Dans une vidéo tournée au pied du monument, depuis ce qui ressemble à un début de chantier, le patron des antiquités égyptiennes annonçait fin janvier un grand projet de rénovation d’une des pyramides de Gizeh, qu’il qualifiait de « projet du siècle ». Ce projet vise la plus discrète des trois pyramides de Gizeh, Mykérinos, plus petite que celles de Khéops et Khéphren. Située légèrement en contrebas de ses deux sœurs majestueuses, elle mesure tout de même 60 mètres de haut et le gouvernement égyptien a de grands projets pour elle. « Ils n’y apporteront aucune modification, assure Ashraf confiant, c’est-à-dire qu’ils remplaceront simplement le granit qui était là au début ». »Ils veulent recouvrir la petite pyramide Mykérinos de granit, comme il y a des milliers d’années. » à franceinfoAshraf contemple une énième fois le spectacle de ces monuments millénaires. « Je suis venu aux pyramides plus de 700 fois, je connais tout ce qu’il y a ici. C’est un grand projet. Alors, bien sûr, ça va prendre des années ». Le chantier pourrait s’étaler sur trois ans, mais, face à l’émoi de certains spécialistes et amateurs, le ministère des Antiquités a finalement missionné un comité scientifique en charge d’étudier le projet avant d’envisager son lancement.
Sur le plateau de Gizeh, au pied de la pyramide, des touristes français contournent les fameux blocs de granit qui jonchent le sol. « Si c’est pour remettre les pierres qui ont été perdues en place, je suis d’accord. Pour voir ce que c’était à l’origine », commente le couple. Marco, un visiteur espagnol, a quant à lui un avis plus réservé. « Bien sûr que c’est une pyramide incroyable, très ancienne, classique et j’aime bien comme elle est conservée. On pourrait juste la laisser comme ça », estime-t-il.
De nombreux spécialistes s’opposent farouchement au projet, craignant des effets néfastes sur l’authenticité de la pyramide. L’égyptologue Monica Hanna affirme que toute intervention risquerait de compromettre l’authenticité des pyramides. « Les pierres sont là depuis 4 000 ans, modifiées par l’usure du temps et la pollution. Rajouter le poids de ces pierres risquerait de causer la perte totale de la pyramide », affirme-t-elle. Des risques que l’État égyptien promet donc d’évaluer avant d’envisager la transformation de son joyau antique qui attire 14 millions de visiteurs chaque année.







