Le prix de l’uranium atteint un record depuis 2007, avec une valeur de 85,75 dollars la livre (environ 450 grammes) en décembre dernier. Cette hausse peut être attribuée à plusieurs facteurs, notamment les tensions géopolitiques et la transition énergétique.
De nombreux pays, tels que le Royaume-Uni, la France, l’Inde, la Turquie, l’Égypte et la Chine, sont en train de construire ou de projeter la construction de plus de 100 nouveaux réacteurs nucléaires. Cela s’explique par la nécessité de promouvoir des sources d’énergie bas carbone dans le cadre de la transition énergétique. Ces réacteurs sont considérés comme une alternative aux énergies fossiles plus polluantes, ce qui a conduit à un regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire.
Certaines nations, comme la Suède, ont récemment abrogé leurs lois interdisant la construction de nouvelles centrales nucléaires, tandis que d’autres pays ont décidé de prolonger la durée de vie de leurs réacteurs. Par exemple, la Belgique a prolongé la durée de vie de deux réacteurs par crainte d’une rupture d’approvisionnement due à la réduction des livraisons de gaz russe. Ces évolutions contribuent à la demande croissante en uranium.
Parallèlement, des tensions géopolitiques ont également joué un rôle dans la hausse des prix de l’uranium. Un coup d’État militaire au Niger l’été dernier et des sanctions imposées à la Russie ont créé de l’incertitude sur le marché de l’uranium. Bien que le Niger et la Russie ne représentent que 10% de la production mondiale, cette incertitude a entraîné une augmentation des prix.
De plus, l’extraction d’uranium rencontre des difficultés au Canada et au Kazakhstan, deux grands pays producteurs. Ces problèmes d’extraction ont conduit à une offre insuffisante pour répondre à la demande croissante en uranium.
Enfin, la spéculation a également joué un rôle dans la hausse des prix. Certains investisseurs ont décidé d’acheter de l’uranium en raison de l’anticipation d’une augmentation continue des prix, ce qui a contribué à la hausse.
Il est important de noter que même si le prix de l’uranium a augmenté, cela n’a pas eu un impact significatif sur les factures d’électricité. En effet, le combustible nucléaire, à savoir l’uranium enrichi, représente seulement entre 5 et 10% du coût total de production de l’électricité nucléaire. Les principales raisons de l’augmentation des factures d’électricité sont plutôt les taxes et les coûts de construction et de maintenance des centrales nucléaires.
De plus, la plupart des contrats d’achat d’uranium sont conclus sur plusieurs années, ce qui permet d’atténuer les effets des fluctuations des prix sur les factures d’électricité. Il n’y a donc pas de risque de pénurie d’uranium, car il peut être stocké plus facilement que le pétrole, par exemple. La France dispose, par exemple, de réserves qui pourraient alimenter les centrales pendant plus de deux ans.







