Quatre hauts responsables des services de sécurité égyptiens ont été jugés par contumace devant un tribunal de Rome pour leur implication présumée dans l’enlèvement, la torture et le meurtre du doctorant italien Giulio Regeni au Caire en 2016.

Les accusations et le témoignage des parents de Regeni

Les parents de Giulio Regeni, Paola et Giulio Regeni, ont assisté à l’ouverture du procès. Ils ont affiché une banderole appelant à la « Vérité pour Giulio Regeni ». Le corps de Regeni a été découvert mutilé sur une autoroute quelques jours après sa disparition à Cairo, où il menait des recherches sur les activités syndicales des vendeurs de rue pour sa thèse de doctorat. Sa mère a décrit les marques de torture sur son corps comme étant similaires à celles observées dans les locaux de l’Agence de sécurité égyptienne.

Historique du procès et implications politiques

Ce n’est pas la première fois que les quatre agents de sécurité égyptiens sont jugés pour les accusations liées à la mort de Regeni. En 2021, le procès avait été interrompu le jour de son ouverture en raison de problèmes de notification officielle des accusations. Cependant, en septembre, la Cour constitutionnelle italienne a autorisé la poursuite du procès, même en l’absence de notification formelle aux accusés, les autorités égyptiennes refusant de fournir des adresses. Les accusés, qui comprennent des officiers de haut rang, ont été pointés du doigt pour leur responsabilité dans ce crime atroce.

Les autorités égyptiennes ont nié toute implication, affirmant que Regeni était tombé entre les mains de simples voleurs. Cependant, cette affaire a sérieusement tendu les relations diplomatiques entre l’Italie et l’Égypte, cette dernière étant un allié clé de Rome dans la lutte contre le terrorisme. L’Italie est même allée jusqu’à rappeler son ambassadeur pour faire pression sur l’Égypte afin de coopérer pleinement à l’enquête.