Dans les villes bordant une section de la rivière Drina, formant une frontière naturelle entre la Bosnie et la Serbie, des tombes simples et durables marquent les derniers lieux de repos de dizaines de migrants qui se sont noyés ces dernières années en essayant de rejoindre l’Europe occidentale.
Nenad Jovanovic, responsable du service local de recherche et de sauvetage dans la petite ville de Bijeljina, a déclaré que son équipe récupère jusqu’à dix corps par an dans la rivière.
Des tombes durables et des efforts pour préserver leur dignité
Les pierres tombales ont récemment remplacé les marqueurs en bois délabrés sous lesquels les restes de 41 personnes, en quête d’une vie meilleure en Europe, étaient initialement enterrés. Les corps avaient tous été récupérés de la rivière depuis 2017 et enterrés dans des cimetières locaux de trois villes frontalières de l’est de la Bosnie.
Les pierres tombales servent de rappel visuel d’un effort prolongé par des philanthropes locaux pour « préserver la dignité des victimes anonymes » qui ont trouvé leur fin dans le pays balkanique, et espérons aussi les rendre plus facilement identifiables si leurs familles viennent un jour les chercher.
Les dangers du voyage et la situation en Bosnie
Les migrants entrent généralement en Bosnie depuis le sud-est, traversant des forêts denses et franchissant les rivières qui la séparent de la Serbie et du Monténégro, puis traversent le pays pour atteindre une poche au nord-ouest, bordant l’État membre de l’Union européenne, la Croatie.
La Bosnie ne s’est jamais vraiment remise de sa guerre interne brutale dans les années 90, qui a fait plus de 100 000 morts et contraint plus de 2 millions de personnes à quitter leurs foyers. Initialement, la Bosnie a eu du mal à abriter les nouveaux arrivants, obligeant des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants désespérés à former des camps de fortune sordides dans différentes parties de son territoire tout en cherchant une chance de se rendre en Europe occidentale.
Des efforts pour l’identification des victimes
Le Dr. Vidak Simic a examiné plus de 40 corps de migrants et de réfugiés jusqu’à présent récupérés de la rivière. Selon les lois locales, des échantillons d’os sont prélevés sur les corps non identifiés avant qu’ils ne soient enterrés dans des fosses communes. Les échantillons doivent être conservés pendant six mois au cas où quelqu’un viendrait chercher un parent disparu et aurait besoin d’un échantillon d’ADN pour comparaison.
Une base de données en ligne pour aider à l’identification
Simic soutient la mise en place d’une procédure obligatoire pour effectuer des tests ADN sur tous ces échantillons et la création d’une base de données en ligne où les proches de pays lointains à la recherche de leurs proches disparus dans les Balkans peuvent y accéder.
Les autorités municipales, les pompes funèbres et d’autres ont pris en charge l’idée et une organisation autrichienne de défense des droits de l’homme, SOS Balkanroute, a apporté un soutien financier. Ainsi, dans les derniers jours de janvier, les clusters de tombes envahies de végétation dans les cimetières publics de trois villes le long de la Drina ont été dégagés. Les marqueurs en bois pourrissant ont été retirés et remplacés par des pierres tombales en marbre noir.
Conclusion
Ces tombes durables et les efforts déployés pour préserver la dignité des migrants anonymes reflètent la tragédie humaine derrière la crise migratoire. Il est important d’identifier les victimes et d’aider les familles à obtenir des réponses et à trouver la paix. Les procédures d’identification, telles que les tests ADN et les bases de données en ligne, sont essentielles pour permettre une identification précise et faciliter le processus de recherche des proches disparus.







