Une plongée dans l’inconnu
Le Parlement sénégalais a entériné, lundi 5 février, le report de l’élection présidentielle prévue fin février au 15 décembre. Le projet de loi décalant le scrutin a été voté après l’exclusion de députés d’opposition de l’hémicycle par la gendarmerie. Le mandat du chef d’Etat, Macky Sall, a également été prorogé jusqu’à l’investiture de son successeur.
Le contexte politique
L’opposition dénonce un « coup d’Etat institutionnel » et cette crise précipite le Sénégal dans l’incertitude. Jamais la présidentielle n’avait été reportée dans ce pays depuis qu’il a été organisé démocratiquement pour la première fois en 1993.
Le report de l’élection présidentielle est lié à des accusations de corruption et de collusion à l’encontre de certains membres du Conseil constitutionnel. L’opposition reproche à ce dernier d’avoir écarté la candidature de Karim Wade, chef de file du Parti démocrate sénégalais (PDS), en raison de sa double nationalité franco-sénégalaise.
Le report de l’élection pourrait également être motivé par la validation par le Conseil constitutionnel d’une autre candidature, celle de Bassirou Diomaye Faye, du parti Pastef, principal parti d’opposition. Cette situation inquiète le parti au pouvoir, la coalition présidentielle, qui voit en Faye un sérieux concurrent pour l’élection présidentielle.
Le mécontentement de l’opposition
Malgré l’annonce de Macky Sall de ne pas briguer un troisième mandat, l’opposition dénonce un « coup d’Etat institutionnel ». Elle estime que l’élection présidentielle aurait dû avoir lieu à la date prévue et que le report est une remise en cause des acquis démocratiques du pays. Les premiers rassemblements de contestataires ont déjà donné lieu à des heurts avec les forces de l’ordre et à des arrestations d’opposants.
Le risque de violence
Les experts redoutent que le pays connaisse des violences après le report de la présidentielle. L’adoption de la loi va exacerber les tensions politiques et risquer d’intensifier les manifestations. La suspension de la licence de diffusion de la chaîne Walf TV et la coupure de l’accès à l’internet mobile pendant plusieurs heures témoignent d’une forme de bascule autoritaire du pouvoir.
L’avenir politique du Sénégal
L’annonce d’une nouvelle date pour le scrutin, fixée au 15 décembre, risque d’être insuffisante pour désamorcer la crise. Certains partis contestent déjà la prorogation du mandat de Macky Sall au-delà du 2 avril et considéreront le pouvoir comme vacant à partir de cette date. L’opposition envisage même de mettre en place un gouvernement parallèle.
La situation politique actuelle du Sénégal est donc préoccupante et laisse planer de nombreuses incertitudes sur l’avenir du pays. Il est essentiel que des mesures soient prises pour garantir un processus électoral libre et équitable et éviter toute forme de violence. La communauté internationale devra également suivre de près l’évolution de la situation et soutenir les initiatives visant à apaiser les tensions politiques au Sénégal.







