Cinq ans après le crash d’un Boeing 737 Max en Ethiopie, le combat des proches des victimes contre le constructeur américain ne faiblit pas. Mercredi, lors d’un échange à Washington avec les représentants du département de la justice, ils ont demandé aux Etats-Unis de poursuivre Boeing au pénal.
Un accord controversé conclu par Boeing
La compagnie a conclu en 2021 un accord avec les autorités américaines pour éviter des poursuites contre une pénalité de 2,5 milliards de dollars. De quoi nourrir les appréhensions de la partie civile. Paul Cassell, avocat représentant les proches des victimes, exprime son mécontentement : « Il nous semble que le ministère de la Justice continue d’accorder à une société riche, puissante et bien connectée des avantages que n’obtiendrait jamais un autre accusé dans le cadre du système de justice pénale. »
Les demandes des proches des victimes
- Paul Njoroge, ayant perdu toute sa famille dans le crash, demande la réouverture du Deferred Prosecution Agreement (DPA) pour établir les faits et assurer que les dirigeants de Boeing soient poursuivis au pénal.
- Des fonctionnaires du département de la justice ont assuré mercredi qu’ils continuaient d’étudier la question, marquant ainsi un suivi de la situation.
Le Boeing 737 Max assurant le vol 302 d’Ethiopian Airlines d’Addis-Abeba à Nairobi s’est écrasé le 10 mars 2019, tuant 157 personnes.
Appel à la responsabilité des pilotes
Un membre de la famille de la victime, ayant perdu son père dans le crash, souligne l’importance de demander des comptes aux pilotes : « Il est important de leur demander de rendre des comptes, car ils ne sollicitent pas de comptes auprès de Boeing et ne se demandent pas eux-mêmes de rendre des comptes. Si nous ne le faisons pas, nous risquons sérieusement de perdre notre vie à cause de personnes qui n’hésitent pas à jouer à la roulette », affirme Zipporah Kuria.
Cet événement tragique a profondément marqué les familles des victimes et suscité des questionnements sur les responsabilités en jeu.