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Crise humanitaire au Soudan : un an après, la quête de vérité

Un an après le début du conflit au Soudan entre Abdel Fattah Al-Buran et Mohamed Hamdan Daglo, le chaos persiste avec des milliers de morts et des millions de déplacés. Un "nettoyage ethnique" et des allégations de "génocide" secouent la région du Darfour, avec des survivants tentant de recueillir des preuves malgré les risques.
Une illustration HD représentant des membres de la société civile enquêtant sur la crise humanitaire au Soudan. Au centre, un groupe diversifié d'enquêteurs examine des documents et des preuves, démontrant leur détermination à rechercher la vérité dans ce contexte difficile. Autour d'eux, des symboles de justice et de solidarité renforcent le message d'action et d'espoir face à l'adversité.

Il y a un an jour pour jour, au Soudan, Abdel Fattah Al-Buran et Mohamed Hamdan Daglo, les deux généraux qui dirigeaient ce pays d’Afrique de l’Est, engageaient toutes les forces dans une lutte pour le pouvoir plongeant une nation entière dans le chaos. Depuis, toutes les tentatives de médiation ont échoué. Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts, essentiellement des civils, et plus de huit millions de déplacés provoquant l’une des pires crises humanitaires au monde, selon les Nations Unies. Un véritable « nettoyage ethnique » se déroule, selon les experts, dans la région du Darfour, au sud-ouest du pays, que les victimes qualifient même de « génocide ». L’accès à la zone est impossible aux journalistes et aux enquêteurs mais les survivants de la société civile soudanaise tentent, au péril de leur vie, de collecter des preuves dans les camps de réfugiés du Tchad.

Au Soudan, Abdelmoneïm Juzur exerçait comme avocat. Depuis son arrivée au Tchad, il arpente inlassablement les camps de réfugiés pour collecter preuves et témoignages. « Dans le cabinet où je travaillais nous étions trois. Mes deux associés ont été assassinés. Si je continue le travail aujourd’hui, c’est aussi en leur mémoire, pour qu’ils ne soient pas morts en vain, » confie-t-il. Armé de son calepin, il note chaque détail du récit de cet homme : « Il y avait tellement de cadavres partout dans les rues, alors je me suis porté volontaire pour les enterrer. On partait remplir les fosses communes. J’ai enterré jusqu’à 150 personnes en une seule nuit. » L’ONU a déjà confirmé l’existence d’au moins 13 de ces fosses communes. Abrité des regards par une simple bâche, un autre homme dévoile plusieurs blessures par balle.

De retour à l’abri de fortune où se réunit le collectif des avocats du Darfour Ouest, sans ordinateurs ni électricité, les données sont recopiées à la main sur des centaines de feuilles en papier. Ils dénombrent 18 000 morts et 7 000 disparus rien que dans la région, témoigne l’avocat Ahmad Khamis. « Il faut conserver ces données pour les mettre à la disposition de la justice internationale, » insiste-t-il. « Si toutes les informations sont déjà prêtes, les procédures seront plus rapides. Mais il faut faire le travail en amont avant que les gens oublient ou que les preuves disparaissent, » ajoute-t-il. Ce travail n’est pas sans risque. Les noms des avocats circulent sur des listes de personnes à éliminer, comme l’atteste un rapport des Nations Unies. Abdelmoneïm Juzur le sait bien : « Si l’on me tue, conclut-il froidement, d’autres avocats poursuivront le travail. »

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