En Afrique du Sud, une étude pilote inédite fait appel à des guérisseurs traditionnels pour le dépistage du VIH, dans le but d’encourager un plus grand nombre de personnes, en particulier les jeunes, à connaître leur statut sérologique et à rechercher un traitement médical si nécessaire.
Une initiative novatrice pour lutter contre la stigmatisation
Dans la ville de Bushbuckridge, 15 guérisseurs traditionnels ont été recrutés pour participer à cette étude pilote menée par l’université de Witwatersrand. Ils ont été formés au dépistage du VIH et au conseil afin d’élargir l’accès au dépistage dans des milieux où la stigmatisation et la méfiance envers les services de santé traditionnels sont prédominantes.
- Shadrack Mashabane: Guérisseur traditionnel participant à l’étude, il souligne l’importance d’expliquer le dépistage du VIH dans un contexte de consultation traditionnelle pour sensibiliser la communauté. Il met en avant le rôle crucial des guérisseurs traditionnels pour inciter les personnes à se faire dépister.
- Florence Khoza: Une guérisseuse traditionnelle témoigne de l’évolution de son point de vue sur le VIH suite à sa participation à l’étude. Elle souligne désormais l’importance du traitement pour améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH.
Un programme de santé publique visionnaire
Ce programme, le plus important à impliquer des guérisseurs traditionnels dans le domaine de la santé publique, vise à élargir ses horizons. D’ici la fin de l’année, plus de 325 guérisseurs supplémentaires seront formés pour devenir des conseillers certifiés en matière de VIH.
- Wonderful Mabuza, chercheur à l’université de Witwatersrand, souligne l’objectif de l’étude qui consiste à évaluer l’acceptation du dépistage effectué par des guérisseurs traditionnels par rapport aux cliniques. Il met en lumière l’importance de la collaboration entre guérisseurs et personnel clinique pour renforcer l’accès aux soins.
- Les chercheurs compareront les taux de dépistage du VIH entre les guérisseurs traditionnels et les cliniques pour déterminer les préférences des populations locales. Cette approche novatrice pourrait avoir un impact significatif sur la lutte contre le VIH en Afrique du Sud, l’un des pays les plus touchés par la pandémie.
Cette initiative souligne l’importance de l’adaptabilité des stratégies de santé publique pour répondre aux besoins spécifiques des populations et pour surmonter les obstacles socioculturels à l’accès aux services de dépistage et de traitement du VIH.







