Le Conseil constitutionnel du Sénégal a annulé le 11 novembre le décret signé par le président Macky Sall pour reporter l’élection présidentielle au 15 décembre. Le Conseil a estimé que ces mesures étaient inconstitutionnelles car elles repoussaient le scrutin de dix mois et maintenaient le président à son poste au-delà du terme de son mandat. Cette décision a été largement saluée par la population sénégalaise qui voit en elle une justice et une équité retrouvées.
Une décision saluée par la population
La décision du Conseil constitutionnel a été accueillie avec soulagement par de nombreux Sénégalais qui estiment que l’équité et la justice ont été rétablies. Selon Mahoumoudou Ndiaye, habitant de Dakar, « avec cette nouvelle, je pense vraiment qu’il y a une justice ». Lamine Sambou, un photographe sénégalais, estime quant à lui que « le conseil a fait son rôle », mais qu’il était important de rappeler les limites du pouvoir présidentiel.
Compte tenu des retards provoqués par le report de l’élection, le Conseil constitutionnel a constaté « l’impossibilité d’organiser l’élection présidentielle à la date initialement prévue ». L’instance a par conséquent appelé les autorités compétentes à tenir le scrutin « dans les meilleurs délais ». Cette décision ouvre la voie à une concertation pour organiser des élections libres et inclusives.
Un séisme politique
Annoncé le 3 février par le président Macky Sall, le report de l’élection présidentielle avait été une surprise pour les Sénégalais. En effet, depuis l’indépendance du pays en 1960, les échéances présidentielles ont toujours été respectées. Ce report avait créé un véritable séisme politique dans le pays. Aujourd’hui, l’annulation de ce décret par le Conseil constitutionnel vient clarifier la situation et ouvre la voie à de nouvelles discussions et préparatifs pour la tenue du scrutin.
Il est important de souligner que le Conseil constitutionnel est l’instance suprême au Sénégal en matière de contrôle de constitutionnalité. Il est composé de neuf membres nommés par le président de la République. Ses décisions sont finales et contraignantes.







