L’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes Frontex continue de coopérer avec les autorités libyennes malgré des accusations de violence lors de sauvetages en mer Méditerranée.
Coopération controversée avec les garde-côtes libyens
L’organisation caritative allemande SOS Humanity a rapporté des incidents où les garde-côtes libyens ont utilisé la violence lors de sauvetages en mer, mettant en danger la vie des migrants secourus. Certains ont été forcés de monter à bord des navires des garde-côtes, aboutissant à des séparations de familles et, tragiquement, à des décès.
Étendue des missions de Frontex
Frontex surveille les frontières extérieures de l’UE, y compris dans les eaux internationales, en utilisant des avions, des drones et d’autres équipements. La zone de recherche et de sauvetage de la Libye en Méditerranée couvre une vaste étendue, incluant quasiment la moitié de l’île italienne de Lampedusa. Frontex informe les autorités libyennes de la localisation des embarcations en détresse, se conformant ainsi au droit international.
Controverse et responsabilités
Le directeur exécutif de Frontex, Hans Leijtens, a souligné l’obligation de l’agence de signaler les incidents de sauvetage aux autorités compétentes, y compris les autorités libyennes dans leur zone de recherche et de sauvetage. Ne pas le faire, a-t-il affirmé, mettrait en péril la vie des migrants, en limitant les moyens disponibles pour organiser des secours.
Enjeux politiques et humanitaires
Depuis 2015, l’UE soutient financièrement les garde-côtes libyens pour endiguer l’afflux de migrants en provenance d’Afrique du Nord vers l’Europe. Cependant, la Libye reste en proie au chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, alimentant des abus et des témoignages de violations des droits humains. Certains pays européens soupçonnent les navires humanitaires en mer de favoriser davantage de migrations, alors que Frontex insiste sur l’importance de la coopération pour sauver des vies.
Bilan tragique en Méditerranée
En 2023, selon l’Organisation internationale pour les migrations, près de 962 migrants ont perdu la vie et 1 563 ont été portés disparus au large de la Libye. En parallèle, environ 17 200 migrants ont été interceptés et renvoyés en Libye l’année précédente, soulignant l’ampleur de la crise humanitaire en cours.
Limites et défis pour Frontex
Malgré les défis, Frontex fait face à des limitations en termes de mandat, de ressources financières et d’équipement pour mener à bien les opérations de sauvetage en mer, accentuant les difficultés dans une région marquée par des enjeux politiques et humanitaires complexes.







