Le Premier ministre haïtien s’est rendu au Kenya dans le but de sauver un plan visant à déployer 1 000 policiers kényans en Haïti pour lutter contre la violence des gangs.
Des accords internationaux complexes remis en question
En octobre, le Kenya avait accepté de déployer des forces de police internationales mandatées par l’ONU en Haïti. Cependant, en janvier, la Haute Cour kényane a jugé ce plan inconstitutionnel en raison du manque d' »accords réciproques » entre les deux pays. Malgré cette décision, le Premier ministre haïtien, Ariel Henry, s’est rendu au Kenya pour finaliser les modalités de déploiement avec le président William Ruto. Cette initiative vise à envoyer 1 000 policiers kényans en Haïti pour renforcer la sécurité dans le pays en proie à une montée de la violence liée aux gangs.
Un défi juridique et politique à surmonter
La rencontre entre les deux dirigeants a souligné l’engagement du Kenya envers le peuple haïtien, offrant son expertise policière pour la mission multinationale. Cependant, des figures de l’opposition, telles qu’Ekuru Aukot, contestent la légitimité du Premier ministre haïtien à signer des accords de cette envergure, notamment en raison de problèmes de sécurité nationale au Kenya.
Depuis son investiture en tant que Premier ministre par intérim, Ariel Henry s’est engagé à organiser des élections en Haïti, mais la violence des gangs entrave ces efforts. Malgré des pressions internationales pour des élections générales d’ici mi-2025, certains acteurs restent sceptiques quant à la capacité du gouvernement haïtien à garantir un processus électoral transparent.
Des enjeux sécuritaires et politiques majeurs
Outre les défis politiques, tant Haïti que le Kenya sont confrontés à des problèmes de sécurité interne. Au Kenya, le groupe extrémiste al-Shabab représente une menace constante, menant des attaques en représailles aux opérations kényanes en Somalie. De plus, la police kényane est critiquée pour ses violations des droits de l’homme, donnant lieu à des préoccupations sur le déploiement de ses forces à l’étranger.
En Haïti, l’assassinat du président Moïse a plongé le pays dans une instabilité politique croissante, favorisant la montée en puissance des gangs. Les statistiques alarmantes font état de plus de 8 400 personnes tuées, blessées ou enlevées en 2023, dépassant de loin les chiffres de l’année précédente. Cette situation a conduit à une prise de contrôle des gangs sur une grande partie de la capitale, Port-au-Prince, accentuant la crise sécuritaire dans le pays.
Face à ces enjeux sécuritaires et politiques majeurs, la coopération entre le Kenya et Haïti pour le déploiement de policiers kényans en Haïti soulève des questions cruciales sur la légitimité, la faisabilité et les implications de telles actions internationales, alors que les deux nations cherchent des solutions à leurs défis internes et externes.







