À Maputo, le Sénégal a entrevu les promesses d’un nouveau cycle avant de retomber dans ses hésitations. Pour ses débuts sur le banc des Lions, Patrick Vieira a dû se contenter d’un match nul (1-1) contre le Mozambique, vendredi 25 septembre 2026, lors de la première journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2027.

Un nouveau cycle lancé entre choix forts et absences

Cette rencontre marquait la première sortie officielle de Patrick Vieira comme sélectionneur du Sénégal. Nommé après le Mondial 2026, le technicien franco-sénégalais doit préparer la succession d’une génération installée, sans affaiblir une équipe toujours attendue parmi les prétendants du continent.

Le changement était visible dans la composition de départ. Moussa Niakhaté portait le brassard et formait la charnière centrale avec Sadibou Sané, appelé pour la première fois. Kalidou Koulibaly débutait sur le banc. Au milieu, Pape Guèye, Lamine Camara et Pape Matar Sarr étaient associés, tandis qu’Idrissa Gana Guèye attendait également son tour.

Cette orientation correspond à la volonté annoncée par Vieira d’ouvrir un nouveau chapitre sans repartir de zéro. Le sélectionneur avait expliqué, lors de sa présentation à Dakar, vouloir intégrer progressivement des joueurs appelés à devenir les cadres du Sénégal à l’horizon 2030. L’APS avait rendu compte de cette ambition.

Le contexte pesait aussi sur les choix. Sadio Mané était absent en raison d’un problème physique, selon les explications de Vieira. Iliman Ndiaye manquait également à l’appel. Ces absences ont ouvert un espace à Abdallah Sima, Nicolas Jackson et aux nouveaux profils retenus dans une liste de 29 joueurs.

Une première période maîtrisée, puis un relâchement

Le Sénégal a commencé la partie avec intensité. Le pressing était haut. Les lignes restaient proches. Pape Matar Sarr occupait un rôle mobile, capable de soutenir la récupération et de se projeter rapidement vers l’attaque.

Abdallah Sima s’est rapidement imposé comme l’un des principaux animateurs offensifs. Disponible entre les lignes, l’attaquant a participé à plusieurs mouvements dangereux. Il a surtout servi Nicolas Jackson sur l’ouverture du score, inscrite à la 30e minute.

À ce moment-là, les Sénégalais contrôlaient largement les débats. Le Mozambique peinait à approcher la surface de Yehvann Diouf. Les Mambas restaient toutefois dangereux grâce à Geny Catamo, leur milieu offensif du Sporting Lisbonne, capable de faire basculer une action sur une accélération ou une frappe.

C’est précisément lui qui a ramené le Mozambique dans la rencontre. Sur un corner joué rapidement à deux, Catamo a récupéré le ballon à l’entrée de la surface avant de trouver le petit filet sénégalais. L’égalisation est intervenue dans le temps additionnel de la première période, à la 45e+2 minute.

Ce but a changé la dynamique. Le Sénégal avait produit l’essentiel du jeu, mais il a laissé son adversaire revenir avant la pause. Dans un match de qualification, cette perte de concentration peut peser lourd, surtout à l’extérieur.

Après la pause, les certitudes se sont effritées

Le Sénégal a abordé la seconde période avec moins de rythme. Le pressing s’est fait plus irrégulier. Les sorties de balle ont manqué de précision. Le Mozambique, mieux organisé, a pu avancer davantage et contester la maîtrise du milieu de terrain.

Lamine Camara a reçu un avertissement. Abdallah Sima a manqué une occasion de redonner l’avantage aux Lions. Vieira a ensuite lancé Ibrahim Mbaye à la 63e minute, avant de faire appel à Pape Moussa Fall pour renforcer le secteur offensif.

Ces changements n’ont pas suffi à relancer durablement l’équipe. Le Sénégal a continué à chercher la victoire, mais sans retrouver la fluidité observée avant la pause. Les attaques sont devenues plus directes. Les espaces entre les milieux et les attaquants se sont élargis.

Le résultat ne remet pas en cause les premières intentions du nouveau sélectionneur. Il montre toutefois le travail restant à accomplir. Vieira doit encore stabiliser son équipe, définir la hiérarchie à certains postes et faire cohabiter l’expérience des cadres avec l’énergie des nouveaux venus.

Un point à l’extérieur, mais une marge réduite dans le groupe J

Ce nul rapporte un point au Sénégal dans le groupe J des éliminatoires. La poule réunit également le Soudan et l’Éthiopie. Le calendrier impose déjà une réaction rapide, puisque les Lions affrontent l’Éthiopie le mardi 29 septembre 2026 au Bahir Dar Stadium.

La Confédération africaine de football avait confirmé cette séquence rapprochée : le Sénégal devait jouer à Maputo le 25 septembre, avant de se déplacer en Éthiopie quatre jours plus tard. La CAF a présenté les enjeux des deux premières journées.

Le déplacement à Maputo n’était pas prévu dans le scénario initial. La rencontre, d’abord programmée au Sénégal, a été inversée et disputée au stade national de Zimpeto. La Fédération sénégalaise de football avait annoncé cette organisation et fixé le coup d’envoi à 13 heures, heure de Dakar. La FSF avait détaillé la préparation du déplacement.

Pour les joueurs, l’enjeu dépasse donc le seul résultat de Maputo. Les cadres doivent rapidement assimiler les principes de Vieira. Les jeunes appelés doivent confirmer leur capacité à répondre à la pression internationale. Et le staff doit gérer une fenêtre courte, avec deux déplacements successifs avant un match amical contre les Comores, le 4 octobre à Marseille.

Le prochain rendez-vous dira si le chantier avance

Le Sénégal conserve une position ouverte dans la course à la qualification. Mais l’équipe devra corriger ses moments de relâchement et améliorer son efficacité dans les deux surfaces.

À Bahir Dar, le défi sera différent. L’Éthiopie devrait proposer un match plus physique et un environnement difficile à maîtriser. Pour Vieira, cette deuxième rencontre offrira surtout un premier test de réaction. Le Sénégal devra montrer qu’il peut conserver son intensité pendant 90 minutes, même lorsque le scénario lui échappe.

Le nul contre le Mozambique laisse ainsi une impression contrastée. Le jeu du premier acte a confirmé le potentiel du renouvellement. La seconde période a rappelé que cette transformation prendra du temps. Dans une campagne de qualifications, ce temps devra pourtant être gagné dès les prochaines journées.