La sécheresse au Maroc a eu des répercussions désastreuses sur les récoltes de céréales cette année, mettant en péril l’avenir de l’agriculture céréalière du pays. Les agriculteurs sont confrontés à des défis sans précédent en raison du changement climatique et de la diminution des précipitations, ce qui les rend de plus en plus dépendants des importations.
Impact de la sécheresse sur les agriculteurs marocains
La province de Kénitra, par exemple, a subi des conditions sévères de pénurie d’eau, forçant de nombreux agriculteurs à renoncer à cultiver leurs terres. Même dans les régions où la culture du blé est maintenue, les rendements ont chuté de manière significative. Des agriculteurs témoignent que les récoltes sont nettement inférieures à celles des années précédentes en raison de la sécheresse persistante.
- Autrefois, un hectare de terre pouvait produire jusqu’à 60 sacs de blé. Actuellement, les agriculteurs se contentent de 10 sacs seulement, illustrant la gravité de la situation.
- Les agriculteurs doivent faire face à des facteurs climatiques imprévisibles, avec des pluies tardives et des variations extrêmes de températures nuisibles à la croissance des cultures.
Le rôle du changement climatique dans la crise agricole
Les experts pointent du doigt le changement climatique comme étant le principal responsable de la crise agricole au Maroc. Les effets dévastateurs des sécheresses récurrentes et des variations climatiques compromettent la capacité du pays à produire suffisamment de céréales pour sa population.
- Abdelkrim Naaman, président de l’ONG Nalsiya, souligne que le changement climatique a réduit de manière significative les terres cultivables au Maroc, passant de 5 millions à seulement 2,7 millions d’hectares cette année en raison des conditions météorologiques défavorables.
- Rachid Benali de la COMADER insiste sur le fait que le changement climatique, avec ses températures extrêmes et ses événements météorologiques inhabituels, représente une menace plus grande que la sécheresse traditionnelle pour l’agriculture marocaine.
Cette année, le Maroc connaît une importante baisse de sa production céréalière, avec des estimations de récolte de blé de seulement 31,2 millions de quintaux, soit une chute de 43% par rapport à l’année précédente. La superficie cultivée en céréales majeures a également diminué de façon alarmante, passant de 3,67 à 2,47 millions d’hectares, ce qui impactera négativement l’économie du pays.
Implications économiques et perspectives d’avenir
Avec une chute de la production locale, le Maroc se retrouve à devoir importer davantage de céréales pour répondre à la demande nationale. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture classe le Maroc parmi les principaux importateurs mondiaux de blé, avec des prévisions indiquant une augmentation des importations de céréales dans les années à venir.
- En 2024, les importations pourraient augmenter de 19% pour atteindre 7,5 millions de tonnes, ce qui souligne la dépendance croissante du pays vis-à-vis des marchés internationaux.
- Les chiffres de la FNCL montrent que le Maroc a déjà intensifié ses importations de blé au premier semestre de cette année, se tournant notamment vers des pays comme la France, l’Allemagne, la Russie et l’Ukraine pour répondre à ses besoins en céréales.
Face à cette crise agricole majeure, le Maroc doit prendre des mesures urgentes pour atténuer les effets du changement climatique sur son secteur agricole et sécuriser son approvisionnement alimentaire à long terme.







