Des vents et des pluies extrêmes peuvent entraîner des invasions de criquets pèlerins plus importantes et plus graves, le changement climatique causé par l’homme étant susceptible d’intensifier les conditions météorologiques et d’augmenter les risques d’invasions, selon une nouvelle étude.
Les invasions de criquets pèlerins en lien avec le changement climatique
Le criquet pèlerin – une espèce à cornes courtes que l’on trouve dans certaines régions sèches du nord et de l’est de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud – est un insecte migrateur qui se déplace en essaims de millions d’unités sur de longues distances et endommage les cultures, provoquant famine et insécurité alimentaire. Un essaim d’un kilomètre carré comprend 80 millions de criquets qui peuvent, en une journée, consommer des récoltes suffisantes pour nourrir 35 000 personnes. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture le décrit comme « le ravageur migrateur le plus destructeur au monde ».
Une étude publiée dans Science Advances indique que ces épidémies seront « de plus en plus difficiles à prévenir et à contrôler » en raison du réchauffement climatique.
Xiaogang He, auteur de l’étude et professeur adjoint à l’université nationale de Singapour, explique que des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents et plus graves dus au changement climatique pourraient rendre les invasions de criquets pèlerins plus imprévisibles. Il espère que cette étude aidera les pays à comprendre et à traiter « les impacts de la variabilité climatique sur la dynamique acridienne, en particulier dans le contexte de ses répercussions sur la productivité agricole et la sécurité alimentaire ». Il appelle également à une meilleure coopération régionale et continentale entre les pays et les organisations de lutte pour réagir rapidement et mettre en place des systèmes d’alerte précoce.
Les facteurs clés des invasions de criquets pèlerins
Pour évaluer le risque d’invasion de criquets pèlerins en Afrique et au Moyen-Orient et le lien avec le changement climatique, les scientifiques ont analysé les incidents de 1985 à 2020 à l’aide de l’outil de données Locust Hub de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture). Les chercheurs ont constaté que 10 pays, dont le Kenya, le Maroc, le Niger, le Yémen et le Pakistan, ont connu la majorité des invasions de criquets parmi les 48 nations touchées.
Ils ont également observé un lien étroit entre l’ampleur des invasions de criquets pèlerins et les conditions météorologiques et terrestres telles que la température de l’air, les précipitations, l’humidité du sol et le vent. Les criquets pèlerins sont plus susceptibles d’infester les zones arides qui reçoivent des pluies soudaines et extrêmes, et le nombre d’insectes dans un essaim est fortement influencé par les conditions météorologiques.
Le phénomène climatique El Niño a également été fortement lié à des invasions de criquets pèlerins plus importantes et plus graves. Les conditions météorologiques et les précipitations irrégulières provoquent des poussées de végétation, ce qui nourrit la croissance des populations de criquets.
Les conséquences des invasions de criquets pèlerins
Les invasions de criquets pèlerins ont un impact financier considérable. La lutte contre une invasion en Afrique de l’Ouest entre 2003 et 2005 a coûté plus de 450 millions de dollars, tandis que les dégâts aux cultures ont été estimés à 2,5 milliards de dollars.
Les pays touchés par ces invasions doivent déjà faire face à des phénomènes climatiques extrêmes tels que les sécheresses, les inondations et les vagues de chaleur. L’escalade potentielle des risques liés aux criquets pèlerins pourrait exacerber les défis existants et aggraver l’insécurité alimentaire mondiale.
En conclusion, les résultats de cette étude mettent en évidence le lien entre le changement climatique et les invasions de criquets pèlerins. Il est essentiel que les sociétés du monde entier unissent leurs efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et réduire ainsi les risques liés à ces invasions.







