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Rénovation d’une pyramide de Gizeh : un projet controversé divise les spécialistes

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Tout est parti d’une vidéo tournée sur site et publiée vendredi 26 janvier. On y voit le très médiatique patron des Antiquités égyptiennes, Mostafa Waziri, devant la pyramide de Mykérinos, la moins haute des trois pyramides du plateau de Gizeh. Autour de lui des ouvriers sont en train d’installer un parement de blocs de granit. Cinq rangées sont déjà posées.

Mostafa Waziri raconte qu’il y a près de 5000 ans, la pyramide construite en blocs de calcaire, était partiellement recouverte à sa base de pierres granitiques rouges, 16 ou 17 rangées au total, qui depuis ont bien sûr disparu. Le projet dont il a la charge (en coopération avec le Japon), vise à rendre à Mykérinos son aspect d’origine. Trois ans de travaux sont prévus et au bout, dit-il, « un cadeau de l’Égypte au monde du XXIe siècle ».

Mais cette rénovation suscite beaucoup d’incompréhension, ainsi que des moqueries : « Plutôt que du carrelage, on pourrait poser du papier peint », ironise un internaute. Un autre se demande si, selon ce principe, on ne cherchera pas demain « à redresser la tour de Pise ».

Opposition des égyptologues

Les égyptologues, eux, n’ont pas du tout envie de rire. Ils dénoncent une transformation à la « Disneyland », destinée à attirer les touristes et leurs selfies. « Tous les principes internationaux sur les rénovations interdisent de telles interventions », explique l’archéologue reconnue Monica Hanna, qui se demande quand cessera l’absurdité dans la gestion du patrimoine égyptien. Régulièrement, ce sujet suscite en effet d’intenses débats.

En Égypte, le tourisme représente 10% du PIB. La préservation du patrimoine, qui est gérée par l’État, s’attache moins à protéger l’histoire de la civilisation qu’à la rentabiliser. Depuis 2020, dans le centre historique du Caire, des tombes de la Cité des morts ont été rasées pour faire place à une voie rapide. C’est pourtant la plus ancienne nécropole du monde musulman classée au Patrimoine de l’Unesco. Début janvier 2024, un centre d’art, véritable institution pour les amoureux de la culture et niché dans le Caire historique du quartier des potiers, vient d’être détruit sans préavis pour élargir une route.

La gestion du patrimoine égyptien

Dans la tentaculaire capitale de plus de 20 millions d’habitants, le régime multiplie les travaux routiers spectaculaires. La société civile, quasiment interdite d’activités politiques, n’a plus que ce terrain de l’urbanisme et du patrimoine pour affronter le pouvoir. Mais en décembre, le pays a reconduit Abdel Fattah al Sissi à la présidence jusqu’en 2030. Ce combat est perdu d’avance.

Il est donc légitime de s’interroger sur la façon dont le patrimoine égyptien est géré et préservé. L’Égypte est l’un des pays les plus riches en sites archéologiques et en trésors historiques, mais la priorité semble davantage être accordée à la modernisation et à la rentabilité économique.

Cependant, il convient de prendre en compte les perspectives de développement économique que le tourisme peut apporter à un pays comme l’Égypte. Le secteur touristique est un moteur essentiel de l’économie, créant des emplois et des revenus pour de nombreux Égyptiens.

Il est donc important de trouver un équilibre entre la préservation du patrimoine et l’attrait touristique. Les rénovations et les nouvelles constructions doivent respecter les principes internationaux de protection et de conservation, tout en satisfaisant aux besoins économiques.

Dans le cas de la pyramide de Mykérinos, il est essentiel de mener les travaux de manière à préserver l’intégrité et l’authenticité du site, tout en offrant une expérience enrichissante aux visiteurs. L’objectif est de promouvoir une compréhension et une appréciation du patrimoine égyptien, tout en générant des revenus pour soutenir sa préservation.

La gestion du patrimoine est un défi complexe qui nécessite un engagement à long terme et une collaboration entre les autorités, les experts et la société civile.

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