La nomination de Marie-Madeleine Mborantsuo aux fonctions de « président honoraire de la Cour constitutionnelle » continue de susciter l’indignation au Gabon. Mborantsuo, ancienne présidente de la Cour constitutionnelle et proche de l’ancien président Bongo, a dû quitter son poste au lendemain du coup d’État d’août 2023. Son retour à un poste de haut rang a provoqué une vague de réactions sur les réseaux sociaux.
Une nomination critiquée
La nomination de Mborantsuo en tant que présidente honoraire de la Cour constitutionnelle a été vivement critiquée par les Gabonais. De nombreux citoyens estiment que cette décision est une tentative de légitimer et de blanchir les actions de l’ancienne présidente de la Cour constitutionnelle, malgré son rôle controversé pendant le régime de Bongo.
Certains dénoncent également le fait que cette nomination va à l’encontre de l’idée d’une transition démocratique et encourage l’impunité. Ils estiment que les dirigeants actuels doivent prendre des mesures pour garantir la justice et la transparence, et non pour protéger ceux qui sont accusés de corruption ou d’abus de pouvoir.
Une figure controversée
Mborantsuo a été nommée pour la première fois présidente de la Cour constitutionnelle lors de la création de l’institution en 1991. Pendant ses plus de 30 ans à la tête de la Cour suprême, elle a été critiquée pour son manque d’indépendance par rapport au pouvoir exécutif et son rôle dans le maintien du régime en place.
De nombreuses accusations de fraude électorale et de manipulation de la justice ont été portées contre Mborantsuo au cours des années. Certains Gabonais estiment qu’elle a joué un rôle clé dans le maintien au pouvoir de l’ancien président Bongo et son entourage, malgré les allégations de corruption et de violation des droits de l’homme.
En raison de ces accusations, la nomination de Mborantsuo comme présidente honoraire de la Cour constitutionnelle est perçue comme une provocation par de nombreux Gabonais qui exigent la justice et l’égalité devant la loi.
Défense de la nomination
Le porte-parole de la présidence gabonaise a pris la parole à la télévision nationale pour défendre la nomination de Mborantsuo. Il a souligné que cette décision avait été approuvée par le chef du coup d’État, le général Brice Oligui Ngema, et qu’elle était conforme aux procédures juridiques en place.
Le porte-parole a également rappelé que Mborantsuo avait déjà occupé ce poste par le passé et qu’il était courant pour les anciens présidents de la Cour constitutionnelle de recevoir des titres honorifiques après leur départ à la retraite. Selon lui, la nomination de Mborantsuo n’indique en aucun cas un soutien ou une validation de ses actions passées.
Opinions divergentes
Malgré la défense du gouvernement, les opinions restent divergentes au sein de la population. Certains voient cette nomination comme un retour en arrière, une tentative de maintenir les anciennes structures du régime et de protéger ceux qui ont été accusés de malversations.
D’autres estiment que cette nomination est une décision politique calculée visant à apaiser les tensions et à éviter un conflit ouvert avec le pouvoir judiciaire. Ils soutiennent que l’équilibre politique et la stabilité sont essentiels pour le pays et que cette nomination peut contribuer à maintenir une certaine unité.
Quelle que soit leur opinion, de nombreux Gabonais sont d’accord sur le fait que des efforts supplémentaires doivent être faits pour renforcer l’indépendance et l’impartialité du système judiciaire afin de garantir une véritable démocratie et de lutter contre la corruption.
En conclusion, la nomination de Marie-Madeleine Mborantsuo comme présidente honoraire de la Cour constitutionnelle continue de susciter l’indignation et la controverse au Gabon. Les citoyens gabonais attendent des mesures concrètes pour renforcer la transparence et la justice, dans le but de garantir une transition démocratique solide et d’assurer l’égalité devant la loi.