Cela avait entraîné des échanges de tirs entre les deux camps, sans autres victimes à signaler selon les forces de défense rwandaises.
Les relations entre le Rwanda et la RDC sont tendues depuis des décennies. Le Rwanda accuse le Congo d’avoir donné refuge aux Hutus responsables du génocide rwandais de 1994, qui a coûté la vie à au moins 800 000 Tutsis et Hutus modérés. À la fin des années 1990, le Rwanda a envoyé à deux reprises ses forces en RDC, et celles-ci ont été accusées d’avoir traqué et tué des membres de l’ethnie hutu, y compris des civils. Cette accusation est niée par le Rwanda.







