En novembre 2026, les rendez-vous artistiques ne se concentrent pas dans une seule capitale. Ils relient Dakar à Lagos, Berlin à Lomé, et les scènes du continent aux lieux culturels de la diaspora. Plusieurs dates restent à venir au 4 novembre : les programmes et conditions d’accès peuvent encore évoluer.
Des histoires disputées, des récits repris en main
À Berlin, le Musée historique allemand présente jusqu’au 11 avril 2027 une exposition sur les violences coloniales et nazies. Elle retrace près d’un siècle de débats sur leurs rapprochements possibles, tout en examinant leurs différences historiques. Ce sujet exige de distinguer comparaison et équivalence : mettre deux systèmes en regard ne signifie pas les confondre. L’exposition comprend environ 600 objets, répartis dans neuf salles thématiques. Le musée annonce aussi des visites guidées en novembre. Le Musée historique allemand détaille le parcours et ses dates.
Cette discussion trouve un écho particulier dans les sociétés africaines, où les mémoires de la colonisation restent liées aux débats sur les archives, les restitutions et les responsabilités historiques. Mais elle ne s’y réduit pas : les chercheurs et les publics africains contribuent depuis longtemps à penser ces histoires, leurs différences et leurs usages politiques.
À Lagos, au Nigeria, ART X Lagos revient du 5 au 8 novembre pour sa onzième édition. La foire, lancée en 2016, annonce un programme mêlant arts visuels, cinéma, musique et discussions. Son thème, « A New Chapter, A New Decade », met l’accent sur les héritages culturels et les imaginaires de l’avenir. Le calendrier distingue les journées de présentation professionnelle de l’accueil du public. C’est aussi un rendez-vous pour observer comment les artistes et les galeries de la région se positionnent dans un marché international, sans réduire leur travail à une vitrine pour collectionneurs. Le programme officiel d’ART X Lagos précise les activités annoncées.
Au Sénégal, l’art s’inscrit également dans une histoire de politiques culturelles menées après l’indépendance de 1960. La matière présentée pour novembre signale à Baltimore une exposition consacrée aux tapisseries sénégalaises, produites notamment aux Manufactures sénégalaises des arts décoratifs de Thiès. Ces œuvres monumentales témoignent d’un projet où création, identité nationale et diplomatie culturelle se sont rencontrées. Elles rappellent que les arts décoratifs ont aussi circulé comme représentation du Sénégal à l’étranger.
Le cinéma circule entre les villes et les publics
Le calendrier de novembre donne une place importante aux festivals de cinéma, sur le continent comme en Europe. À Lomé et Kpalimé, au Togo, l’Emergence Films Festival est annoncé du 7 au 11 novembre. La sélection présentée dans la matière initiale rassemble des films d’Afrique et de sa diaspora. À Yaoundé, au Cameroun, les Écrans Noirs doivent se tenir du 21 au 28 novembre, avec une décentralisation prévue à Douala. Ces deux rendez-vous montrent le rôle des festivals dans la rencontre entre cinéastes, professionnels et spectateurs, mais aussi dans la structuration de filières locales.
À Lagos, le festival international du film AFRIFF est annoncé jusqu’au 7 novembre. Au Caire, capitale de l’Égypte, le festival international du film doit se dérouler du 11 au 20 novembre. La diversité de ces lieux compte : les scènes audiovisuelles du Nigeria et de l’Égypte ont leurs propres institutions, publics et modèles de financement. Les réunir sous une même étiquette « cinéma africain » ne doit pas effacer ces différences.
En France, Africlap, à Toulouse, met l’accent sur les circulations insulaires et diasporiques du 5 au 14 novembre. Le Festival des cinémas d’Afrique du Pays d’Apt annonce vingt longs métrages et plusieurs séances de courts métrages du 6 au 10 novembre. À Besançon, Lumières d’Afrique prévoit une programmation de films venus de 24 pays, du 7 au 15 novembre. Ces manifestations ouvrent des espaces de diffusion pour des œuvres qui ne bénéficient pas toujours d’une distribution régulière. Elles peuvent aussi favoriser les échanges directs entre cinéastes et publics, à condition que les débats ne se substituent pas aux films eux-mêmes.
Ces rendez-vous européens s’ajoutent aux festivals organisés sur le continent. Ils dessinent un réseau de circulation, mais les conditions ne sont pas identiques partout : coûts de déplacement, accès aux salles, sous-titrage et distribution pèsent sur la visibilité des œuvres. La présence d’un film dans un festival ne garantit pas qu’il atteindra ensuite les spectateurs d’autres villes ou pays.
Dakar, carrefour d’une scène continentale
Le rendez-vous majeur de la fin du mois sera la 16e Biennale de l’art africain contemporain, dite Dak’Art. Elle doit ouvrir à Dakar le 19 novembre et se poursuivre jusqu’au 19 décembre 2026. Son thème, « (Anti)fragilité : arts de la réparation et stratégies du contrecoup », propose de réfléchir aux réponses créatives face aux ruptures et aux chocs. La direction artistique est assurée par Morad Montazami. L’exposition officielle doit prendre place notamment à l’Ancien Palais de justice, tandis que le programme associé s’étend à d’autres sites, aux régions du Sénégal et à la diaspora. La présentation officielle de Dak’Art 2026 expose son intention et ses principaux repères.
La Biennale n’est pas seulement une exposition centrale. Son « OFF » associe des initiatives portées par des galeries, ateliers et centres culturels. Cette diffusion élargie peut rapprocher les œuvres des publics au-delà des institutions principales. Elle pose aussi une question pratique : comment répartir l’attention et les moyens entre Dakar et les autres régions du Sénégal ? La programmation officielle annonce une présence hors de la capitale, mais le détail des activités et les modalités de visite doivent être consultés à mesure qu’ils sont publiés.
Plus largement, la place de Dakar dans le calendrier ne fait pas de la ville le porte-parole unique de la création africaine. Lagos, Lomé, Yaoundé, Le Caire et Antananarivo accueillent aussi des initiatives distinctes. L’enjeu panafricain réside plutôt dans les échanges entre ces scènes : circulation des artistes, coproductions, réseaux de diffusion et conservation des œuvres.
Ce qu’il faut surveiller
Le mois met ainsi en présence des expositions qui interrogent les héritages, des foires tournées vers les échanges artistiques et des festivals qui cherchent à élargir la diffusion du cinéma. Les dates ne racontent toutefois qu’une partie de l’histoire. La suite se jouera dans la durée des expositions, la circulation des œuvres après les festivals et la capacité des institutions à soutenir les artistes au-delà des grands rendez-vous.
Dans l’immédiat, les prochaines échéances sont l’ouverture d’ART X Lagos le 5 novembre, puis celle de Dak’Art à Dakar le 19 novembre. Les organisateurs restent la référence pour confirmer les horaires, les lieux et les conditions d’accès, qui peuvent différer d’un événement à l’autre.