Les Éléphants, l’équipe ivoirienne de football, sont en finale de la Coupe d’Afrique des nations 2024, repoussée d’un an et qui se déroule en Côte d’Ivoire. Le parcours des Ivoiriens a été miraculeux. Pour traverser les épreuves de leur rocambolesque ascension, les inventeurs du nouchi, argot très imagé (mélange d’expressions locales et de français), ont dû puiser dans leur humour légendaire.
Un sens de l’humour qui fait recette
Après la défaite face aux Nigérians, les Super Eagles, les supporters ivoiriens faisaient montre, pour la première fois, de l’étendue de leur sens de la dérision. Et les professionnels s’en sont faits écho dans leurs sketches et sur les plateaux de télévision. L’humoriste ivoirien Michel Gohou partageait ainsi sa détresse après le match perdu par la Côte d’Ivoire face au Nigeria pendant les éliminatoires. Le score final de la rencontre l’avait directement conduit, selon lui, dans « un coma profond ». Retour sur trois moments qui ont fait rire et pleurer les Ivoiriens.
Un concept qui prend de l’ampleur
Dominés par les Nigérians pendant leur match de poule, les Ivoiriens vont utiliser un concept qui circulait déjà : « C’est notre CAN… ». En d’autres termes, ceux qui se targuent d’organiser « La CAN la plus chic » décident de tout, y compris de leur défaite. Le slogan est déclinable à l’infini, et cela donne par exemple : « C’est notre CAN, si on veut on gagne, si on veut on perd ». L’expression est restée et sert à masquer tous les revers.
L’espoir malgré tout
Lundi 22 janvier à Abidjan, pour son dernier match de poule en Coupe d’Afrique des nations, la Côte d’Ivoire se fait étriller par la Guinée équatoriale : 4-0. Les huitièmes de finale s’annoncent sérieusement compromises. Le désespoir s’abat sur tout un peuple et surtout sa jeunesse. L’humour ne suffit plus à surmonter la défaite. Plusieurs autobus de l’entreprise publique de transport en commun sont d’ailleurs vandalisés. Cependant, l’espoir n’est pas complètement perdu : les Ivoiriens pourraient obtenir leur ticket pour les huitièmes grâce à une défaite, celle des Zambiens face aux Marocains ! En quelques jours, les Ivoiriens se transforment en fervents supporters des Lions de l’Atlas. La comédienne et humoriste franco-ivoirienne Tatiana Rojo (Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?), alias Amoutati, leur fait même une petite vidéo pour les encourager. Elle en réalisera une autre pour les remercier d’avoir permis aux Éléphants de poursuivre l’aventure.
Un soutien inattendu
La victoire des Lions de l’Atlas marque le début d’une bromance qui s’exprime avec le sourire. Les médias ivoiriens la relaient, à l’instar de la chaîne ivoirienne NCI. Sur les réseaux sociaux, « Maroc » devient un sigle, celui du « Mouvement africain pour la résurrection obligatoire de la Côte d’Ivoire ». Par ailleurs, après l’attiéké (plat ivoirien à base de manioc très populaire), le couscous est déclaré plat national, peut-on lire sur la toile. L’humoriste nigérien Mamane, qui officie sur les ondes de RFI et de Canal Plus Afrique, a bien résumé sur X (ex-Twitter) cet élan affectueux : « Le Maroc a réussi le plus beau coup diplomatique » en battant la Zambie : « gagner les cœurs des Ivoiriens » et de tous les afficionados de la CAN.
Le miracle ivoirien
« On vaut rien, mais on est qualifié » : plus proche du constat que du dénigrement, l’expression résume l’épopée d’une équipe, qui de manière providentielle, va faire son petit chemin dans la compétition et parvenir en finale. Comme le rappelle le site d’informations ivoirien Koaci, ce cri de ralliement décidé par les supporters est né après la victoire de la Côte d’Ivoire face au Sénégal, en huitièmes de finale. Mercredi 7 février, après leur victorieuse demi-finale, les joueurs de l’équipe nationale l’ont encore chanté.







