L’impact de la guerre en Ukraine sur le secteur agricole et les conséquences sur les pays importateurs sont des sujets qui soulèvent d’importantes questions politiques et économiques. Malgré l’urgence de la guerre en Ukraine, la politique agricole est devenue une préoccupation majeure pour le pays, car les exportations agricoles représentent une source vitale de financement pour l’effort de guerre.
L’Ukraine et ses relations avec les pays européens
La guerre en Ukraine a créé des tensions entre l’Ukraine et les pays européens, en particulier avec les pays limitrophes tels que la Pologne et la Moldavie. Ces pays affirment être inondés par les produits agricoles ukrainiens, ce qui entraîne une concurrence déloyale pour les agriculteurs locaux. La colère des agriculteurs français vis-à-vis de cette concurrence déloyale a conduit Bruxelles à suspendre les droits de douane sur les importations agricoles ukrainiennes dans les 27 pays de l’UE. Cette exemption a été prolongée jusqu’en juin 2024.
Cependant, il est important de noter que les autorités ukrainiennes tentent de rappeler que ces exportations agricoles sont essentielles pour financer l’effort de guerre et pour la survie du pays dans ce contexte difficile. Kiev a également souligné ce point dans ses discussions avec la Pologne, en exprimant sa gratitude pour les importations ukrainiennes qui contribuent significativement au budget de l’État. Les deux pays cherchent à trouver un équilibre qui soutienne l’Ukraine sans perturber le marché polonais.
La situation des agriculteurs ukrainiens et marocains
L’Ukraine possède les terres les plus fertiles du monde et est l’un des plus grands exportateurs de produits agricoles au monde. Avant la guerre, l’Ukraine était le premier exportateur mondial d’huile de tournesol, le troisième pour l’orge, le quatrième pour le maïs et le cinquième pour le blé. Cependant, la majeure partie de la production agricole ukrainienne était destinée à l’Asie et à l’Afrique avant la guerre, avec 92% du blé ukrainien exporté vers ces continents.
La guerre en Ukraine a perturbé les exportations agricoles en raison de l’invasion russe et des difficultés rencontrées pour exporter par les ports de la mer Noire. Cette situation a eu un impact direct sur les agriculteurs ukrainiens, dont une grande partie de l’activité était liée à ces exportations agricoles.
De même, les agriculteurs marocains ont été confrontés à des contraintes et parfois à la destruction de leurs marchandises en France. La tomate marocaine est souvent citée en exemple de cette concurrence, car elle est cultivée toute l’année au Maroc et exportée vers l’Europe. Les agriculteurs marocains ont vu leurs récoltes bloquées sur les routes françaises, ce qui a été déploré par le président de la Fédération Interprofessionnelle Marocaine de production et d’exportation des Fruits et Légumes (FIFEL).
La diversification des clients pour le Maroc
Le Maroc cherche à diversifier ses clients et a doublé le nombre de pays importateurs de ses produits agricoles au cours des cinq dernières années. Alors que la moitié des exportations de tomates marocaines est destinée au marché français, de nouveaux débouchés ont été trouvés aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Europe de l’Est. Le Maroc a également conclu des accords agricoles avec la Chine, la Russie et la Corée du Sud, permettant ainsi de créer de nouvelles opportunités d’exportation pour ses produits agricoles.
Il convient de noter que les charges des agriculteurs marocains ne sont pas les mêmes qu’en France, notamment en ce qui concerne le salaire minimum agricole et les intrants. Cependant, malgré ces différences, la tomate marocaine reste très compétitive sur les marchés internationaux et le pays est maintenant le troisième exportateur mondial de tomates.
En conclusion, la guerre en Ukraine a eu un impact significatif sur les exportations agricoles, alimentant la concurrence avec d’autres pays importateurs tels que la France et la Moldavie. Les autorités ukrainiennes soulignent toutefois que ces exportations sont vitales pour financer l’effort de guerre. De même, le Maroc cherche à diversifier ses clients et a doublé le nombre de pays importateurs pour ses produits agricoles au cours des dernières années.







