Le président togolais Faure Gnassingbé a récemment promulgué une nouvelle Constitution controversée qui suscite de vives inquiétudes au sein de la population et de la communauté internationale.
Suppression des élections présidentielles au Togo
Selon un communiqué émanant de son bureau et publié en fin de journée, cette nouvelle législation abolit les élections présidentielles au Togo. Désormais, c’est le Parlement qui aura le pouvoir de choisir le président, ce qui a entraîné une levée de boucliers de la part des opposants politiques et de la société civile. Ces derniers craignent que cette décision ne serve qu’à prolonger le règne de la famille Gnassingbé, qui règne sur le pays depuis plus de six décennies.
Controverses et répressions pré-électorales
- Avant le récent scrutin, le Togo a été le théâtre d’une répression des libertés civiques et médiatiques. Les manifestations contre la nouvelle Constitution ont été interdites, des personnalités de l’opposition ont été arrêtées, et même des journalistes étrangers ont été confrontés à des restrictions et des violences.
- La commission électorale a également suscité des controverses en interdisant à l’Église catholique de déployer des observateurs électoraux, créant ainsi un climat de défiance et de non-transparence autour du processus électoral.
Les résultats provisoires ont révélé une domination sans partage du parti au pouvoir, l’Union pour la République (UNIR), qui a raflé la majorité des sièges au Parlement et au Sénat.
- La durée des mandats présidentiels a été allongée de cinq à six ans, mais une limite à un seul mandat a été introduite. Cependant, les années déjà passées par Faure Gnassingbé à la tête du pays ne seront pas prises en compte dans ce calcul.
- La famille Gnassingbé maintient une emprise sur le pouvoir depuis pratiquement 60 ans, avec d’abord Eyadéma Gnassingbé, suivi de son fils Faure. Cette continuité dynastique soulève des interrogations sur la démocratie et la gouvernance du pays.
Réactions et mobilisations
Face à ces changements constitutionnels controversés, l’opposition politique, les chefs religieux et la société civile togolaise expriment leur vive préoccupation. Ils redoutent que ces réformes ne permettent à Faure Gnassingbé de se maintenir au pouvoir au-delà de 2025, date à laquelle son mandat actuel prend fin. La création d’un poste de Premier ministre contrôlé par le parti au pouvoir est également perçue comme une manœuvre destinée à consolider le pouvoir du président sortant.
Un groupe d’une vingtaine d’organisations de la société civile togolaise a appelé à des manifestations pour défendre la Constitution en vigueur et demander une transition démocratique véritable en 2025. Les autorités semblent être confrontées à une résistance populaire croissante contre ces changements politiques majeurs.
« Nous n’accepterons jamais cette nouvelle Constitution, même après sa promulgation. Le peuple togolais doit se tourner résolument vers 2025 », a déclaré David Dosseh, porte-parole des organisations de la société civile, à l’Associated Press. Cette déclaration reflète le climat de tension et de détermination qui règne au Togo face à cette importante refonte institutionnelle.







