À moins de cinq semaines de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse, le Sénégal vient de franchir une étape attendue de longue date. Depuis le lundi 28 septembre 2026, le Train express régional relie directement Dakar à l’Aéroport international Blaise-Diagne, en passant par Diamniadio. Pour les délégations, les visiteurs et les usagers quotidiens, cette liaison change la géographie pratique de l’agglomération.

Un axe ferroviaire qui rapproche Dakar de son aéroport

La nouvelle section du TER relie Diamniadio à l’Aéroport international Blaise-Diagne, situé à une cinquantaine de kilomètres de Dakar. Elle ajoute 19 kilomètres de double voie électrifiée au réseau existant. Le linéaire total de la ligne atteint désormais environ 55 kilomètres, selon l’Agence de presse sénégalaise et le ministère des Transports terrestres et aériens.

Une gare a été construite au niveau de l’aéroport. Le dispositif doit permettre aux voyageurs de poursuivre leur trajet en train après leur arrivée au Sénégal, sans dépendre immédiatement des taxis ou des navettes routières. Pour les habitants de la capitale, il offre aussi une nouvelle option pour rejoindre l’AIBD depuis les différents pôles desservis par le TER.

La mise en service commerciale est intervenue le 28 septembre, après une inauguration organisée le même jour. Le gouvernement avait auparavant fixé la fin du mois de septembre comme échéance opérationnelle. Cette date intervenait dans le calendrier général de préparation des JOJ, dont le transport constitue l’un des principaux volets logistiques.

Le coût annoncé pour cette deuxième phase dépasse 300 milliards de francs CFA. Les montants communiqués auparavant avaient varié, notamment en raison de travaux complémentaires liés à la gare de l’aéroport, aux infrastructures connexes et à l’évolution du périmètre du projet.

Les JOJ accélèrent un projet déjà engagé

Le raccordement à l’AIBD ne constitue pas une infrastructure conçue uniquement pour la compétition sportive. Le TER devait déjà améliorer les déplacements dans l’agglomération dakaroise et accompagner l’essor du pôle urbain de Diamniadio. Sa première phase, entre Dakar et Diamniadio, est exploitée depuis décembre 2021.

L’extension vers l’aéroport a toutefois connu plusieurs reports. Elle devait initialement entrer en exploitation plus tôt. Les difficultés de financement et le ralentissement de certains marchés ont repoussé le calendrier. Les JOJ ont ensuite fourni une échéance précise à un chantier dont l’utilité dépasse largement les deux semaines de compétition.

Les Jeux olympiques de la jeunesse se dérouleront du 31 octobre au 13 novembre 2026 à Dakar, Diamniadio et Saly. Il s’agira du premier événement olympique organisé sur le continent africain. Le programme prévoit des épreuves dans plusieurs sites répartis entre la capitale, le nouveau pôle urbain et la station balnéaire de Saly, comme le rappelle le calendrier présenté par l’Agence de presse sénégalaise.

Diamniadio occupe une place centrale dans cette organisation. Le site accueille notamment le Village olympique et plusieurs équipements sportifs. Une partie des délégations arrivant par l’AIBD devra donc rejoindre cette zone avant de poursuivre, si nécessaire, vers Dakar ou Saly.

Une capacité renforcée, mais un service à stabiliser

Pour accompagner l’extension, sept rames bimodes supplémentaires ont été acquises. Le parc du TER passe ainsi de 15 à 22 trains. Le schéma d’exploitation prévoit une fréquence renforcée entre Dakar et Diamniadio, avec un passage toutes les huit minutes, contre dix minutes auparavant. La desserte de l’aéroport doit, elle, intervenir environ toutes les 24 minutes.

Ces horaires devront être observés sur le terrain. La réussite de la liaison ne dépendra pas seulement de l’ouverture de la voie. Elle reposera aussi sur la régularité des trains, la coordination avec les vols, l’information des voyageurs et la capacité des gares à absorber les arrivées lors des périodes de forte affluence.

La question concerne d’abord les visiteurs étrangers, mais elle ne s’y limite pas. Les travailleurs de l’aéroport, les habitants de Diamniadio, les étudiants et les voyageurs de l’intérieur du pays peuvent également bénéficier de cette connexion. Dans une agglomération marquée par les embouteillages et l’étalement urbain, chaque gain de fiabilité peut modifier les habitudes de déplacement.

Le défi sera aussi tarifaire. Une liaison rapide ne devient réellement accessible que si son prix reste compatible avec les revenus des usagers réguliers. Les besoins des délégations olympiques et ceux des voyageurs quotidiens ne sont pas identiques. Le service devra donc concilier exigence événementielle et usage populaire.

Au-delà de la compétition, la question de l’héritage

Le Sénégal prépare déjà la suite du réseau. Des études portent sur une prolongation vers Thiès, puis vers Mbour. Une gare supplémentaire est également prévue à Sébikotane. Ces projets montrent que le TER s’inscrit dans une stratégie d’aménagement plus large, reliant la capitale aux nouveaux pôles résidentiels, économiques et touristiques de l’ouest du pays.

Cette perspective est importante pour éviter qu’une infrastructure soit jugée uniquement à l’aune d’un événement international. Les JOJ peuvent servir de révélateur. Ils testeront la capacité du réseau à fonctionner sous pression, mais aussi son utilité dans la vie ordinaire après novembre 2026.

La mise en service intervient également dans un contexte régional où les grandes métropoles ouest-africaines cherchent à moderniser leurs transports. Dakar conserve une position particulière au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, qui regroupe les pays de la région et facilite les échanges économiques et humains. Une meilleure connexion entre l’aéroport, la capitale et les pôles urbains peut renforcer l’attractivité du Sénégal, tout en améliorant la mobilité des résidents.

Le prochain test sera immédiat. À partir du 31 octobre, les flux se concentreront sur trois villes hôtes et plusieurs sites de compétition. Le TER devra alors démontrer que l’échéance olympique a produit plus qu’une inauguration : un service fiable, lisible et durable pour les Sénégalais comme pour les visiteurs du continent.